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PURCHASED FOR THE

UNIVERSITY OF TORONTO LIBR/\/îV

FROM THE

CANADA COUNCIL SPECIAL GRA^ l

FOR

LINGUISTICS

DICTIONNAIRE

WALLON-FRANÇAIS.

DICTIONNAIRE

WALLON-FRANÇAIS,

DANS LEQUEL ON TROUVE LA

CORRECTION DE NOS IDIOTISMES VICIEUX,

ET DE NOS WALLONISMES,

PAR LA

TRADUCTION, EN FRANÇAIS, DES PHRASES WALLONNES.

POrR RENDRE CET OUVRAGE ESSENTIELLEMENT UTILE, l' AUTEUR A TRAITÉ LONGUEMENT DE LA SYIVONIMIE DE LA LANGUE FRANÇAISE.

' I'AB__

L. REIKEACLE.

DEUXIEME EDITION,

CORRIGÉE ET AUGMENTEE DE PLUS DE 10,000 MOTS.

LIÈGE,

V.-J. COLLARDIN, IMPRUIEIR ItE L IM\EKSITÉ ET LIBRAIRE.

1839.

Les exemplaires voulus jmr la loi ont été déposés» Tout contrefacteur sera poursuiin.

PREFACE.

La langue française lient le premier rang parmi les langues vivantes de l'Europe. Partout elle exerce la plus heureuse influence sur la civilisation. Si l'on m'accusait d'injustice ou de préven- tion , je me bornerais à cette courte réponse : Cilez-moi le pays l'on ne parle pas français? nommez-moi le peuple qui soit resté stationnaire ? Dans leurs accès de mauvais vouloir , nous entendons encore quelques Germains crier à l'engoûment : selon eux la langue française ne s'est épurée que par ses conquêtes ; elle manque de voix mâles et sonores ; elle ne sait exprimer les passions véhémentes. J'aime à croire que ces critiques désin- téressées , sont dépouillées de toute morgue nationale : sans doulo ils ont longuement médité reflcminé Corneille , le dur et rabo- teux Racine , et cent autres, au milieu desquels se drape Voltaire en réunissant les défauts reprochés à tous.

Comme on va le voir , ce n'est pas sans raison que les mé- contents déplorent les empiétements qu'ils condamnent.

En 1814 les rois firent un appel aux passions populaires : il fallait frapper au cœur une grande nation ; humilier le héros qui avait enchaîné la victoire et les souverains à son char. Tous les moyens paraissant légitimés par l'urgence , l'outrage fut indi- viduellement prodigué ; la langue française proscrite ; et par sup- plément le mot liberté tomba du haut d'un trône. A quoi con- duisit tant de duplicité ! L'exaltation fut d'abord à son apogée; mais les faits ont aussi leur langage ; les esprits se calmèrent ;

JI PRÉFACE.

€l la langue française est devenue presque nationale , même les foudres de l'analhèrae avaient élé lancées contrô elle.

Loin de prendre aucune part à la réaction , nous autres Wallons , nous restâmes fidèles à nos sympathies : nos relations commerciales s'étaient étendues sous le régime impérial ; d'heureuses innova- tions s'étaient introduites dans notre enseignement ; et à cet égard , le nouveau Gouvernement qui nous fut imposé , ne se montra point persécuteur alors qu'il pouvait l'être impunément. Je n'ai pas oublié que les personnes , qui enregistraient ses actes , supposèrent qu'il voulait nous ramener insensiblement à son culte, à son langage et à sa littérature : il se peut que ces suppo- sitions ne fussent pas entièrement gratuites : le monopole de l'instruction fut tenté plus tard; les chefs-d'œuvre d'outre Mocrdyk firent gémir nos presses ; et une grande demi douzaine de petits néophytes, proclamèrent jusque sur les toits, l'usage exclusif du langage par excellence : à cette tentative s'arrêtèrent les effets de leur beau zèle.

En ma qualité d'auteur du Dictionnaire Wallon et Français > je suis souvent consulté sur l'origine de notre idiome; et l'on n'est pas satisfait des explications que je donne pour arriver à celle judicieuse conclusion : au demetirant je n'en suispas éiiK, Qu'on lise les gros volumes qui traitent de ces sortes de matières , et , à la forme dubitative prés , on en reviendra à ma con- séquence.

Si nous remontons à nos premières notions historiques , nous verrons notre petit pays divisé en plusieurs petits peuples, unis par lous les liens qui attachent l'homme à l'homme ; ce qui prouve communauté d'intérêts et de langage. L'histoire nous les repré- sente virils , positifs , belliqueux , et doués d'une sévère franchise. S'il est vrai que les mœurs des nations se devinent par leurs langues et leurs proverbes , notre idiome aurait de grands rapports avec celui de nos pères.

Ne pouvant nous subjuguer ni par le fer ni par la corruption ,

PREFACE. m

César Tomil sur nous des nuées de barbares qui nous apportèrent le meurtre, le pillage et l'incendie. 11 est naturel de conjecturer que beaucoup de victimes parvinrent à se soustraire à la rage de leurs bourreaux. Cette conséquence admise , ces cmigranls durent échanger avec leurs hôtes , un certain nombre d'expressions Com- ment, vont s'écrier les savants, auriez-vous l'intention d'insinuer qu'une contrée pauvre et circonscrite nous a légué la langue pri- mitive des anciens Gaulois ? Comprenons-nous , a-t-on exhumé , l'origine du vieux langage? Ètait-il commun à toutes les Gaules? Un grave historien convient, qu'à la rigueur, on ne saurait donner une solution satisfesante à ces questions; attendu qu'elles lui pa- raissent passablement ardues. Je le crois sur parole, attendu que nous croupissons dans la même ignorance à l'éganl des Gaulois modernes ; cependant nous savons que vingt siècles sont à peine écoulés depuis l'abdication de leur nationalité. Tranchons la ques- tion ; les peuples qui n'ont point écrit, avant de passer sous le joug , ne laissent que des souvenirs fugitifs de leur langage ; et nous sa- vions que les Gaulois avaient le bon ou le mauvais esprit de ne point écrire. Oui , notre pays n'avait que peu d'étendue , et je l'ai men- tionné plus haut : sans doute ses habitants étaient pauvres, mais ib vivaient sans ambition. Nous avons été Taincus, traqués, et jamais entièrement asservis. Voilà ce que je veux faire remarquer ; et j'ajoute , sans insinuation , que notre idiome se perd dans la nuit des temps; et que nous reconnaissons de mots wallons dans toutes les langues sans exception. S'il a subi l'influence d'une appauvris- sante exubérance , il n'en a pas moins conservé son type distinclif. Dans quelle langue retrouve-t-œi sa mâle concision ? Dans au- cune ; et mes compatriotes le diront avec moi , nos proverbes et nos galhcismes sont inimitables (^). Si les étrangers nous compre- naient , ils seraient étonnés d'entendre nos vieillards prodiguer leurs archaïsmes à pleines mains; ils seraient plus surpris encore de l'ex-

(*) Pai- la plus biiane anomalie , les éléments métaphysiques qui constituent la manière de reudie la pensée , se reconnaissent dans les idiomes du midi de la Fiance

IV PRÉFACE.

trêrae simplicité de ces tours surannés , qui parlent plus au cœur qu'à l'esprit.

Combien je regrette de m'arrêter à ces courtes inductions ; je reviendrai sur ce sujet dans un autre ouvrage: examinons les diffi- cultés que présente la traduction de notre idiome : ce que j'en ai dit ailleurs me servira d'introduction.

« L'idiome wallon n'est pas riche en mots , mais il est riche » en acceptions et en onomatopées : nous ne balançons point de » l'affirmer , il en est peu d'aussi rapprochés de la nature.

» Chaque langage a son génie particulier; il faut avoir assisté » à la génération des idées pour en rendre le type distinctif.

» Par la raison que notre langage a de grands rapports avec la » langue française , trop souvent nous nous exprimons par opposition » à la pensée que nous voulons rendre; ou nous tombons dans » de contres-sens qui prêtent singulièrement au ridicule... Ne » cessons jamais de le répéter, l'analogie ne constitue point » l'identité. »

Il est incontestable que nous avons une infinité de termes qu'on ne saurait rendre sans périphrase. Chez nous le son imitatif nomme l'objet ou la chose de manière à ne s'y tromper jamais. Cependant, nous ne pouvons nous le dissimuler , nous n'échappons pas toujours aux inconvénients des traductions littérales : partout le pauvre subit les conséquences de sa position sociale : dans un autre sens , nos crésus ne sont guère mieux dotés : les bonnes et plus tard les valets, arrivent avec leur étrange vocabulaire , pour préluder à leur édu- cation. Nous avons parlé wallon avant d'entrer dans les écoles , les pensions, les collèges : nous le parlons encore quand nous pouvons

et le nôtre. M'entretenant un jour avec un litte'rateur Provençal, je lui parlai do notre langage avec une prévention plus consciencieuse que nationale : il m'opposa ridiome de son pays; traduisit un long alinéa de Thistoire romaine ; j'en fis de même ^n wallon; et à notre mutuel étonnement, nous reconnûmes par l'analyse un génie commun , des ellipses et des contractions absolument homogènes dans les deux idiomes; sans trouver une seule expression qui eut un air de faïuîUc. Goudouli , poète , gascon, et inimitable par sa douceur et son enjouement.

PREFACE. V

échapper à l'œil du maître. Quel est l'inévilable résultat de ces ha- bitudes ? Notre jeune intelligence s'est impressionnée de l'esprit de DOtre idiome; nous calquons; nos tours sont impropres et nous oubhons que l'homogénéité de la pensée doit être la première con- dition du traducteur. Par la même cause notre prononciation est relativement plombée ou chuintée ; et notre aspiration trop guttu- rale (*). C'est aux sillons \icieux tracés dans l'organe vocal , que nous devons les reproches que nous adressent les Français Ç^"^). En m'exprimant sans métaphore , sans préparation oratoire , je dois espérer que mes bonnes intentions seront comprises : ce n'est pas par euphémisme que j'emploie le pronom collectif nous ; avec tous les Wallons, je sais combien ils sont pénibles lés efforts que nous

(*) Voy.H.

(**) Ma préface était écrite , quand un article de la Gazette des Tribunaux m'a tombé sous la main. Comme Wallon et pour beaucoup d'autres raisons , je devais payer à son auteur le tribut d'éloges qu'il mérite : j'aurais souhaité qu'un autre eût pris l'initiative. Cet article , dont je donne quelques fragments comme hors d'œuvre, est intitulé : Coup-d'œil sur la magistrature et l'éloquence judiciaire en Belgique, Je laisse parler monsieur Mat. Laurent.

« Le malheur du barreau de LiÉge est de n'avoir ni tradition ni passé. La langue est en général négligée , la prononciation barbare est hérissée de fautes.

» L'avocat qui ne parle pas avec pureté offense l'oreille j et se met dans Timpossi- bilité de charmer son auditoire.

» Jusqu'à présent la Bchjique n'a point eu d'hommes vraiment éloquents ; les chambres, le barreau n'ont présenté que des orateurs disserls. La parole ravis- sant l'âme soulevant une assemblée , n'a pas encore retenti parmi nous. »

Le wja/Aewr du barreau. Quelle malheureuse expression !

La langue est en général négliijce , la prononciation barbare est ïiérissée de fautes.

Mais notre critique dit, dans le même article , que les plaidoieries ont lieu en français; donc la langue n'est pas négligée; il fallait: L'étude de la langue française est en général négligée. La prononciation barbare est hérissée de fautes. Hérissée de fautes ne peut se dire de l'émission matérielle des mots; exempt : Xrès-certainciiicnt le style de M. Laurent est hérissé de fautes ; mais je ne sais si sa prononciation est vicieuse. Le second membre de la phrase n'est qu'une redon- dance barbare.

« L'avocat qui ne parle pas avec pureté offense l'oreille, et se met dans l'impossi- bilité de charmer son auditoire. »

Voici l'esprit et la lettre ds ccUc espèce d'cnthymcme.

VI PRÉFACE.

deTons faire pour assouplir noire organe ; et nous exprimer correc- tement. Ajoutons qu'il me faudrait un volume pour mentionner les exceptions.

Quand le vice inhérent à notre idiome est trop prononcé , dans nos traductions orales , nous sommes alors bien loin de captiver l'attention des Français. Ceux-ci au contraire, nous entraînent par les prestige* d'un organe suave et flexible ; par une diction harmonieuse et élégante : mais en y regardant de près , nous devinons l'étude , la contrainte et la prétention. On comprend que je parle de ceux qui font métier et marchandise de bien parler.

Les dictionnaristes , qui ont figuré la prononciation , auraient des droits à notre reconnaissance s'ils étaient d'accord sur les signes qui représentent les voix diverses; mais ils sont divisés en plusieurs eamps : deux mots vont expliquer une partie des causes de leur scission.

Sous les Médicis , une cour italienne abâtardit la prosodie française. Le nouvel élan qu'elle imprima dut être contagieux ;

L'avocat qui ne parle pas avec pureté offense l'oreille de son auditoire : donc il ne peut charmer l'oreille de l'oreille de son auditoire. Tout en convenant que l'oreille offensée n'est pas charmée , je vois percer le bout de l'oreille de monsieur Laurent. Ne pouvait-il dire sans superfétation : L'avocat qui ne parle pas avec pureté , offense roreille de son auditoire ?

« La parole ravissant l'àine soulevant une assemblée , n'a pas encore retenti parmi nous. » ^

Parole ravissant l'âme soulevant une assemblée, n'est qu'un substantif monstre, ou une enclitique francisée à la Laurent. Supposons que l'auteur ait compris l'ellipse qui est , alors il fallait ravissante , soulevante , ce qui eût été vraiment charmante. La raison en est que le participe actif devient adjectif verbal , quand un temps du Terbe être est exprimé ou compris. A propos, notre Quintillien nous apprend que la langue française a sa prosodie ; qu'il reçoive en farine ce qu'il nous donne en «on , elle a de plus sa syntaxe. «

Affligeante vérité ! nous ne comptons point un seul mandataire au niveau de sa mission ; nous n'avons point un seul magistrat digne de l'être J nos avocats désliono- rent le Barreau ; notre premier orateur est encore à naître. Belges ! on vous le répèle chaque jour jusqu'à satiété : Vous végétez sans littérature , sans antécédent tradition; veus êtes au ban de la civilisation européenne. 0! bonnes gens que nous sommes ! c'est pieds et mains liées que nous nous livrons aux sophistiqueurs nomades j et nous oublions que l'Europe les répudie.

PRÉFACE. VII

et ce fut sans succès que les conservateurs opposèrent des rai- sonnements à la mode. Qu'on ne me dise point que la mode en France n'est que le goût du jour ; celle-ci , par exception , sillonna son passage , et ses traces n'en sont pas entièrement effacées. Nous savons par expérience que les doctrines les plus erronnées ne manquent jamais d'apologistes , les ergoteurs trou- vèrent de choses admirables , les orthodoxes se refusèrent à toute concession ; et cette fois la lumière ne rejaillit point du choc des opinions. Les puissances belligérantes se chamaillaient de plus belle , quand Voltaire introduisit des modifications orthographiques qui auraient dii réunir tous les partis. S'il fut suivi par la plu- part des bons écrivains , les routiniers ne voulurent point en démordre : partout le novateur avait sacrifié la belle diphtongue (oa) , au digramme ai -, et le grand siècle fut pris à partie. Quel est le crime de Voltaire ? Le nom propre François fut distin- gué de son homonyme collectif (^Français) ; mais Bavarois ne devint point Bavarais ; nous eûmes chantais au lieu de chantoas ) et croire ne fit craire que pour les Rétif... de la Bretonne.

Il appartenait de droit à l'Académie de réformer la prolation vicieuse ; elle sanctionna l'orthographe oratoire. Quelle est la suite d'une décision , qui devait être sans appel ? Les dissidents crient encore au vandalisme.

Quoique les disputes , chez, les classiques , n'aient jamais cessé d'être à l'ordre du jour , nous avions presque oublié les louanges exagérées , et les critiques fastidieuses dont le Dictionnaire de l'A- cadémie avait élé l'objet , quand parut l'édition de 1835. Attendu avec une impatience égale à son utilité, nous saluâmes le nouveau Messie par des acclamations générales. Ce fut à travers celte bruyante ferveur, que le Dictionnaire des dictionnaires fut jeté comme une nouvelle Pomme de Discorde; et en dépit de son titre , qui en disait gros , le futur fut déclaré pijgmée , avec complément d'avorton, bâtard, relaps, par anticipation. C'était un lexique sans nom ; rédigé sans méthode ; et ses excursions , dans le do-

VIII PRÉFACE.

maine scicnlifiquc , furent réputées crime ; mais la nuit porte conseil : les désapprobateurs du soir , se réveillèrent le lendemain armés d'un programme, qui en disait 28,000 fois plus gros que l'ouvrage de ce genre qui se donsait pour le plus complet. Si l'amour de la science n'avait pas aussi ses écarts, nous pourrions supposer qu'un autre amour est pour quelque chose dans la subite conversion.

Nous savons, de bonne et longue main, que Messieurs les au- teurs sont tant soit peu chatouilleux ; les dictionnaristes honnis , répondirent par un feu roulant de personnalités : ce qui prouve encore , qu'on peut avoir tort avec les meilleures raisons possibles. Laissant lutter corps à corps ces formidables athlètes , je vais jeter un coup-d'œil sur les deux productions rivales.

Un savant a dit que tous les dictionnaires étaient mauvais j ce jugement me paraît hasardé : tons seraient plus ou ftioins utiles, si l'alphabet, l'orthographe et l'usage, ne venaient s'interposer entre l'homme et son œuvre : au lieu de marqueter , replâtrer , c'est une réforme complète qu'il faudrait. Mais quelle puissance pourrait ojiérer cette révolution? Le temps!... Ne res[)érons point, jamais l'Europe savante ne marchera sous la même bannière : toujours la Toix des Baziles de la littérature , couvrira celle des réformateurs , qui poursuivent vainement une grande et noble pensée.

En augmentant son dictionnaire, d'une nombreuse nomencla- ture de mots , l'Académie en a rejeté qui étaient consacrés par le goût, l'usage ; légitimés parles lexicographes et la Tribune. Cette lacune me parait d'autant plus extraordinaire , qu'elle a conservé des définitions et des phrases d'exemples , qui selon moi , ne sont pas toutes conformes au bon usage : en signalant quelques-unes de ces légères imperfections, je les regarde comme un hommage que nos académiciens ont rendu à leurs prédécesseurs.

« Âpres à faire ^ ou être après à faire. L'esprit se torture pour donner un sens légal à cette locution illogique, et ne trouve qu'une acception opposée à sa définition : une servante est après à faire ce

PREFACE. IX

qu'elle fait à l'inslant même : jamais le peuple 7i'est après à faire une chose exécutée ; après est pour lui F actualité. Mais l'usage fait loi !.. L'usage qui fausse la pensée est un très-mauvais usage ; et ne doit , dans aucun cas , être celui d'une société savante que l'Europe entière a placée au pinacle de la littérature.

« Nous NOUS ÉTioivs quittés à Marseille il y a deux ans , et je l'ai rencontré hier à Paris; nous ne nous étions pas revu entre CI ET LA. Le moindre défaut de cette phrase est d'être incorrecte.

« Faire une blessure favorable. Que Dieu nous préserve de ces sortes de faveurs.

» C'est un faire le faut; c'est-à-dire une chose indispensable.

J'emploirai la définition , et jamais la locution d'exemple.

» Avoir je ne sais quoi d'entrant ; des manières entrantes.

Ne valait-il pas mieux de dire : avoir quelque chose d'in- sinuant ; des manières insinuantes ?

Nous remarquons huit colonnes explicatives du verbe faire.

Cette exubérance laisse du vague dans l'esprit; on ne sait s'arrête l'extension de ce verbe : le judicieux Boiste l'explique par environ quatre-vingts infinitifs : il me semble qu'il aurait mieux fait d'en restreindre l'acception ; une énonciation claire et nette arrive à l'esprit sans effort , et parle à toutes les intelligences : arranger la couverture se comprendra par chacun: faire la cou- verture sous-entend la fabriquer. Pourquoi faire faire remplace- t-il presque toujours les verbes ordonner , commander ? Parce que l'usage est le tyran de la raison. Il est probable que je me trompe , mais faire silence n'est pour moi qu'un non-sens , qui ne peut s'opposer à faire du bruit. Je tourne et je retourne de toute» les manières ce verbe ; et je trouve constamment une ac- tion faite ou à faire : on observe le silence et on ne le /àîV jamais. A l'audience , l'huissier tonne ce mot en exclamation , et l'audi- toire part d'un éclat de rire: c'est une injustice. Je me répète, faire silence est un non-sens; c'est faire une action qui n'en est pas une : c'est donner la vie au néant... J'ai entendu un juge dire, avec un

2

X riŒFACE.

|)eu (l'immcur : huissier , il faut faire faire silence ; et V action

fut EXÉCUTÉE.

Les auteurs du Dictionnaire des dictionnaires devaient prendre pour guide celui de l'autorité mère ; et si nous en exceptons les coupures et les additions , ils ont rempli leur tâche.

Nous avons vu plus haut combien était élastique l'indignation des censeurs du dictionnaire anathématisé. Plus justes, ils auraient, posé et donné la solution de ce problème. Le lexique du langage doit-il ronlenir aussi celui de la science? Le savant et l'observateur , qui suivent les phases scientifiques du siècle , se prononceront pour la né«J^ative : nos découvertes en histoire naturelle , en physique cl en chimie, nécessitent un dictionnaire exclusif qui ne traite que des termes techniques. Ajoutons occasionnellement que nous devons continuer de recourir aux langues savantes , dans l'augmentation de celte nomenclature : leurs syntaxes se prêtent mieux que la svntaxe française , aux combinaisons et à la formation de ces sortes de termes : si les dérivés font image, l'arbitraire ne serait que l'i- mage du chaos.

Tout en convenant que les lexicographes, dont je m'occupe , ont donné prise à des critiques minutieuses ou trop sévères , je leur dois cette justice : l'orthographe des substantifs composés est en har- monie avec les règles générales; et l'admission des temps des verbes, par ordre alphabétique, est la plus heureuse de leurs innovations. Je pourrais signaler d'autres licences qui leur donnent des titres à la reconnaissance des personnes peu studieuses. Lorsque j'entends des prétendus connaisseurs , épiloguer sur les étymologies , que ces patients écrivains ont recueillies , je me sens tenté de leur ré- pondre : vous êtes orfèvres , nouveaux Bullcts ! Qui peut ignorer tout ce que la science étymologique a de conjectural! Quel est le plus petit de nos grimauds qui ne pourrait leur dire : Vous grécisez , vous latinisez des expressions qui sont wallonnes des pieds à la tête !

Terminons cette préface déjà trop longue , en disant quelque cliose des fliUlcurs à tout prix.

PREFACE. XI

Uu article officieux, publié dans le Journal des Débats , en désavouant les éditions du Dictionnaire de l'Académie , postérieures à 1762 , parle avec dédain de ses continuateurs. Il y a plus que de l'ingratitude dans ce langage , qui déguise mal la flatterie. Si le surprenant désaveu reste sans conséquence , la courtisanerie a une plus haute portée. Est-ce que Messieurs des Débats ont oublié la bienveillance qui accueillit le Dictionnaire de V Académie , dont l'infortuné Moutardier £ut l'éditeur? D'abord vendu à \il prix, il ne tarda pas à être recherché , en le payant quatre-vingts francs. Est-ce que les mêmes ont oublié les éloges mérités que la France entière accorda aux dictionnaires de Raymond, de Landais; et notamment à celui de Boiste, que les Parques et l'Envie ont mois- sonné au milieu de ses nombreux et utiles travaux. A ces noms illustres je pourrais accoler une longue suite de noms respectés dans la lexicographie : cet hommage me conduirait au-delà des bornes que je dois me prescrire. Osons l'avouer, on a voulu ra- petisser des hommes d'une grande réputation , pour en relever d'autres qui sont au niveau de la considération publique. L'article, dont je parle, et l'opinion d'un auteur estimé , furent un appel à la grande famille des Flagorneurs: La charte littéraire , la bible Grammaticale , devint le code sacramentel , la législation des législations : le Saint-Esprit était descendu tout exprés du Ciel pour illuminer l'Académie. Qu'elle rejette tous les mots revêtus de ton cachet, depuis 1762, ces gens-là seront à genoux. Qu'elle aug- mente la synonymie absolue (^), ils diront amen: mais, je me plais à le croixe , l'Académie dédaigne leur encens adulateur , et ré- pudie leur vasselage. Sont-ils sans arriére-pensée , ces partisans^ de l'ilotisme littéraire? Que sait-on ; uu berger n'est-il pas devenu pape ! En ajoutant que le projet de mettre le génie en tutelle n'est que le rêve d'un insensé , toutes les suppositions sont permises.

(*) J'appelle synonymie absolue , les substantifs communs qui ont deux ou plu- sieurs dénominations.

EXPLICATIONS PRELIMINAIRES ET INDISPENSABLES,

Je crois avoir le droit de le répéter : qui veut la fin veut les moyens. Du moment que mon attention fut fixée sur nos wal- lonnismcs, nos locutions vicieuses et nos traductions à la lettiv y j'en recherchai les causes; et jo vis une grande partie de la classe bourfïcoise s'exprimer tantôt en wallon, tantôt en français, et con- sidérer plutôt le matériel des deux idiomes que leurs génies res- pectifs. Je conseille , à ceux de mes compatriotes , qui portent publiquement la parole, de ne jamais transiger avec notre idiome : les orateurs qui négligeront cet avis, n'obtiendront tout au plus que de succès d'estime. Quel remède apporter au mal? Si, comme je le pense , l'étude des classiques est généralement négligée , une syntaxe française faussait mon but. Après mûr examen, je me dé- cidai à formuler de nombreuses phrases d'exemples : si cette inno- vation n'est guère scolasticiue, elle n'en est que moins aride.

Que uies compatriotes wc permettent de leur recommander de nouveau l'élude de la synonymie ; celui qui n'en possède ])as le mécanisme, manquera de cori«ction et d'élégance. On a osé dire ([u'elle conduisait à des répétitions fastidieuses et malsonnantes ; mais on a oublié d'ajouter que le goût a ses droits , le génie ses secrets et ses licences.

Il ne pourra échapper aux personnes qui ont médité les syno- nymistes français, que rarement je suis d'accord avec eux, tant sur la forme que sur le fond : leur refuser de justes respects , serait une révoltante injustice: leur sacrifier ses propres inspira- tions serait s'abdicjuer soi-même.

On ne perdra pas de vue que, dans mon dictionnaire, les mots radicaux qui suivent la définition du terme principal , ne sont mentionnés que comme auxiliaires ou corollairesdu premier terme. Quand ils ont un rapport plus direct d'identité, je les classe dans la synonymie ou je les mentionne spécialement; et il résulte de celte classification accessoire, un grand surcroît d'utilité. C'est eu poursuivant la pensée d'être utile, que je m'empare de l'occasion d'habituer les Wallons aux expressions techniques et scientifiques, dont la connaissance se fait en ce moment si vivement sentir : ])artout leurs définitions sont peu connues du vulgaire; nulle part elle ne font paitie d'aucun idiome oral; cl cela se conçoit sans

EXPLICATIONS PRÉLIMINAIRES. XIII

peine; c'est dans les cités que se rendent les savants et les artistes; c'est dans la bonne compagnie que l'on parle purement, et que l'on traite des arts et des sciences.

Il n'est pas inlcnipeslif d'avertir que nous fesons des élisions lorsque la voix trouve un appui ; exemple : Inn sitctU ; de stctil : Une étoile; des étoiles: la voix a trouvé un appui sur de, et le mot steiîl a perdu i. Celle disposition à élider est lellemcnt en- racinée , que j'ai traduire de deux manières le mot cheval : quand la voix ne peut s'appuyer sur le mot qui précède ce sub- stantif, force est d'écrire chivâ ; si elle trouve un soutien, chivâ s'écrit ^'frt. Tout idiome qui se prêle aux élisions se plie aussi aux contractions et aux ellipses; Dieu sait que nous n'en sommes pas avares : j^en rapporte beaucoup dans le dictionnaire, et j'en ren- voie en note.

On reconnaîtra des substantifs, des adjectifs et des verbes, que je figure d'après l'orthographe de la langue française, cependant la prononciation en est dillerento ; ne sait-on pas que toutes les langues manciuent de signes représentatifs : je devais donc obéir , bien malgré moi , aux lois de la nécessité- Chaque fois que les trois premières lettres d'un mot commen- çant par C , peuvent s'écrire d'après le mécanisme de l'ortho- graphe française , ce mot figure à celte lettrine : autrement il faut chercher à K et à S.

J'ai supprimé la lettrine J ; cette consonne fausse notre pronon- ciation. — Voir plus bas pour les voix c/m, gea , get, etc.

Quoique le mot employé dans la capitale, figure, chaque fois qu'il est possible, en tète des articles, je n'en rapporte pas moins celui des autres localités; et comme mon dictionnaire doit servir à tous les Wallons, je donne la préférence au mot qui est le muins^ rapproché de la configuration française; exemple :

Hôp, s. GALE, maladie cutanée cl contagieuse, qui se reconnaît par une éruption vésiculeuse , accompagnée d'une extrême dé- mangeaison.

Les Liégeois disent gai est je renvoie à IIôp; exemple:

Gal, gale, Voy. JIôp.

Je redouble m pour lui donner l'inflexion mouillée; exemple r Mamm , ûrcg vit streimm? Maman aurais-je mes élrcnnes? Je redouble cette consonne par contraction et ellipse; exemple : G'imvt rafeie d'imm /égaie: Je me fais une fêle de me parer, etc.

Par les mêmes motifs (jue ci-dcssiis j'écris 7in ; exemple : Tinn reu nein : Tu n'y vois point. Je figure nii pour faire j)rononcer en consonne; exemple : f ola l'ieinn et via t'meinn , Voilà la tienne et voilà la mienne {a).

Nous introduisons souvent et dans le discours par pléonasme; exemple: De bel et manîr : Des belles et manières.

\a) Oii dit pionoiiccr n tn cuiisouiie, par oppositoii à H nasal.

XIV EXPLICATIONS PRÉLIMmAIRES.

Pour ne point employer d'e muet, je redouble s et t ; exemple: Tiess di houlott ; Tête de chat-huant. T ne figure à la fin des mots que pour donner à e le son semi grave j exemple: Lochet di gret: touffe ou boucle de cheveux.

Nous manquons de signes pour figurer ces sons :C/ia, ché, chi , cho , chu. Gea, ge , gi , geo , geu; exemple: Chawé , gealo , etc. ; crier, jaloux, etc., ces voix se prononcent à peu près icha , tché, etc. Il en est de même de gea , get , etc. ; mais le t prépositiF et figuratif et à peine touches. J'aurais employé cette orthographe conventionnelle si chacun avait pu me lire, me comprendre et chercher les mots , quand ils sont à la tête des articles. Par une bizar- rerie inexplicable on ne distingue aucune de ces voix dans la langue française, ni dans sa prosodie, pendant qu'on les retrouve dans les idiomes du midi et du nord ; exemple :

Mots italiens.

Les Polonais ont des voix semblables; mais elles sont amenées par Z , qui figure dans un grand nombre de mots; je n'eu rap- porte que deux.

ZuTY, t. militaire, poste avancé; ou prononce tcJiali.

CzoGOz, quoi? pourquoi? la première voix est tche. Il faut re- marquer que si 5 n'est pas surmonté d'un point, la prononciation devient plus douce, et conforme à la nôtre.

Mes devanciers, dans leurs petits ouvrages wallons («), ont or- thographié sur l'orthographe de la langue française ; mais sans uniformité de système : de sorle (jue notre idiome, déjà difficile à lire, devient souvent hiéroglyphijiue. Je me borne à dire à mes lecteurs : prononcez les lellres écrites. Ai-jc besoin d'ajouter que je ne pouvais lîluraliser notre idiome? Le nombre se reconnaît par la traduction.

(a) Nous avons des opéras , des chansons remplies de sel , d'esprit et d'ori- ginalité. Le voyage de Cliaudfoutaine a été réimprimé plusieurs fois.

CiVETTA ,

chouette :

pron.

tchivella.

ClASCDNO ,

chacun :

id.

tchiascano.

ClELO ,

ciel :

id.

tchiélo.

ClOTTOLO,

caillou :

Id.

tchisttolo.

Certo ,

certain :

id.

tcherlo.

Cenabe ,

souper :

id.

tchémxre.

CiXIRMA ,

chiourme :

id.

fc/iiourma.

ClABATTINO ,

savetier :

id.

tchiahan'mo

Le verbe est le prolée de l'oraison , il se charge de modifier nos actes, nos actions et notre manière d'être, soit qu'il prenne la forme substautive , soit qu'il revête les couleurs de l'adjectif.

Selon les grammairiens modernes, le seul verbe être mérite la dénomination de verhe ; et les autres mots, désignés comme tels, n'en renferme que l'idée. La partie du discours qui exprime une action faite ou reçue par le sujet, et qui se conjugue , est nécessairement un verbe quand l'attribut est verbal. Pour justi- fier de leur assertion, les grammairiens s'étayent de cette décom- position: 11 aime; il chante. Il est aimant ; il eut chantant. Si cette analyse n'est pas illogique, elle est vague et ne conduit à aucun résultat satisfesant.

Quand le verbe être ne comprend aucune idée d'attribut verbal, il a l'acception substantive ; mais sans en avoir tous les éléments; exemple : Mon frère est dans ce moment à Paris. Frère est le sub- stantif; le verbe est n'exprime que sa manière d'être et l'idée d'exis- tence.

Le sens substantif s'affaiblit quand on conjugue être avec un attribut intransitif; exemple : Je suis guéri.

Le verbe conjugué avec avoir, n'en est pas moins un verbe; exemple : J'ai dîné tard. Noiis avons travaillé ensemble. Enfin , dans mon opinion, conjuguer avec être, c'est employer la forme substantive , conjuguer avec avoir , c'est employer la forme ad- jective ; et je crois qu'on ne devrait jamais dire absolument: verhe substantif, verbe adjectif.

Je me rends bon compte des verbes transitif, intransitif, uni- personnel, anomal , etc. Il n'en est pas de même du verbe neutre ni du verbe passif. Nous nommons neutre un verbe qui ne peut avoir de régime direct. Il suffirait , ce me semble , de l'appeler intransitif ; car je ne trouve pas la plus légère différence gram- maticale, entre inarcher et venir. Gambader , enrager, représentent des actions pour le moins aussi apparentes que regarder, chérir. Les verbes qui se conjuguent avec deux pronoms ne sont pour moi que des verbes pronominaux : mais en me renfermant dans mon principe, je me tiens pour dit les bonnes raisons qu'on peut m'op-

XVI DU VERBE.

poser j je suis moins tolérant à l'égard des prétendus rerbes pas- sifs: si les mots sont créés pour rendre des idées nettes et précises, le but est ici manqué : aucun verbe français n'est effectivement passif.

On le voit de reste , je me suis mis eu opposition , d'un côté avec l'Académie, d'un autre avec les grammairiens. Pour être l'écho des autres, autant valait me taire : j'aurais sans doute mieux fait de me borner à conjuguer quelques-uns de nos verbes.

CONJUGAISONS WALLONNES

AVEC LA TRADUCTION EN REGARD C).

Louki, Regarder.

INDICATIF PRÉSENT AFFIRMATIF.

Gi louk , Je regarde.

Ti louk. Tu regardes.

/ ou il louk. Il ou elle regarde.

No loukân. Nous regardons.

Vo louki. Vous regardez.

/ ou il louket. Ils ou elles regardent.

IMPARFAIT (**).

Gilouhîf. Je regardais.

Ti louktf. Tu regardais.

/ loîtkîf II regardait.

No loukein. Nous regardions.

Fo loukî. Vous regardiez.

/ loukein ou i loukîvet. Us regardaient.

PASSÉ DÉFim (***).

Gi louka. Je regardai.

Ti louka. Tu regardas.

/ loukâ. Il regarda.

No loukein. Nous regardâmes.

Vo loukî. Vous regardâtes.

/ loukein. Ils regardèrent.

(*) Notre idiome, tout oral , varie sa prononciation jusqu'à l'infini : j'emploie celle qui est la plus générale pour conjuguer.

(**) L'ancienne classification des verbes ne représente que peu ou point d'idées : ce n'est pas de gaîté de cœur que je m'en sers.

(***) Par imperfection les uns disent parfait. Pour ne rien signifier les autres disent prétérit.

Gea loukî. Ta loukî. Il a louki. No-zavan loukî. Vo-zavé loukî. Il on loukî.

Ceà loukî. T'è lotikî. Il ô loukî. No-zorein loukî, Vo-zorî loukî. Il orein loukî.

G'eaveu loukî. T'ateu loukî. Il aveu loukî. No-zavein loukî. Vo-zavî loukî. Il avein loukî.

Gi loukret. Ti loukret. I loukret. iVo loukran. Vo loukré. I loukron.

G'eâret loukî. T'âret loukî. Il âret loukî, No-zâran loukî. Vo-zâré loukî. Il âroti loukî.

DU VERBF.

PASSÉ INDtFINI.

XVII

J'ai regardé. Tu as regardé. Il a regardé. Nous avons regardé. Vous aA^ez regardé. Ils ont regardé.

PASSE ANTEEIEDK,

J'eus regardé. Tu eus regardé. Il eut regardé. Nous eûmes regardé. Vous eûtes regardé. Ils eurent regardé.

PLTJSQUE-PAEFAIT (*).

J'avais regardé. Tu avais regardé. Il avait regardé. Nous avions regardé. Vous aviez regardé. Ils avaient regardé.

FUTUR AFFIRMATIF.

Je regarderai. Tu regarderas. Il regardera. Nons regarderons. Vous regarderez. Ils regarderont.

FUTUR COMPOSÉ (**).

J'aurai regardé. Tu auras regarde. 11 aura regardé. Nous aurons regardé. Vous aurez regardé. Us auront regardé.

(*) 11 faudrait dire Plusque-imparfait.

(**) Futur antérieur vaut mieux quand l exprime un temps à venir.

3

XVIII

LU VERBE

CONDITIONNEL PRESENT OU FUTUR.

Gt loiikret. Je regarderais.

Ti loitkret. Tu regarderais.

/ louhret. Il regarderait.

No loukrein. Nous regarderions.

Vo loukrî. Vous i-egarderiez.

/ loukrein. Ils regarderaient.

CONDITIONNEL COMPOSE ( ]

G'âreu loukî. T'âreu loukî. Jl âreti loukî. No-zârein loukî

Vo-zâri loukî.

Il ârein ou il ôhein loukî.

J'aurais ou j'eusse regardé.

Tu aurais ou tu eusses regardé.

Il aurait ou il eût regardé.

Nous aurions om nous eussions re- gardé.

Vous auriez ou vous eussiez re- gardé.

Ils auraient ou ils eussent regardé.

Louk.

Ki louk.

Lotikan.

Loukî.

Ki loukess ou loukefi.

IMPEKATIF ET LOCALEMENT OPTATIF.

Regarde. Qu'il regarde. Regardons. Regardez.

Qu'ils regardent.

SUBJONCTIF PHESENT OU FUTCB.

Ki (fi louk.

Ki ti louk.

Ki louk.

Kinn loukanss ou lonkanh.

Ki v'ioukîss ou louki/i.

Ki loukess ou loukeh.

Que je regarde. Que tu regardes. Qu'il regarde. Que nous regardions. Que vous regardiez. Qu'ils regardent.

Ki gi loukass ou louknh.

Ki ti loukass ou loukah.

Ki loukass ou loukah.

Kinn loukahein.

Ki vloukahi.

Ki loukahein ou loukahi.

Que je regardasse. Que lu regardasses. Qu'il regardât. Que nous regardassions. Que vous regardassiez. Qu^ils regardassent.

C) Kin/i se (lit par contraction pour que ; mus oyez . etc.

'S.- et lii v'z(îy.ss, etc.. pour que

DU VERBE. XIX

Kig'eaîeouk'geèhhnJit. Que j'aie regardé.

Ki t'aie ou k't'ôh loukî. Que tu aies regardé.

Kil aie ou kifôh loukî. Qu'il ail regardé.

Kinnzarjanss oukinn zoheinloukî. Que nous ayons regardé.

Ki v'zâïss ou ki v'zôhi louki. Que yous ayez regardé.

Kil âijess ou kil ôheiu louki. Qu'ils aient regardé.

PLCSQUE-rARFAIT.

Kigeôh loukî. Que j'eusse regardé.

Ki t'ôh loukî. Que lu eusses regardé.

Kil ôh loukî. Qu'il eût regardé.

Kinn-zôhein loukî. Que nous eussions regarde.

Ki v^zôhî lotikt Que vous eussiez regardé.

Kil 6/iein loukî. Qu'ils eussent regardé.

INFINITIF PRÉSENT OU ACTIF.

Loîikî. Regarder.

PASSÉ.

Jvu loukî. Avoir regardé.

l'ARTIClPE ACTIF.

Loukan. Regardant.

rARIICirE PASSIF.

Louki, loukeîe. Regardé, regardée.

FUTUR.

Divan loukî. Devant regarder.

Hoiité. Obéir.

INDICATIF PRÉSENT OU AFFIRMATIF.

Gi hoûtt: J'obéis.

Ti hoûtt. Tu obéis.

/ /imitt. Il obéit.

No hoûtan. Nous obéissons,

Vo hoiitè, . Vous obéissez.

I hoâtet. Ils obéissent.

DU VERBE.

IBIFARFAIT.

Gi koiiléf. Ti hmtéf. J hoûtéf. No hoûtein. Vo hoûtî. I hoûtein.

Gi hmita. Ti hoûta. J Jioûta. No hoûtein. Vo hoûtî. I hoûtein.

G^ea hoûté. T'a hoûté. Il a hoûté. No-zavan haute (*). Vo-zavé hoûté. Il on hoûté.

G'eô hoûlé. hoûté. Il ô hoûté. No-zorein hoiité, Vo-zorî hoûlé. Il cri hoûté.

G'eaveu hoûté. T'aveu hoûté. Il aveu hoûté, No-zavi hoûté. Fo-zavî hoûté. Il avein hoûté.

J'obéissais. Tu obéissais. 11 obéissait. Nous obéissions. Vous obéissiez, lis obéissaient.

PASSE DDFINI.

J'obéis. Tu obéis. Il obéit. Nous obéîmes. Vous obéîtes, lis obéirent.

PASSE INDEFINI.

J'ai obéi. Tu as obéi. Il a obéi. Nous avons obéi. Vous avez obéi, lis ont obéi.

FASSE ANTEfilEDR.

J'eus obéi. Tu eusses obéi. Il eut obéi. Nous eûmes obéi. Vous eûtes obéi. Ils eurent obéi.

rLCSaDE-rABFAIT.

J'avais obéi. Tu avais obéi. Il avait obéi. Nous avions obéi. Vous aviez obéi. Ils avaient obéi.

C) No-savaUf contraction de nous avons.— Fo-zac6 , contraction de tous c

DU VERBE.

FUTUR AFFIRBUTIF.

XXI

Gi hoûtret. Ti hoûtret. J hoûtret. No hoûtran. Va hoûlré. I hoûtran.

J'obéirai. Tu obéiras. 11 obéira. Nous obéirons. Vous obéirez. Ils obéiront.

FUTUR COMPOSE.

G'eâret hoûté. T'âret hoûté. Il âret hoûté. No-zâran hoûté. Vo-zâré hoûté. Il âron hoûté.

J'aurai obéi. Tu auras obéi. Il aura obéi. Nous aurons obéi; Vous aurez obéi. Ils auront obéi.

CONDITIONNEL PRESENT OU FUTUR.

Gi hoûtret ou hoûlreu. Ti hoûtret ou hoûtreu. J hoûtret ou hoûtreu. No hoûtrant ou hoûtrein. Vo hoûtrî. I hoûtrein.

J'obéirais. Tu obéirais. Il obéirait. Nous obéirions. Vous obéiriez. Ils obéiraient.

CONDITIONNEt C05IP0SE,

G'eâreu ou g'eôh hoûlé. T'âreu ou t'ôh hoûlé. Il âreu ou il ôh hoûté. No-zârein ou no-zohein hoûté.

Vo-zâri ou vo-zôhî hoûté. Il ârein ou il ôhein hoûté.

J'aurais ou j'eusse obéi.

Tu aurais ou tu eusses obéi.

Il aurait ou il eût obéi.

Nous aurions ou nous eussions

obéi. Vous auriez ou vous eussiez obéi. Ils auraient ou ils eussent obéi.

Hoûtt.

Ki hoûtt.

Hoûtan.

Hoûté.

Ki hoûiess ou ki hoûteh.

Obéis.

Qu'il obéisse;

Obéissons.

Obéissez.

Qu'ils obéissent.

XXII

DU VERBE.

SUBJONCTIF PRÉSENT OU FUTUR.

Kig ho4M. (*)

Ki ti hoûtt.

Ki hoûtt.

Kinn hoûtanss ou hoûtanh.

Kiv hoûtéss ou hoûteh.

Ki hoûiess ou hoûteh.

Que j'obéisse. Que lu obéisses. Qu'il obéisse. Que nous obéissions. Que TOUS obéissiez. Qu'ils obéissent.

Kig hoûtass ou hoûtah. Ki ti hoûtass ou hoûtah. Ki hoûtass ou hoûtah. Kinn hoûtahein. Kiv hoûtahi. Ki hoûtahein.

Que j'obéisse. Que tu obéisses. Qu'il obéit. Que nous obéissions. Que TOUS obéissiez. Qu'ils obéissent.

Ki geâie hoûlé.

Ki t'aie hoûté.

Kil aie hoûté.

Kinn-zâyanss ou âynnh hoitté.

Kiv' zâïs ou hiv' zôki hoûté.

Kil âyéss ou Kil ôhein hoûté.

Que j'aie obéi. Que tu aies obéi. Qu'il ail obéi. Que nous ayons obéi. Que TOUS ayez obéi. Qu'ils aient obéi.

Ki g'eôh hoûté (**). Ki t'ùh hoûté. Kil 6h hoûlé. Kinn' zôhein hoûté. Kiv' zôhî hoûté. Kil ôhein honte.

PLUSQUE -PARFAIT.

Que j'eusse obéi. Que lu eusses obéi. Qu'il eût obéi. Que nous eussions obéi. Que TOUS eussiez obéi. Qu'ils eussent obéi.

INFINITIF PRESENT OU ACTIF.

Obéir.

.Avu hoûté.

PASSE.

AToir obéi.

C) Kig hoûtt : contraction de Que j'obéisse. Ktv hoxUcss ; contraction de Que vous obéissiez.

("*) Ki g'eôh. ,, contraction de que j'eusse.

Houtant.

Hoûtè, hoûtaie.

Divan hou té.

DU VERBE.

PARTICIFE ACTIF.

Obéissant.

PARTICIPE PASSIF.

Obéi, obéie.

FUTL'R.

Devant obéir.

XXIIl

Diveur,

Gi deu, Ti deu. 1 deu.

No d'van {*). Va d'vé. I d'vet.

Devoir.

INDICATIF PRÉSENT AFFIRMATIF.

Je dois. Tu dois. Il doit. Nous devons. Vous devez. Ils doivent.

Gi d'véf. Ti d'véf. 1 d'véf. No d'vein. f^o d'vi, I d'vein.

Gi d'va,

Ti d'va.

I d'va.

No d'vein.

Vo d'vî ou d'va.

I d'vein.

Je devais. Tu devais. Il devait. Nous devions. Vous deviez. Ils devaient.

PASSÉ DÉFINI (**).

Je dus. (***) Tu dus. II dut. Nous dûmes, Vous dûtes. Us durent.

(*) A^o rf'ia?i .• par ellision , pour moms devons. Je ne parlerai plus des ellisions ni des contractions^ on les reconnaîtra en regard.

(**) Les Wallons emploient souvent une périphrase au pluriel de ce temps j exemple : 710 fourein obligi , etc.

C*) On écrit souvent je dûs , etc. C'est une double faute qui fait d'une brèveune longue sans motif. en serions-nous , s'il fallait distinguer les homonymes par l'accentuation ?

XXIV

G'eo d'vou. T'a d'vou. Il a d'vou. No-zavan d'vou Vo-zavé d'vou. Il on d'vou.

DU VERBE. PASSÉ iiroiFiNi.

J'ai dû. Tu as dû. Il a dû. Nous avons dû. Vous avez dû. Ils ont dû.

PASSE ANTERIEUR.

Ce temps n'est guère employé par les Wallons : il est conjugué au verbe Louki.

PLrsaUE-PARFAIT.

G'eaveu d'vou. T'aveu d'vou. Il aveu d'vou. IVo-zavein d'vou. Vo-zavî d'vou- Il avein d'vou.

Gi d'vret. Ti d'vret. I d'vret. No d'vran. Vo d'vré. J d'vron.

G'eâret dvou. T'âret d'vou. Il ârel d'vou. No-zâran d'vous. Fo-zâré d'vous. Il âron d'vou.

J'avais dû. Tu avais dû. II avait dû. Nous avions dû. Vous aviez dû. Ils avaient dû.

FUTtIR AFFIRMATIF.

Je devrai. Tu devras. Il devra. Nous devrons. Vous devrez. Ils devront.

rUTCR COMPOSE.

Gi d'vret. Ti d'vret. I d'vret. No d'vran. Fo dvré. I d'vron.

J'aurai dû. Tu auras dû. Il aura dû. Nous aurons dû. Vous aurez dû. Ils auront dû.

CONDITIONNEL PRESENT OU FUTUR.

Je devrais. Tu devrais. Il devrait. Nous devrions. Vous devriez. Ils devraient.

DU VERBE.

XXV

CONDITIONNEL COMPOSK.

G'eâreu ou g^eôh divou. Târeu ou fâh divou. Il âreu ou il ôh divou. No—zârein ou n'zô/win d't Vo—zâri ou vzôhi d'vou. Il ârein ou il ôM d'vou.

J'aurais ou j'eusse dû. Tu aurais ou tu eusses dû. II aurait ou il eût dû. NousaurioHsou nous eussions dû. Vous auriez ou vous eussiez dû. Ils auraient ou ils eussent dû.

1 deuss.

Deu.

Ki deuh c

Divan.

Divé.

Ki deuh ou deuss.

Ki gi deuh ou d'veuss. Ki ti d'veuh ou d'veuss. Ki deuh ou d'veu.ss. Ki no d'vanh ou d'vanss. Ki vo d'veh ou d'véss. Ki d'veh ou d'véss.

IMPERATIF.

Dois.

Qu'il doive.

Devons.

Devez.

Qu'ils doivent.

SUBJONCTIF PRÉSENT OU FUTUR.

Que je doive.

Que tu doives. Qu'il doive. Que nous devions. Que vous deviez. Qu'ils doivent.

Ki gi dvah ou d'vass. Ki ti d'vah ou d'vass. Ki d'vah ou d'vass. Kinn divahein ou d'vahi, Kiv divahi. Ki d'vahein.

Que je dusse. Que tu dusses. Qu'il dût.

Que nous dussions. Que vous dussiez. Qu'ils dussent.

Ki g'eâie divou.

Ki t'aie divou.

Km aie divou.

Kinn—zayanh ou ayanss diroii.

Kiv âïh ou âïss divou.

Kil âyeh ou âyess divou.

Que j'aie dû. Que tu aies dû. Qu'il ait Que nous ayons dû. Que vous ayez dû. Qu'ils aient dû.

Ki g'eùh divou. Ki t'ôh divou. Kil ôh divou. Kinn-zôhein d'vou. Ki v'zôhi d'vou, Kil ôhein d'vou.

PLUSQUE PARFAIT.

Que j'eusse dû. Que tu eusses dû. Qu'il eût dû. Que nous eussion.s Que vous eussiez Tû. Qu'ils eussent dû.

DU VERBE.

Diran d'reur.

INFINITIF PRESENT OU ACTIF.

Devoir.

PASSÉ.

Avoir dû.

PARTICIPE ACTIF.

Devant.

PARTICIPE PASSIF.

Du, due.

FUTl'R (*).

Devant devoir.

Kidiîr.

Conduire.

INDICATIF PRLSENT AFFIRMA TIF.

Gi k'dû. Je conduis.

Ti /idû. ïu conduis.

/ lidû. Il conduit.

No Wdûhan. Nous conduisons.

Fo Kdûhé. Vous conduisez.

/ k'dûîwt. lis conduisent.

Gi Kdûhéf. Ti Kdûhéf. 1 k'dûhéf No k'dûhein. Fo k'dûhi. I k'dûhcin.

Je conduisais. Tu conduisais. Il conduisait Nous conduisions. Vous conduisiez. Ils conduisaient.

PASSE DEFINI.

Gi k^dûha. Ti k'dûha. I k'dûha. No k'duhein. Fo k'dûhî. I k'dûhein.

Je conduisis. Tu conduisis. 11 conduisit. Nous conduisîmes. Vous couduisi les. Ils conduisirent.

{*) Ce fulur ne signifie que l'empire de la routine.

DU VERBE.

XXVII

G'ea k'dû. Ta k'dû. Jl a k'dû. No-zavan k^dû. Vo-zaré k'dû. lion k'dû-

l'ASSE INDEFINI.

J'ai conduit. Tu as conduit. Il a conduit. Nous avons conduit. Vous avez conduit. Ils ont conduit.

G'eô k'dû. T'ô k'dû. Jl ô k'dû. No- rein k'dû. Vo-zôri k'dû. Il ôrein k'dû.

PASSE ANTERIEUR.

J'eus conduit. Tu eus conduit. Il eut conduit. Nous eûmes conduit. Vous eûtes conduit. Ils eurent conduit.

PLUSQUE-PARFAIT.

G'eaveu k'dû.

T'aveu k'dû.

Il aveu k'dû.

No-zavein ou no-'Zavi k'dû.

f^o-zarî k'dû.

Il avein k'dû.

J'avais conduit. Tu avais conduit. Il avait conduit. Nous avions conduit. Vous aviez conduit. Ils avaient conduit.

Gikdûret. Ti kdûret. I k'dûret. No kdûran. Vo k'dûré.

I k'dûron.

G'eâret k'dû. Târet k'dû.

II ûret k'dû. No-zâran k'd Fo-zâré kdû. Il âron kdû.

G'ik dût et. Tik dûret. Ik dûret. Nok rein. Vok ri. Ik dûrein.

FUTUR AFFIRMATIF.

Je conduirai. Tu conduiras. Il conduira. Nous conduirons. Vous conduirez. Us conduiront.

FUTIU C03IP0SÉ.

J'aurai conduit. Tu auras conduit. 11 aura conduit. Nous aurons conduit. Vous aurez conduit. Us auront conduit.

CONDITIONNI-L PRÉSENT OU FUTUR.

Je conduirais. Tu conduirais. Il conduirait. Nous conduirions. Vous conduiriez. Us conduiraient.

xxvm

DU VERBE.

CONDITIONNEL COMPOSÉ

G'eâteu ou g'eôh kîdû.

T'âii'.u ou fôh kîdû.

Il âreu ou il ôh Mdû.

No zârein ou n'zôhein k'dn.

Fo - zâri ou v'zôhi k'dû.

Il ârein ou il ôhi k'dn.

J'aurais ou j'eusse conduit, ïu aurais ou tu eusses conduit. 11 aurait ou il eût couduit. Nous aurions ou nous eussions

conduit. Vous auriez ou vous eussiez

conduit. Ils auraient OM ils eussent conduit.

Knin. Kik dAh. KnbVuin. Kidnhé. Kikd'n/i.

Conduis.

Qu'il conduise.

Conduisons.

Conduisez.

Qu'ils conduisent.

SUB.I0NCTIF PRESENT OC FCTUB.

Ki gik d'ûh.

Ki tik d'ûh.

Kik d'ûh.

Ki vok dûhanss ou k'dûhanh.

Ki vok dn/iéss ou k'dûheh.

Kik dûhess ou k'dûheh.

Que je conduise. Que tu conduises. Qu'il conduise. Que nous conduisions. Que TOUS couduifiez. Qu'ils conduisent.

IMPARFAIT.

Ki gi dûhass ou k'dûhah.

Ki tik dûhass ou k'dûhah.

Kik dûhass ou k'dûhah.

Ki nok dûhahi ou k'dûhahei^

Ki vok dûhahi,

Kik dûhahi ou k'dûhahein.

Que je conduisisse. Que tu conduisisses. Qu'il conduisit. Que nous conduisissions. Que vous conduisissiez. Qu'ils conduisissent.

Ki g'eâie kidû.

Ki t'aie kidû.

Kil aie kidû.

Kinn—zâyanss ou ai/aiih kidû,

Kiv-zâïss ou aïh kidû.

K'il âyess ou âiieh kidû.

Que j'aie conduit. Que lu aies conduit. Qu'il ait conduit. Que nous ayons conduit. Que vous ayez conduit. Qu'ils aient conduit.

DU VERBE. XXtt

PLUSQUE-PARFAIT.

Ki g'eôh kidû. Que j'eusse conduit,

Kifôhkidû. Que tu eusses conduit.

JCilôhkidu. Qu'il eût conduit.

Kinn-zôhî ou ôhein k'dû. Que nous eussions conduit.

Kiv-zôhi k'dû. Que vous eussiez conduit.

K'il ôhî ou ôhein k^dû. Qu'ils eussent conduit.

INFINITIF PRÉSENT OU ACTIF.

Kidûr. " Conduire.

PASSÉ.

Jvu k'dû. Avoir conduit.

PARTICIPE ACTIF.

Kidûhan. Conduisant.

PARTICIPE PASSIF.

Kidû , kidûhow. Conduit , conduite.

FDTI'R.

Avuk'dû. Avoir conduit.

CONJUGAISONS

AVEC LE PROiNOM PERSONNEL ( Si ).

Simagrii, Se dépiter,

INDICATIF PRÉSENT CD AFFIRMATIF.

G'imm mâgrie y on mâgri/aie. Je me dépite.

No no mâgryan. Nous nous dépitons.

G'imm mâgriîf ou mâgriéf. Je me dépitais.

No no mâgrii ou mâgryen. Nous nous dépitions.

XXX

DU VERBE.

PASSE DEFINI.

G'imnt' mâgrya. No no mâgrii.

Gi m'a mâgrii. Nonn-zavan ma^rii.

Gi m^ôh mâgrii

Je me dépitais. Nous nous dépitâmes.

PASSE INDEFINI.

Je me suis dépité.

Nous nous sommes dépités.

PASSE ANTERIEUR.

Je me fus dépité.

Nonn-zôrein , ôri ou ôhein mâgrii. Nous nous fûmes dépités.

FUTUR SIMPLE.

G^imm mâgriret. No no mâgriran.

Gi m'âreu mâgrii. Nonn-zâran mâgrii.

Je me dépiterai. Nous nous dépiterons.

FUTUR COMPOSE.

Je me serai dépité. Nous nous serons dépité.

CONDITIONNE! PRESENT OU FUTUR.

G'imm mâgrireii.

No no mâgrîrî ou mâgrirein.

Je me dépiterais. Nous nous dépiterions.

CONDITIONNEL COMPOSE.

Gi rrCâreti mâgrii. Nonn-zârein ou ôhî mâgrii.

Je me serais ou je me fusse dépité. Nous nous serions ou nous fussions dépités.

Mâgrcic ou mâgrie-iu. niâgrtjan-no.

Dépite -toi. Dépitons -nous.

SUBJONCTIF PRESIiNT OU FUTUR.

Ki g'imm mûgrie ou mâgryah. Que je me dépite.

Ki no no mâgryanss ou mâgryan/i. Que nous nous dépitions.

Ki g'imm mâgryass ou mâgryah. Que je me dépitasse.

Ki no nomâgrya/iîonmâgryahcin. Que nous nous dépitassions.

DU VERBE. XXXI

Kig ni' aie ou k'g'immseuiemâgrii. Que je me sois dépité. Ki no no-zayanss ou seuyanss Que nous nous soyons dépités. tnagrii.

PLUSQTJE-PARFAIT.

K'ig m'ôh OU k'gHmm foîihmâgrii. Que je me fusse dépites.

Ki nônn-zôhi ou ôhein mâgrii. Que nous nous fussions dépités.

INFINITIF rnÉSENT ACTIF.

Si mâgrii. Se dépiter.

PASSÉ.

S' avu OU s' aveur mâgrii. S'être dépité, ée.

PARTICIPE ACTIF.

Si mâgryan. Se dépitant.

PARTICIPE PASSIF.

Mâgrii, mâgryeie. Dépité, dépitée.

FFTUR.

Divan s' mâgrii. Devant se dépiler.

Si 7X1 fii (*). Se réjouir.

INDICATIF PRÉSENT AFFIR^IATIF.

Gimm rafeie. Je me réjouis.

Nonorafyan. Nous nous réjouissons.

(*) Ce Terbe , ou si l'on veut cette locution verbale, elliptique, s'emploie quelque- fois en interjection : l'orfiane l'empreint de ses acceptions relatives ; et nuance jusqu'à ses distinctions. Par g'ùinii rcfeie , etc., nous exprimons toutes les modifi- cations du contentement , du plaisir, et de l'idéale félicité : il suffit d'un bien- être futur pour l'amener ou l'arracher au sentiment vif , impérieux qui nous domine. Dans certaines acceptions les étrangers devraient traduire par une longue phrase , qui ôterait à l'expression sa justesse , son énergie et son originalité. Mais notre g'imni rafeie a donc un pouvoir magique ! Il a mieux que cela ; c'est la nature seule qui parle. A force de l'entendre répéter, l'enfant le redit; et bientôt il attache une idée à ce verbe : on est si heureux quand on s'rafeic !

Notre manière de conjuguer étant à peu près arbitraire , j'ai glissé légèrement sur les verbes que je conjugue. J'ai figuré différemment nos mots contractés , pour ha- bituer les lecteurs à notre langage oral.

XXXII

G^imm rafiif.

No no rafii ou rafyen.

Gi m'a rafii, Nonn-zavan rafii.

Gi m'ôh rafii. Nonn-zârein rafii.

G'imm rafîiet. No no rafîran.

Gi m'âret rafii. Nonn-zâran rafii.

DU VERBE.

IMPARFAIT.

Je me réjouissais. Nous nous réjouissions.

PASSE INDEFINI.

Je me réjouis.

Nous nous réjouîmes.

PASSE ANTERIEtK.

Je me fus réjoui.

Nous nous fûmes réjouis.

FUTUR SI5IPLE.

Je me réjouirai. Nous nous réjouirons.

FUTUR COMPOSE.

Je me serai réjoui. Nous nous serons réjouis.

CONDITIONNEL PRESENT OU FUTUR.

G'imm rafîret.

No no rafîri ou rafîrein.

Je me réjouirais. N<jus nous réjouirions.

COKDITIONNEL COMPOSE.

Gi m'ârcu ou g'imm fouh rafii. Je me serais OMJe me fusse réjoui. A'onn-zôrcin. ou no no fouicin rafii. Nous nous serions ou nous nous fussions réjouis.

Fia fie ou rafeic-tu. Kafyan no.

Réjouis- toi. Réjouissons- nous.

SUBJONCTIF PRÉSENT OU FUTUR.

Ki ginim rafcie.

Ki no no rafianss ou rafyanh.

Que je me réjouisse.

Que nous nous réjouissions.

Ki g'imm raftjass. Que je me réjouisse.

Ki no no rafyahî ou rafyahein. Que nous nous réjouissions.

DU VERBE. XXXIII

PASSÉ.

Kig m'aie rajii. Que je me sois réjoui.

Ki nonn-zâyanss ou âyanh rafii. Que nous nous soyons réjouis.

PLCSQUE-PARFAIT.

Kig nCàh ou k'fimm fouh rafii. Que je me fusse réjoui.

Ki no no-zohi ou ôliein rafii. Que nous nous fussions réjouis.

INFLNITIF PHÉSENT ACTIF.

S'rafii. Se réjouir.

PASSÉ.

S'avu ou s'aveur rafii. S'être réjoui , ie.

PARTICIPE ACTIF.

Si rafyan. Se réjouissant.

PARTICIPE PASSIF.

Bafii, raficie. Réjoui , réjouie.

FUTUR.

Divan s'rafii. Devant se réjouir.

TABLE DES ABRÉVIATIONS C)

abs absolu , absolument.

abus. . . . abusivement.

acccp. part, acception particulière.

adj adjectif, adjectivement.

adv. . . . adverbe, adverbialement.

agric. . . agriculture.

alc/i. . . . alchimie.

a?i(il. . . . analogie.

anat. . . . anatomie.

une . . . . ancien, ancienne.

ant antiquité.

aniiii,. . . animal.

ard ardoisier.

art artificier.

orl artillerie.

ttslrol.Jud astrologie judiciaire. auxiili. . auxiliaire. banq.. . . banquier, banque. barb. . . . barbare, barbarisme.

bij bijoutier, bijouterie.

blanch.. . blanchisseuse. boucfi. . . boucher, boucherie. boul. . . . boulanger, boulangerie. bour. . . . bourrelier. bola. . . . botanique.

botj boyaudier.

brass.. . . brasseur, brasserie. briq. . . . briquetier, briquerie. buch. . . . bûcheron. burl. . . . burlesque.

co'» canon, canonique.

card. . . . cardeur, cardeuse.

car carrière.

carr. . . . carrosse, carrossier.

calho . . . catholique.

chatn. . . chamoiseur, chamoiscrie.

chand. . . chandelier.

chap.. . . chapelier, chapelerie.

char. . . . charron, charronagc.

chau.. . . chaudronnerie.

chim. . . . chimie.

chir, . . . chirurgien, cliirurgic.

chron. . . chronologie.

civ. . . .

. civil.

clou. '. .

. cloutier.

coll.. .

. collectif, collectivement.

comm. .

covip.

. comparaison.

conj. . .

. conjonction.

cord. . .

. cordier.

cordon.

. cordonnerie.

corr. .

, corroyeur.

coul. . .

. coutelier, coutellerie.

coutu. .

. coutume.

critn. . .

. criminel.

crit.. . .

. critique.

de/. . . .

. défini.

des s. . .

. dessein.

dévo. . .

. dévotion.

dicl.. . .

. dictionnaire, dictionnariste

diminu.

. diminutif.

drama..

. dramatique.

drap. . .

. drapier, draperie.

dro

. droit.

tbén. . .

. ébéniste, ébénisterie.

écoles. .

. ecclésiastique.

écono. .

. économie.

ellipt.. .

. elleptique.

épie. . .

. épicier

éptng. .

. épinglier.

équit.. .

. équitation.

escr. . ,

. escrime.

étenl.. .

. éventail liste.

cxag. . .

. exagération.

exctnp. .

. exemple.

expr. . .

. expression.

exien. .

. extension.

fabr. . .

. fabrique.

fam. . .

. familier, familière.

fauc. . .

. fauconnerie.

fém. . .

. féminin.

fhrhl. . .

. ferblantier.

fnj. . . .

. figure, figuré, Cgurémenl.

fd. ...

. «leur, filcric.

fin

. financier, finance.

fond. . .

. fondeur, fonderie.

(*') Les mots wallons sont écrits en toutes lettres

TABLE DES ABREVIATIONS.

XXXV

for. . .

. forge.

fott. .

. fortification.

fourb.

. fourbisseur.

franc.

. français, française.

'fut...

. futur.

gant. .

ganterie.

gratn.

. grammaire.

hist. .

. histoire.

horl. .

. horlogerie.

hort. .

. horticulture.

houil..

. houilleur, houillère

hyd hydraulique.

itnp. . ' ' '

itiipr..

ind.. .

inf...

tnterj.

%nu.- . ironiq. irr. . . jard. . jurisp

imprimerie, improprement,

infinitif.

interjection.

invariable.

inusité.

ironique , ironiquement.

irrégulier.

jardinage.

j ^.. . . jurisprudence.

lapid. . . lapidaire. lut. .... latin.

libr libraire , librairie.

litt littérature.

loc locution.

log logique.

r,i. franc, ual. mot français wallonnis

"H. wal. franc, mot wallon francisé.

mac. . . . maçon , maçonnerie.

mach. . . machiniste , machine.

manuf.. . manufacture.

maréchal, maréchalerie.

mar. . . . marine.

viécan. . . mécanique.

méd. . . , médecine.

?nen. . . . menuisier, menuiserie.

mil militaire.

miner. . . minéralogie.

fnir. . , . miroitier, miroiterie.

monn. . . monnaie.

Mus. . . . musique.

myih.. . . mythologie.

néol. . .

. néologie , néologisme.

2ml. . . .

. palais.

part. . .

. particulièrement.

pas.i. .

. passementier, passementerie.

peint..

. peinture.

pers. .

. personnel, personnelle.

phar. . .

. pharmacie.

phil. .

. philosophie.

phy. .

. physique.

plai. .

. plaisant , plaisamment.

poét. . .

. poétique , poétiquement.

pop. .

. populaire , populairement.

prat. . .

. pratique.

prép. .

. préposition.

procéd.

. procédure.

pro.. .

pronom.

pron. .

. prononcez.

prov. .

. proverbe, proverbialement.

qiiinc.

. quincaillerie.

relig. .

. religion.

rhét. .

. rhétorique.

ritv.. .

. rural , rurale.

sal. . .

. saline.

soi. . .

. science.

sculp.

. sculpteur.

sell. . .

. sellerie.

serr. .

. serrurerie.

sub.. .

. ou s. substantif, substantive

ment.

t

. terme.

tahl. . .

. tabletier , tabletterie.

teint. .

. teinturier , teinturerie.

théol. .

. théologie.

tir. . .

. tireur d'or.

triv.. .

. trivial , triviale.

us. . .

. usité.

V. . . .

. verbe.

vunn..

. vannerie.

Tcrr. .

. verrerie.

vi. m. f

aiiç vieux mot français.

a/, vieux mot wallon.

voy.. .

. voyez.

ical...

. wallon.

wall. .

. . wallonisme.

DICTIONNAIRE

WALLON-FRANÇAIS.

A Liège, et dans plusieurs lieux environnants, notre préposition à n'a pas un son uniforme ; mais ses variations ne sont pas sensi- bles. Dans beaucoup d'endroits son émission diffère peu de la prononciation française. Les Lié- geois prononcent à comme s'il était suivi d'un petit u; ou cou- ronné de l'accent circonflexe. Après mûr examen , j'ai trouvé tin son intermédiaire entre a et au; et je me suis décidé pour la première orthographe : son in- flexion a quelque chose d'eupho- nique dans les villages habités par les bouilleurs et les hotteuses, Voy. Armâj Koufâd.

A, s. m. invariable. Si nous en exceptons les Ethiopiens, a est la première lettre des alphabets chez toutes nations.

^ capitale, ou grande lettre, commence les phrases , les noms propres ; et représente une in- finité de mots, comme lettre abréviative ou typique. On dit grande lettre par opposition à pe- tite lettre ; et majuscule par oppo- sition à minuscule.

Diverses prononciations de a.

A. bref :p/ace, race, tabatière.

Plus bref: faisan/, bienfaisant, ces mots se prononcent : fesatit , bien- ïesant ; je les écris avec l'ortho- graphe figurative.

A soutenu : ba^ev, hasarder, gra- vite. Plusieurs prosodistes , qui voyaient tout en long et en large, ont encapuchonné ces â : baser , etc., patois normand. Dans malade , le premier a est bref; le second sou- tenu ; dans maladresse les a sont brefs, a dans cale est soutenu j le second a dans adage est plus sou- tenu encore.

Sans rejeter la puissance de l'u- sage 5 j'ai remarqué que le heurt d'une consonne forte sur une voyelle , suivie d'une consonne faible , en fait prolonger le son ; et notamment quand ce choc tombe sur a.

k préposition, prend l'accent grave, par disiiuction grammati- cale.— a troisième personne du singulier au pré.<;ent de l'iiidieatif de l'auxiliaire acoir. Je ne trouve aucune distinction proso- dique entre à et a ; Pliera Bruxel- les ; il a voyagé.

À circonflexe a deux inflexions ; elles méritent d'être remarquées : bâtir , bâton , se prononcent avec

()

l'ascendance et la dépression fi- gurée par l'accent: âme y blâme ont la voix latérale; c'est-à-dire, simplement prolongée.

A, A , la prononciation a ^a^ varie ; on écrit Aaron et l'on pro- nonce âron.

Jadis on écrivait aage ; et l'on prononçait âge. Les Idolâtres fesaient des sacrifices à Balaam. Les alchimistes nommaient le plorap aabam : il faut prononcer, hala-amm , a-abamm,

, a deux syllabes : aérien , aé-rien. JE , Vœsale est un insecte coléoptère. œrugineux : pronon- cez ézal , érugineux.

Aï, dissyllabe, vin d'aï : a-i. Il en est de même de Saiil : Sa-ul. Les syllabes se reconnaissent facilement, quand les voyelles sont accentuées.

Ao, a deux voix : aorte, aouier, aouteron : a-orte, a-outer, a-ouleron : cependant août se dit et jamais a-oû.

A, n'a point de son dans ces mots: aoriste, Sâone, taon: oriste, sône, ton.

La rencontre de a , à n'est guère amie de l'oreille; il a à choisir.

A À suivi d'une voix nasale est insupportable : il y a à Ams- terdam de beaux cabinets de ta- bleaux.

Modifications amenées dans le dis- cours par la préposition à.

Pour indiquer la manière d'être et d'agir : Se mettre à l'aise et n^en faire çw'à sa tête; n'est pas se mettre à la gêne, ni se gêner.

Pour le terme on le but : Je n'a- journe mou voyage qu'à huitaine; je ferai quelque séjcur à Liège avant de me iixer à Gand.

Marque la âistanceet l'intervalle : De Verviers à Mons on compte trente lieues de pays, Il change d'avis d'un moment à l'autre , comme un musicien va de l'aigu au grave , et du grave à l'aigu.

Indique, relation, rapport, égalité: La diflPérence du singe à certains individus, n'est pas grande. De prêteur à fripon , il n'y a que la main . Traiter de Turc à Maure, de puissance à puissance.

Fait reconnaître la forme et l'u- sage : Chapeau à claque , montre à répétition; Tiroir à ressorts.

Pour l'événement , la circons- tance : J'étais présent à l'affaire ; à mon aspect il est resté sans voix.

À , complément des verbes tran- sitifs : Regarder à droite et à gau- che.

À, sert à décomposer les verbes pro- nominaux, etc. Elles se sont don- né de beaux meubles. Décom- position : elles ont donné à elles et non pas elles. Elles se sont imaginé d'arriver à l'impossible: elles se sont imaginé à elles... et non pas imaginé elles.

À , s'emploie quelquefois en pléo- nasme devant son régime : C'est mon naturel, à moi, d'être gai. C'est votre naturel, à vous, d'être mélancolique.

À, modifie d'une manière très-éten- due les locutions adverbiales , ellip- tiques, etc. : Parler à tort et à tra- vers; porter à bras; à coups de pieds à coups de poings ; soupe au lard ; œufs à la crème ; à toi ; à moi; tour-à-tour; à ton tourj au mien ; à votre santé ; à la vôtre.

À, élidéen tète d'une suscription, lui donne une couleur intcrroga- iiie: Monsieur Maurice àLouvftiu :

Les diclionnaristes qui se rejet- tent sur l'usage, autorisent sans le savoir, un très-mauvais usage. A monsieur.... est déjà une ellipse, qui signifie : Ze/fre que j'adresse à monsieur.... ou Lettre adressée à monsieur... Quand les Parisiens nous envoient leurs prospectus , passablement prolixes, nous n'a- vons que deux noms au bas j et ils pourraient être pris pou'r la si- gnature de l'auteur; c'est comme si l'on écrivait -.Maurice Louvain : ces marchands d'esprit sont avares À diable, d'une pauvre petite pré- position (*).

À , marque la louange , la recon~ naissance :G\o\ve à Dieu. Gloire aux 600 Franchimoutois , qui se sont dévoués à la mort pour sau- ver la PATBIE.

Sert À marquer la haine , la révolte du cœur , la honte : Ana- thème à l'odieux Bourguignon(**), à Louis XI j haine aux perfides ; honte aux apostats.

Marque consécration , dédicace : À Grétry 3 À mes compatriotes. Sous-entendu: Aux mânes de Grétry ; et sur un monument : À la mémoire de Grétry. À mes compatriotes. Dédicace à mes com- patriotes.

À , marque en présence : À sa barbe , à son nez , face-a-face.

Dans le vieux langage français À s'employait dans le sens de : avec, en, par , sur, vers , au-devant : se battre à quelqu'un : se balti'e avec quelqu'un. Voir à ce lieu : voir en ce lieu même. Le faire dire à une personne : le faire dire

(*) On pourrait faire un volume de ces sortes de locutions , qui servirait à pas

('*) Chuîles-le Uardi, ouïe Téméraire ?

par une personne. Oser mettre la main à son père : oser mettre la main sur sou père; le frapper. Aller à son ami : avancer vers son ami; aller au-devant de son ami. Les Wallons ont déjà vu que ce vieux langage français, n'est que notre tvallon francisé.

À, se contracte pour signifier à le: au père, au héros: à le père, à le héros.

A désignatif oit figuré d'un signe : Dans la philosophie allemande , a désigne l'absolu et la formule; il est l'expression de l'identité absolue. En chimie il signifie souvent azote ; en minéralogie aluminium. En géométrie il indi- que l'une des parties d'une figure qui sert à quelque démonstration. Désigne une proposition générale affirmative. En terme d'imprime- rie , il indiquait les premières feuilles d'un volume. a, terme de musique.

A, barré à sa pointe, indique le côté gauche; et surmonté d'une barre, les deux côtés: se dit des alignements.

Abréviations par A, a.

A, altesse, alto. A. S-, Altesse Sérénissime.

Chez les Romains , surmonté d'une barre: 5000. Non barré: 500.

Dans les coupes de bois: aligne- ment.

Pour le nettoiement des rues : abonnement.

A. A. A. dans les grandes cités en France , indique «fto««e»jeH^ au balayage du devant de la maison, ou un alignement Tpro'^elé.

A sur l'anse d'un vaisseau, marque assurance , assuré.

A. G. assurance générale.

A. M. assurance mutuelle .

A. CL. assurée contre r incendie. Termes de commerce.

A. accepté.

A. P. à protester.

A. S. P. accepté sous protêt.

A. S. P. C. accepté sous protêt pour compte.

A , terme d'antiquité.

Au reversées médailles : Argos. Sur les médailles des empereurs Romains, Atiguste. A. A. les deux Augustes. A. A. A les trois Augustes. Sur les maunaies de France , A désigne Paris. A figure symbolique en Egypte. La première des dix lettres nundi- nales ou salutaires chez les Ro- mains.

jDans le calendrier Julien , A est la première lettre dominicale. Indique Dimanche Aa.ns\es calen- driers paroissiens, et dans les livres d'office de l'ancien rituel.

A, Taut un dans les alphabets numériques.

Dans les ordonnances des mé- decins, «.«. signifie quantité égale: a. a. ona.a.a. signifie ama/^aHte ou amalgames.

A , A , rivière de France qui se jette dans le Pas-de-Calais , au- dessous de Gravelines. Nom de quelques autres rivières.

A , nom du poinçon celte lettre est gravée. a, instrument de sellier, pour tendre les sangles, de l'inA'ention de monsieur Dusau- soit père, sellier à Liège. A mi, valet ! volet sial : prein fbaston : A moi, mon garçon ! prend ton bâton 3 ton gourdin : les voici, ils arrivent. xl'aitc! a Vaiiv! l'ovreu broûl: À l'eau! à l'eau .' l'a- telier est en feu. à moudrcu! d

moudreu ! k l'assassin ! à l'assassin ! A z'arrri' : Aux armes ! Avoss- tâh; niv gêvé nein: À votre aise; ne vous gênez point. à ro: Je bois à votre santé, ou à votre san- té.— Naguère encore, nous pré- sentions notre verre de bière ou de liqueur, à un autre, en disant à vo : et celui qui recevait cette marque de bienveillance, s'em- pressait de la rendre; il eut été d'une monstrueuse impolitesse de la refuser.

A , s. m. Ail , espèce d'oignon à saveur forte , composé de plu- sieurs gousses réunies , et recou- vertes par une épaisse pellicule

Caucafon, ail des Indes Cive ou

civette, ail d'un goût très-relevé. Rocambole , ail moins fort que les précédents. Echalote d^ Es- pagne, t. de jard. Kieu, ail delà Chine. Ail sauvage, etc. Les Egyptiens , qui ont divinisé le pet ( crepilus ) , adoraient l'ail : mais les Grecs interdisaient l'entrée du temple de la mère des dieux , à ceux qui exhalaient le fumet de ce légume :cepcndautilsn'ctaient guère difficiles en divinités. Peut-on pluraliser ail ? Charles Nodier se prononce pour la néga- tive: l'Académie continue d'é- crire aulx; Gattel donne ans, Boiste aux ; et les botanistes écri- vent a//*; cette dernière orthogra- phe me paraît la plus raison- nable. — Puf! ti flair l'a d'inn dimaiecttr : Pouah ! tu sens l'ail à pleine bouche. Ti sein ôpô l'a : lu as Todeur alliacée. Sop a za : liourdine, soupe à l'ail et au beurre, Voy. Pet.

À, E^ âd'foûctûd\-ain:ï.n de- hors et en dedans. Accept. part.

A ! AH ! inlcrj. , marque la joie ,

l'admiration, l'amour, la dou- leur, etc. Al k'set bai: Ah! que c'est beau : ah ! que c'est char- mant. — Admirable. Le fré- quent emploi des inleijectlons dénotCj une niaise afféterie.

 , HA, interj., marque l'éton- nement: A! voit la rivnou; ginn t'aleindév puss. Ha ! te \oilà de retour ; je ne t'attendais plus j Je désespérais de te revoir.

 !  ! , interj. Hale ! Hale! cris des bateliers, etc., pour faire arrêter les haleurs^ et leschevaux qui remorquent les bateaux, etc. Al al Vkoid va rompt Hale ! hale! le hale à bord ; la cordelle va se rompre. Voy. Tiré.

ÂB,s. m. Arbre, arbrisseau , sous- arbrisseau , arbuste , arbuscule. Ces plantes sont boiseuseset ligneuses. Beaucoup d'arbres, etc., se dis- tinguent par un complément dé- terrainatif : Arbre de Judée ; Arbre à fruit , etc. V arbre , pro- prement dit, a sa tige épaisse, élevée et nue à sa base : L'arbris- seau se divise en rameaux dès son pied. On dit sons-arbrisseau de toute plante ligneuse dont les branchesnenaissentpointde bou- tons formés l'année précédente. L'arbuste est un petit sous-arbris- seau ; et Varbuscuh un petit ar- buste. — Voy. Basset. Siteind inn âb : Allonger un arbre , lui donner par la taille , plus ou moins de longueur, etc. A resté n'âb : Ariéter un arbre ; se dit quand l'arbre est trop fougueux: Stofé inâb : Étouffer un arbre, lui laisser trop de branches. Dispomj 11' âb : Dépouiller un arbre, lui ôter son feuillage ou son fruit. Arèsté Vsimvi d'inn âb : Amuser la sève d'un arbre,

l'amener à une végétalion mo- dérée, et égale partout, en lais- sant aux branches trop fortes plus de bois et de bourgeons qu'à l'or- dinaire.— Léij markè li'âb : Lais- ser marquer un arbre ; lui laisser assez de bois pour que l'on puisse distinguer son espèce. âb fran: Arbre franc , qui porte du fruit doux sans avoir été greffé ; se dit par opposition à sauvageon. âb a bog : Arhre de hautes tiges.

âb a ba bog : Arbre de basses tiges. Emakralé âb : Arbre ra- bougri.— Baigeôn' ûb:Yi\ardean, arbre jeune et droit. âbâfrév: Arbousier, arbrisseau du midi de l'Europe qui porte un fruit très- doux et semblable à la fraise. --- âb di famii: Arbre généalogique, d'où l'on voit sortir , comme de sou tronc , diverses branches de parenté, etc. âb del liberté: Ar- bre de la Liberté, emblème de la Liberté. Rosni : arbre commu- nal que Sully fit planter dans chaque village. âb di machinn : Arbre ou poinçon vertical , sur lequel tourne une machine, un

tour , etc âb di molein à Vaiw ,

à icapeur, di press, di monlt, etc. : Arbre de moulin à l'eau, à vapeur, de presse, do montre, etc. âb komm terass : Très-vieil arbre j

arbre séculaire. En t. de Kylh. on donne le nom appelatif arbres,aux corps d'hommes onde femmes, dont les bras s^élèvenl en forme de branches d'arbres : Phi- lemona été métamor[)hosé en chê- ne et liauci, sa femme, en tilleul.

Aea ! sorte d'interj. ellipt. qui exprime le dépit, le doute, l'im- patience. Aba : Laissez-moi, c'est un conte que vous me fi\ilesj en voilà assez comme cela, vous m'im-

6

porlunez. j4ba ! i dêvaie. Bah ! il misérable. Gi nî'ahahret. Nonn^ rêve j il déraisonne. zabahrain : Je m'abaisserai , nous

Abageow , s. Abajove. Voy. Ba- nous abaisserons. Kiy rn'ahahah; hageow. kinono-zabahahein.Qae'je m'abais-

Abagué, V. Emménager , mettre sasse. Que nous nous abaissassions. des meubles en place, après les Abaisser. Apaiser, y. va.. ïvanc. avoir transportés d'une maison Se baisser j se rabaisser , se ra- dans une autre : s'oppose à dé- taler, s'humilier , s'avilir, se dé- ménager, grader. Fig. se baisser , c'est se

Abaqceg , s. Emménagement , ac- rapetisser soi-même tion de transporter, déranger, Se rabaisser, c'est descendre des meubles dans une maison , au-dessous de ce que l'on est, ou un local , qu'on va occuper : s'op- de ce que l'on devrait être. Se pose à déménagement. ravaler , c'est descendre au-des-

Abaheg , s. Abaissement, action sous de ce que l'on vaut, ou de d'abaisser, de s'abaisser et résul- ce que l'on devrait valoir. S'hu- tat de ces actions. Fig. dimi- milier , devant la créature , c'est nution,aflFaiblissement, humilia- faire divorce avec sa propre di- tion. gnité. S'avilir , c'est monter l'é-

Abaissement y bassesse, kutni- chelle de la dégradation. Le liation : faible se baisse devant le fort. En

Quand abaissement n'est pas se débattant pour s'élever, le petit considéré comme un t. de reli- se rabaisse encore. Pour se des- gion , il se prend presque tou- siner en relief le bel esprit se jours en mauvaise part : une âme ra ra/e jusqu'au pauvre d'esprit, noble voit rabaissement avec de- Sans mesurer sa bassesse, l'hypo- goùt. La bassesse est nauséabonde, crite s'humilie en plein soleil. Que elle soulève le cœur. L'humilia- doit-on attendre de l'homme qui tion se place entre l'abaissement «'at-îV/f.^ L'opprobre. Que rcste-t-il et la Z>asses*e; mais dans certains de l'homme qui se dégrade? TJn cas, comme le renard figure entre cadavre.— Les Liégeois disentsou- l'agneau et l'hyène. \enl si bahiipovir s'abaisser Voy.

Abahi , V. Bécliver, pencher, Sahi. Babahî. Bibahî. Ageuni. s'abaisser insensiblement. Li Abaie, s. Abbaye. Voy. Abéy. solo s'abah poss kouki. Le soleil Abaiss , s. Griotte , cerise à déclive à son couchant. Voy. courte queue, grosse et noirâtre , Dihaindaie. Avachi. plus douce que toutes les autres.

Abaisser , incliner : On dit souvent cuisse, au lieu de

Les ouragans font à peine 7 h- queue, cliner la cime du chèue orgueil- Abai.ow. Biess-â-balow . Balow, leux : tel est le superbe, que Dieu §. f. Hanneton , insecte coléoptè- abaisse quelquefois. Voy. Bohi. ye {*) d'un rouge brun, i[u\ a des

Abahi (s) se Baisser. Komm ii ;

i'abah, mâhonteu! t'inn seret mâie .p Çoléoptère , .nsectc q"' » q";;;^ ,,,,'. ^ . , , . ailes: les supérieures sont solides, toi -

kopla pt : Comme lu le haïsses, ^^^^ ,,4 recouvrent les inférieures; qui lâche ! lu ne seras jamais qu'un sont légères. Voy, Watt.

ABA

Antennes {*), courtes, frangées à leur extrémité ; et qui se montre au printemps. G'ean, n'ziran hossi le z'âbaloiv: Allons lianne- tcnner, secouer les arbres pour en faire tomber les hannetons. Sih ôbaloto ponn aidan: Achetez six hannetons pour un liard.

Abandivaie , s. f. Abandonnée , perdue de libertinage.

Abandonnée , dévergondée :

Ij^ abandonnée vit dans un exces- sif libertinage , sans faire parade de son abjection ; mais la déver- groric^ee affiche son impudicité avec une cinique ostentation. Yoy. Mamaie.

Abandné, s. Abandonné , perdu de libertinage. Emporté.

Emporté, exalté, furibond, fu- rieux:

L'exaltérexèi les objets des cou- leurs de son imagination ; il est enthousiaste. L'emporté se laisse entraîner par sa passion ; il n'est pas avare d'injures. Le furibond est fougueux ; il ne sait se com- mandenLe/Mr/ej/a: est redou table j il faut le fuir dans ses accès.

Abandné , t. pass. Abandonné , délaissé, etc. Abandné de bon Diu et del ter : Abandonné de Dieu et des hommes. —Abandné de méd- .sein : Abandonné des médecins ; des chirurgiens ; de la Faculté. /ibandonn ti pat, onn n'veuno lu : Abandonne ton pays, c'est un désert. Il a abandné «' chestai , pass k'il esteu to k^feindou : 11 a abandonné son château, parce

(*) Antennes , filainens mobiles et ar- ticulés, que les insectes portent à la tête (et non sur la tête) : les uns les considè- rent comme l'organe de l'ouie ; les autres comme le principal organe du tact, etc., le tact de l'hanneton !...

que les murs en étaient partout lézardés; parce que l'édifice menaçait ruine.

Abandné , v. Abandonner, quit- ter, délaisser, se dessaisir, etc. Abandné n'veie â pi/eg : Abandon- ner une ville au pillage; en permettre le sac.

Abandonner, délaisser, quitter, ajourner :

On abandonne ce qui devient inutile; on délaisse sans pitié; on quitte \jo\xv un temps; on ajourne avec Tinlention de recommencer. Le mari infidèle abandonne sa femme par satiété : un père sans entiailles(fé/ame ses enfants : deux époux se quittent de com- mun accord : les paresseux a~ journent trop souvent leurs tra- vaux.

Abandneg , s. Abandon , élat d'une personne ou d'une chose abandonnée. Résignation, ac- tion de résigner, de se résigner.

Abandon , cession , résigna- tion :

Un débiteur fera Vabandon de l'une de ses maisons; un failli la cession de ses biens; un père rési- gnera son office en faveur de son fils.

Abandonnmain , s. Abandonne- MENT, action d'abandonner.

Abayidonnement , délaissement: Nous fesons f abandonnement de notre part dans une succession ; et le délaissement d'un héritage. Abandonnement , démission , abdication , renonciation , désis- tement :

V abandonnement se fait aveo ou sans réserve. La démission est quelquefois commandée. L'abdi- cation est souvent la suite d'une

8 ABA.

position spéciale. La renoncia- iio» suppose le désintéressement. Le désistement est écrit ou ver- bal.

^bandonnement , délaissement dénitment :

Dans T abandonnement nous manquons du nécessaire ; dans le délaissement nous -somines privés de tout secours; dans le dénûment il ne nous reste rien !..

abandonnement , défection :

L^ abandonnement précède la défection. Jadis les méchants, les despotes ne devaient craindre V abandonnement que dans l'in- fortune ; aujourd'hui les mauvais rois doivent craindre les défec- tions. — Ces termes se disent jiaiticulièicment des sujets qui abandonnent leurs princes; et des troupes qui abandonnent leurs généraux.

Abaromv , s. Étendard , enseigne de la cavalerie, désignait autre- fois sur les galères, ce que nous appelons pavillon. Bannière , enseigne qu'un seigneur de fief portaità la guerre, etsouslaquelle se rangeaient ses vassaux ; sorte d'étendard ([ue l'on porte aux pro- cessions ; et qui sert souvent à dé- signer une ])aroi?se, une confré- rie, etc. Oriflamme, étendard que les anciens rois de France fe- saient porter devant eux, (juand ils allaientà la guerre. blammc , banderole longue et étroite , qui vaen diininuantjusqu'àson extré- mité.— Pennon, sorte de ban- nière ou d'étendard à longue queue qu'un chevalier, ayantsous lui vingt hommes d'armes, était en droit de porter. Cantabre , enseigne, étendard chez les an-

ABA

ciens Romains. Banderole, petit élendardqui sert d'ornement. Guidon , banderole plus large et plus courte que la flamjne; et qui sert à faire des signaux. Pavil- lon , bannière ou étendard carré et long, dont le principal tisage est de faire connaître à quelle na- tion appartient le bâtiment de mer qu'il décore ; il se place au mat de derrière; mais sur d'autres mats, il indique le rang de l'a- miral , du contre-amiral , etc. , qui a le commandement en chef d'une année navale , d'une esca- dre, etc Tovg, demi-pique au

bout de laquelle est attachée une queue de cheval avec un bouton d'or; il se porte en manière d'é- tendard, devant les pachas à deux ou trois queues ; et devant les sangiacs ou gouverneurs ; on dit aussi sangiac pour totig Caro- cimn , étendard que les anciens habitants de la Lombardie pla- çaient sur un char attelé de bœufs. Labarum, l'étendard impérial sur lequel Constantin fit placer une croix et le monogramme de J.-C. Étendard de Mahomet , celte oriflamme est de soie verte; le chef des émirs le porte à la guerre; les seuls descendants de Klahomet ont le droit de le tou- cher : malheur à lin fidèle qui ose le profaner par un regard. Comme tout le monde le sait, sous l'égiclc de l'étendard du prophôle , les armées turques sont toujours vic- torieuses... Si l'on s'en rapportait à ce que nous en disent aujour- d'hui certains Musulmans , la sainte rclicjue moderne, pourrait bien être de contrebande: vont se fourrer les mécréans ! Voy. Drapô,

ABA

9

Abastardi, V. Abâtardir, faire déchoir de son état naturel.

Alatardir, dégénérer, rabougrir: Les végétaux trop fougueux dégénèrent avant de s'abâtardir et de se rabougrir. Manquez de soin, ils dégénèrent; trans- portez-les d'un bon terrain dans un mauvais, ils s'abâtardissent; portez l'incurie trop loin , ils se rabougrissent. JNos Buffoîis nous apprenaient que les humains étaient abâtardis ; les végétaux en dégénérescence. Voici venir des marmousets du poids de 70 à 80 kil. , grands comme père et mère. Ne voilà-t-il pas des pom- mes-de-lerre de 20 livres, de na- vets monstres et de carottes her- culéennes. — Voy. Basiârdé , Emahralé.

Abastardihmao , s. Abâtardisse- ment , dégénérescence. L'abâ- tardissement est précédé par la dégénérescence, Le mot. wal. n'est guère usité. Yoy. ci- dessus.

Abateg, s. Abat , action d'abat- tre.— Le mot wal. est peu usité. Abateg , s. Abattoir ( jamais abattage), bâtiment l'on abat les bestiaux destinés à la bouche- rie. — Vabateg di Lîg est bein metoupolhaitislé, maiilest trop'ti. L'abattoir de Liège est convena- blement placé , quant à la salu- brité, mais il est trop petit j trop circonscrit.

Abatîiaijî, s. Abatteîient, affai- blissement , diminution de force, d'énergie.

Abattement, prostration, ady- namie :

L'abattement est la suite d'une maladie , d'un revers de fortune , etc . La prostration est un aiîaiblis-

sement cause par un extrême abattement ; Vadynamie est plus caractérisée , elle se reconnait à la flaccidité des chairs (*) , à la difficulté ou à l'impossibilité du mouvement ; à l'affaiblissement ou à l'absence des sensations.

Abattement , tristesse, accable- ment, découragement , consterna- tion ; anéantissement :

L'accablement est jdus absolu que l'abattement. La tristesse est un sentiment pénible permanent ou accidentel. On est découragé quand on a vidé la coupe da vaalhenr, consterné qunnd on reste sans voix , anéanti quand on reste sans mouvement. Les âmes fai- bles se découragent facilement; la consternation est un cauchemar moral ; Y anéantissement est un état qui n'est ni la mort ni la vie. Voy. Aflâui.

Abattement, faiblesse, débilité: Fa/fe/csse signifie un manque de force et de vigueur; débilité nue grande faiblesse; abattement une extrême débilité. Voy. plus bas. Abatoi , s. Appentis, demi- comble en manière d'auventavec un seul égout, appuyé contre une muraille; et soutenu en avant par des piliers ou des poteaux. L' auvent e&i un petit toit en saillie, ordinairement attaché au-dessus des boutiques, pour garantir de la pluie. On dit quelquefois abatou pour abat-vetif. Voy. Tentai.

Abatou, t. pass. Abattu, sans force , etc.

Abattu , affaisé : L'homme abattu manque d'é- nergie , l'homme affaisé n'a ni

(*) Flaccidité, état de ce qui est mou , flasque, t. de méd.

10 ABA

ressort ni activité. On est abattu après un fort accès de fièvre ; et affaisé par le poids des années.

Jbattu , triste :

Les plaisants disent : abattu comme une pouille mouillée ; et triste qomme iin bonnet de nuit.

Voy. triss.

Abatt , V. Abattre, mettre à bas, faire tomber, etc.

abattre, renverser, démolir _, ruiner^ détruire:

On abat ce qui était élevé; on renverse ce qui était debout ou sur pied; on démolit en enlevant pièce à pièce ; on rtiine en dé- vastant; on détruit en ne laissant que des vestiges. Les proprié- taires font abattre leurs maisons, etc. ; les gouvernements font dé- molir les édifices publics; ren- verser les murailles d'une ville de guerre : la soldatesque ruine ; les bgrdes barbares détruisent.

Y.Dislrtir. Riviersé.

AcATT, V. Abattre, affaiblir, dé- biliter.

La diète, un régime mal-en- tendu, une mauvaise nourriture, affaiblit: les médecins débilitent souvent lesraalados: l'eau chaude débilite l'estomac. Enlever la ca- raracte par abaissement , c'est Vabattre.

Abatt , V. Désarborer , abattre des mats, un pavillon, etc. Voy. Kleinchî. Kopé. Triktrak.

Abattre du bois, couper du bois:

On abat des arbres dans une forêt; on coupe du bois pour brûler ; souvent on dit par extension couper pour scier.

a b c, s., petit livret à l'usage des enfants.

ABC, u4bécédaire.

L'a b c , est rintroduclion à

ABE

Vabécêdaire : dans Va b c les en- fants apprennent l'alphabet ; dans Vabécêdaire ils apprennent à syl- laber et à épeler. Nous pour- rions dire à certains professeurs , qu'ils ne sont qu'à l'a Z> c de la science qu'ils enseignent ; mais nous ne dirons pas avec les dict. ignorance abécédaire pour complète ignorance; cette locution est Va b c des phrases d'exemples. Voy. Kreuhett.

Abé, s. Abbé, celui qui possède un abbaye ; tout homme qui porte un habit ecclésiastique. Voy, yibey.

Abeie, adj. Dilige:vt, qui se dé- pêche, qui fait, ou va vite. // css tossi (*) abeie afén' sakoi , kiss fré et longeain : Il est aussi expé- ditif , aussi prompt , à faire quel- que chose que son frère est lam- bin (**). Abeie: Vile, dépcchcz- vous.— Pmss abeie ki soula : Plus vite que cela. Abeie, abeie :\île, vite; allons donc; avancercz-vous; marchez donc. Essti abeie ! Boult ti d' Vovreg erôie ! Est-il diligent ! Expédie-t-il de l'ou- vrage ! a r abeie. Faire en hâte ; avec hâte ; à la hâte ; avec pré- cipitation; trop vite; trop préci- pitamment.

Diligent , expéditif , prompt , actif, rite j dextre :

Celui qui est diligent est mati- nal , assidu à sa besogne ; celui qui est expéditif expédie beau- coup d'ouvrage ; celui qui est prompt travaille avec célérité ,

(*) // ess iosii. Il est aussi , le ^ de est traduit par e«s, est transporté à ossi pour la liaison ; il en sera toujours de même.

(**) Lambin est un t. fam. , soit ; mais il comprend indolence , nonchalance et lenteur.

ABE

il

proniplitiitle ; celui qui est actif se meut avec vitesse ; celui qui écrit vite a l'imagination ordi- nairement vive, et beaucoup de dextérité dans les doigts, Dili- gent s'oppose à paresseux ; expé- ditifk ]enl; prompt à pesant ; actif à négligent; vite à lourd ; dextre à maladroit. Voy. Longeain» agissant, laborieux : L'homme agissant se donne du mouvement ; l'homme laborieux est grand travailleur. Voy. Dihonbré.

Fite, tôt , promptement : Commençons tôt , travaillons vite , et nous finirons , ou nous achèverons promptement. Tôt "vieillit ; vite ne se dit guère que du cheval. Voy. Longeainn— main. Abeie ne se dit pas dans le sens d'habile , capable. Voy. Bon. Kapâb,

Abeiemein, s. Habillement. Voy. Hâr , Mousseur.

Abeiemain , adv. Habilement , adroitement, avec adresse: acti- vement, avec activité: diligem- ment, avec diligence; vitement , avec vitesse : dextrement , avec dextérité: prestement, avec pres- tesse. Les dict. marquent ce der- nier mot du signe vi.; on ne saurait le remplacer dans son acception. yoj.Abcie, Agett, Agett-main. Abeiesité. Abeiesuté, s. Diligence, prompte , exécution.

Diligence, promptitude, célérité , vitesse , accélération :

L'action de diligcnler com})rend celle de se hâter , de se presser. La promptitude éloigne louleidée d'ajournement. La célérité ne sup- pose ni retard , ni interruption. La vitesse comprend la prompti- tude, l'acliviléj et V accélérât ion ,

un redoublement de vitesse. Voulons— nous être mené ron- dement, nous prenons la dili- gence. Voulons -nous plus de promptitude , nous prenons un célérifère. Voulons -nous redou- bler en accélération , nous prenons la route de fer. Voy. Agett,

Abeimm , s. Abîme , précipice ; perte. C^est-tin' abeimm , Vdial ni k'nohreu rein : C'est un abîme, le diable ne saurait rien y com- prendre; — c'est un dédale, le diable ne saurait rien y conce- voir ; c'est une chose impos- sible à débrouiller ; à saisir. Tourné d'vain Vabeimm: Tomber dans un gouffre, dans un préci- pice; se dit au prop. et au lig. Voy. Gof. Tro. Agolina.

ABi;ss, s. Abbesse, supérieure d'un monastère de filles, qui a le droit de porter la crosse, ou bâton pastoral. Quelques Wallons di- sent mer abèss pour directrice d'une maison de prostitution; ce t. est de mauvais lieu et de mauvaise compagnie,

AbelKjS. Boire, ce qu'on boit à ses repas. Vabeur et Vmagnhon : Le boire et le manger. Vabeur di fouhai : Le boire de l'oiseau : peu us.

Abey , s. Abbate , monastère d'hommes , qui a un abbé pour supérieur ; monastère de filles dirigé par une abbesse. Abbaye , monastère : L'abbaye me paraît être d'un ordre plus relevé que le monas- tère : on a dit abbaye royal et monastère se disait sans cette qua- lification. Les récollets , les ca- pucins , se sont intitulés moines à la vérité : mais les rois don-

12 ABI

liaient des abbayes et n'ont jamais nommé de pères gardiens.

AbIjS. Habit, chez les hommes ce qui couvre le corps et dégage les cuisses. Chez les femmes , ce qui couvre la poitrine, les bras, etc. ^bi d'vî wari : Habit de friperie , acheté chez un fripier.

Abi d'gallâ : Habit de gala de grandes fêtes ; de cérémonie. ./4vu ti'abi tro liatl : Avoir un ha- l)it trop juste , trop étroit; trop écourté. Preind Vabi : Prendre l'habit, se dit des relif^ieux , des religieiises. Geté Vabi sol haie : jeter le froc aux orties j se dé- cloilrer,se défroquer. Dlelt se zabididîmeignn : S'endimancher.

Mett inn abi supoirté : Mettre lin habit propre; peu usé. Kan- d'obi : Apostasier, abandonner une doctrine; un parti ; répudier ses principes , ses opinions.

Habit, vêtement, costume :

On dit habit d'été, un bel ha- bit, un habit riche; des vêtements d'automne , d'hiver ; le costume d'un sénateur , d'un peuple. ,Voy. Moiissenr.

lUettre son habit, passer un habit, mettre un habit :

Mettre son habit suppose qu'on n'en a qu'un : Passer tin habit n'éveille aucune idée de préfé- rence : Mettre un habit suppose le choix. On viet son habit pour sortir ; on j^asse un habit à la hâte; on met un habit par déférence.

Abiesti , v. Abêtir, rendre bêle.

Voy. Rabiesti.

Abu (s')^ S'habiller, se vêtir.

S'habiller , se vêtir, faire sa toi- lette , se costumer :

On s' habille à la nouvelle, à la vieille mode; on se vêt légèrement, chaudement ; on fait sa toilette

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en soignant sa mise ; on se cas' tume pour aller au bal ; pour paraître en scène. Le petit- maitre s'' habille au goût du jour, le dandy s'habille au goût du mo- ment ; le bourgeois se vêt selon la saison , le paysan se vêt pour être couvert ; la nature fait la toilette d'une jolie femme , l'art fait la toilette d'une coquette surannée; le costume ne fait pas le comédien, et fait quelquefois tout le fonc- tionnaire. — Voy. Moussî.

Abu, V. E?.HAR?JACHER, mettre les harnais à un cheval. Fig. Fott la droldimain abii. Te voilà singulièrement enharnaché ; tu as un plaisant accoutrement. Voy. Agadlé.

Abîman , Souillant : Peu usité. Voy. Abîmé.

Abîmé , v, RcmER , causer la perte du bien , de la fortune. Le bankrott ron-tabîmé (*) : Les faillites, les banqueroutes, l'ont ruiné. Je ne dirai j)oint abîmer dans le sens de ruiner.

AbÎjiÉjV. Salir, se salir, se cro/fer. Uoûb te deu, fabîmtn ti noret: Essuie tes doigts, tu salis ton mou- choir. — Siss mazett la s'abîmm komm ô poiirsai Ce morveu se crotte comme un barbet. Jamais comme un cochon. Je' ne dirai point abîmé pour salir.

Aeion , s. Ombre , se dit de l'obscurité de tout corps opaque, qui intercepte la lumière. Fig. prendre l'ombre jiour le corps; prendre l'apparence pour la réa-

(*) L'on-tabimé. Le t de on est trans- porté au mot suivant j pour rester fidèle à notre prononciation il en sera toujours ainsi des autres consonnes.

ABI

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lité. Courir après une ombre 5 se livrer à une fausse apparence, à un espoir chimérique. Il a sognn di s'âbion : II a peur de son ombre. Inn dimeiir diss koir ki s'âbion : Il ne reste de lui que son ombre. ^ Dans le style élevé, nous disons onh, ombre. Te raizon n'oit nein Vonb di bon sein : Tes raisonnements n'ont pas l'ombre du sens commun. On dit om- brage de la réunion des branches et des feuilles.

Ombre , ombrage :

L'ombre est plus obscure que Vombrage. On erre dans les ombres de la nuit: on se promène sous l'ombrage. C'est à l'ombre de la terre que nous devons les éclipses de la lune: c'est par l'om- brage que nous évitons l'ardeur du soleil.

Abitas , s. Habit AivT, celui, celle qui fait sa demeure en quel- que lieu. Le m. franc, est wall.— Voy. Pay.

Abité , V. Habiter , faire sa de- meure , son séjour ; habiter tem- porairement.— Voy. Dimoré. Ha- bité, Hanté,

Abitcd, s. Habitude, disposition acquise par des actes réitérés ) connaissance, accès, fréquenta- tion ordinaire; pechi d'âbitud: Péché d'habitude ; péché habi- tuel. Je ne dirai pas avoir des ha- bitudes arec quelqu'un, en quelque lieu, etc. Voy. les dict. Voy. Kosteutnm. Munir.

Abiti-wé, V. Habituer, accoutu- mer^ faire prendre, faire conlrac- ier l'habitude. 'So\ .Jkoustumé.

Ablâmé, V. Blâmer. Yoy. Blâmé.

Ablett, s. Able, poisson dont les écailles servent à faire l'es-

sence d'Orient, employée à la fabrication des fausses perles. Voy. Gog.

Ablo , Ablon. s. Etai, pièce de bois dont on se sert pour soutenir ou appuyer quelque construction qui menace ruine, ou que l'on reprend sous œuvre. Etançon, grosse pièce debois qu'on met sous des terres minées pour les sou- tenir ; ou qu'on met sous un mur.

Abloik^é , V. Boucler , mettre une boucle; serrer avec une boucle.

Aboir , V. Abord, lieu les navires peuvent mouiller. Dans le sens d'accoster : abord gracieux , facile , rude , froid , etc. Le mot. wal. est peu usité. Voy. Areini.

Aeoirdé, V. Aborder , arriver à bord, prendre bord (*). —Rap- procher joindre. Accoster quel- qu'un dans la rue. Je ne dirai point i ily a eu un grand abord de monde; on ne saîiraif aborder la salle de spectacle, la foule se presse pour entrer: mais je dirai : il y a une grande affluence de monde ; on ne saurait arriver jus- qu'à la salle de spectacle, etc. Voy. Areini, Abor.

Aboirdeg, s. Abordage, action d'aborder un vaisseau; de l'ac- crocher en jetant des grappins, des crocs à un autre vaisseau, pour en venir à l'abordage. Action d'accoster quelqu'un : le mot wal. est peu usité. Les ma- rins disent aramber un bâtiment. Voy. Akrochî.

Aboissé, V. CoMBUGER, remplir,

(*) Bord , le côté d'un bâtiment de mer.

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d'eau; des futailles pour les imbi- ber avant que de les employer. jissainir , rendre sain , salubre , faire ébouillir un vase de capacité, soit en fer, soit en terre cuite, etc., avant de s'en servir. Jf- friter , faire fondre un corps gras , dans une poêle neuve, avant que d'y frire quelque c^ose.— A viner , imbiber de vin. Echauder , laver avec de l'eau bouillante. Voy. Hôdé.

ÂBOL, s. Obole, ancienne petite monnaie de cuivre, qui valait la moitié d'un denier tournois. Petite monnaie d'Atbènes , qui ■valait la moitié d'un drachme. Voy. Dosso. Geie.

Aboli , v. Abolir , mettre hors d'usage.

yiholir , abroger , invalider j an- nuler, infirmer, rétoquer :

La désuétude peut ahulir la coutume; mais les lois ne de- vraient s'abroger qu'en les rap- portant. On invalide un testa- ment par un second. On anmile un acte en le déclarant comme non-avenu. On infirme des actes législatifs et des jugements pro- noncés par des juges subalternes. On révoque un ordre, une do- nation.— Les lois et les édits, sur les duels, se sont abolis, par dé- suétude. Une loi injuste s'abroge quelquefois d'elle-même. Sou- vent on donne des mauvaises raisons pour invalider un acte valide; pour annuler une procé- dure ; infirmer une sentence. Quand les captateurs ne peuvent faire révoquer un testament, ils se rabattent sur les codiciles.

Abolihmain , s. Aeolisseme^t , action d'abolir.

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u4bolissement , désuétude, abo- lition :

U aboli ssement est l'extinction des anciens usages , des privilèges et des abus. L'abolition s'opère par un acte législatif; ou par une longue désuétude ; et la dé- suétude par temps et le non usage. Le mot aboUssement sonne mal pour certaines oreilles. Le projet <î'aio/«> entièrement la traite des nègres, commence à tomber en désuétude.

Abômaie, adj. se dit de la voix. Creuse. Foi âbômaie : Voix creuse; sourde ; voix de ventrilo- que, de rogome. Par extension, voix cadavreuse ; voix trop gut- turale.— Le mot v^al. est très-vi. et peu connu.

ÂBOMiJiÂB, adj. Abominable, qui est en horreur, qui mérite de l'être.

Abominable , exécrable, horrible, détestable, dégoûtant; se dit des hommes et des actions.

Ce qui est abominable excite le mépris, l'aversion; nous de- vons le haïr. Ce qui est exécrable excite la révolte de l'âme ; nous devons l'exécrer. Ce qui est ?ior- rible inspire l'épouvante; nous devons l'avoir en horreur. Ce qui cstdélestable inspire l'indignation, nous devons le détester. Ce qui est dégoûtant est nauséabond ; il soulève le cœur.

Abomînâbmain, adv. Abominable- ment, d'une manière abomina- ble. Exécrablcment, horriblement , d'une manière horrible. Détesta- blement , d'une manière détes- table. Tous ces adv. s'emploient souvent par hyperbole et par exagération. Voy. Jfreu.

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ABO

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Abominâssion , s. Abomination , exécration, déteslation.

abomination , profanation , sa- crilège, t. de relig.

On dit abomination du culte idolâtre des Genl'ûs ; profanation, d'une grande irrévérence envers les choses sacrées et révérées ; sa- crilège d'une insulte à l'Eternel. - L'abomination de la désolation se dit de la plus grande ^ro/cMa^îo/i; et des grands sacrilèges. Dans certains cas cette locution est hyperbolique.

AiîOMii\É , v. Blasphémer, pro- férer un blasphème, des blasphè- mes.

Blasphémer , jurer , tempêter :

On blasphèmeTpav des serments, des expressions qui outragent Lieu et la religion. On tempête quand on se livre à des transports fougueux, en accusant la nature et l'humanité. On jure en prenant Dieu à témoin ; en fesant des ser- ments, des jurons, en affirmant sur l'honneur. L'homme hai- neux jure haine éternelle ; l'homme colère ji/re et tempête; l'impie vomit des blasphèmes. u4bomineresl un vieux mot fran- çais qui signifie détester avoir en haine^ en horreur. Il est pris du yval.

ÂBoiv , s. AcBiER, la partie tendre et blanchâtre qui est entre l'é- corce et le corps de l'arbre, qui se renouvelle chaque année.

Abondan , adj. , m. franc, wall. Abo\dam, qui abonde: qui a une grande superfluité de paroles. Absol. copieux, ample, riche.

^dbondant, exubérant :

ylbondant , signifie en grande quantité; exubérant superflu.

Abodanss , sub. Abondance,

grande quantité. Pléthore , abondance de sang et d'humeur.

abondance, extibérance:

On dit abondance de biens, de pensées, de paroles; exubérance de végétation , de mots et d'i- mages.

Abondance , plénitude :

On parle d'abondance quand on parle sans être préparé. La plénitude du cœur est l'abon- dance des sentiments dont il est rempli.

Abô?îé,v . AEO?«NER , faire un abon- nement, le contracter au nom d'un autre. Composer à un prix déterminé d'une taxe, d'une redevance casuelle. Ess abôné ann bârtr : Être abonné à une barrière.

Abo?(nmain, s. ABONNEaEivT , Con- vention, marché, à un prix or- dinairement au-dessous de celui que paie ceux qui n'ont pas pris d'abonnement. Convention à ])rix fixe jjour l'acquittement d'une taxe, d'une redevance.— Certains impôts s'acquittent par abonnement.

u4 bonnement, souscription :

Vabonnement est l'action d'a- bonner de s'abonner. La souscrip- tion est l'action de souscrire, de faire souscrire. On s'abonne à un journal; on souscrit pour une production littéraire. On paie un trimestre par anticipation en s^abonnant à une feuille périodi- que; il n'est plusguère d'usage de payer en souscrivant a un ouvrage de littérature. Voy. Raboni.

Abor, s. Abord, accès. Lieux les navires peuvent mouiller: se dit de l'action d'aborder dans un port ; à une côte ; de l'accueil que se font les personnes en s'a-

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bordant ; de l'aflfluence des per- sonnes ou des choses qui arrivent, ou que l'on apporte dans un lieu. Yoy. Areineg.

Abor, exprès, adv. Abord, com- mandement qu'on fait à des em- barcations, de se rendre le long du bord du bâtiment de mer.— Abord! acoste! abord! t. de Mar.

ApoicHÎ (s') s'Aboucher, conférer, faire trouver deux ou plusieurs personnes dans un lieu.

S'aboucher, conférer:

On s'abouche avant d'entrer en conférence.

AboigmaiNj s. Abouchement, ac- tion de s'aboucher.

Abouchement, entrevue:

Les personnes «'«ioMcAcwi avant de conférer sur des grands inté- rêts, sur un point de doctrine. On convient d'une entretue pour mettre une affaire sur le lapis; on ménage une entretue entre deux ennemis, entre deux amants.

Abovté, noN^ïER , dans le sens d'offrir, etc. Abouti, Donne.

Donner, avancer, passer :

On dira à celui qui sert à table : DonneZ'moi un morceau, une tran- che, de ce rôti : «juand on veut se servir soi-même on d'ilpassez-moi ce poulet, etc.: au lieu de dire donnez-moi ce fauteuil , cette chaise, on dit avancez- moi ce fau- teuil, etc. II est bien entendu que ces demandes doivent être accompagnées des locutions s'il TOUS plaît, si vous avez la complai- sance, etc.

Abocti, V. Aboutir, loucher, se rendre par un bout. Fig. ,sedit d'un raisonnement, d'une entre- prise, d'une affaire; et signifie tendance , résultat. To sou k'ti (jeâss n'ahoutih katt valeur: Tout

ce que tu dis n'aboutit qu'à donner une haute opinion de toi ; tu ne raisonnes que dans l'intérêt de ton amour-propre. Voy. Diné, maicri.

Aboutihan^ s. adj. Aboutissant, qui aboutit. Le t'nan et le zabou- tihan d'inn houïr : Les tenants et aboutissants d'une houillère , d'une fosse à charbon de terre. C'ess ton fein piel ki Vnoh le t'nan et le-zaboutihan di t'iafèr : C'est un fin me •le, un rusé matois, qui connait tous les tenants et les aboutissants de ton affaire.

Abo VRÉ , V . Abeu vrer , faire boi re, conduire à l'abreuvoir. Dihé â vârlet , d'abovré li g' va, et del fôrè: Dites au garçon d'écurie, d'a- breuver le cheval ,de lui donner l'augée et la litière. Le m. wal. n'a point de sens iîg. Voy. Bovreg.

Abovreg^ s. Abreuvoir. Yoy. Rivag.

Abrégeu , s. Abréviateur, auteur qui abrège l'ouvrage d'un autre,

Abrégi, s. Abrégé, écrit discours, qui abrège ce qui pourrait être plus étendu.

Abrégé , épitome, compendium, extrait, analyse, sommaire, résumé:

L'abrégé csl la réduction métho- diqued'un ouvrage; il rapporte ce qu'il y a de plus essentiel et glisse sur les accessoires. L'épitome est ï)lus succint que l'abrégé, se dit surtout d'une trèscourte narration historique. Le compendium. est un abrégé de logique ou de philoso- phie. L'extrait est un abrégé sommaire et analytique. L'analyse décompose brièvement les beautés et les défauts d'une production littéraire. Le sommaire est l'ex- position rapide d'un sujet. Le ré~

ABR

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sumé rend succintemeftt ce qu'il y a de plus important dans un livre, un discours, etc. Nous avons plusieurs bons abrégés de l'his- toire de France; quelques épito- tries de l'histoire romaine ; peu de tons compendium. Les journa- listes donnent des exiraits des ouvrages nouveaux; et souvent d'après les inspirations de leurs auteurs ou de leurs compères. "L'analyse des pièces de théâtre est toujours fait une main sur la con- science. Le sommaire indique en peu de mots les matières d'un chapitre. Tous \es résumés ne sont pas également charitables.

AbrégI, adj. CoMPEKDiEix, qui est abrégé , resserré ; qui contient beaucoup de choses en peu d'es- pace.

Abregi, V. Abréger, rendre plus court, plus bref. Foss aie tro Ion, ifâreu abregt: Vous êtes trop pro- lixe , il faudrait abréger, resserrer. abréger, raccourcir , resserrer, restreindre :

abréger, c'est rendre moins long, moins prolixe. Raccourcir , c'est rendre plus court. Resserrer, c'est renfermer dans des bornes plus étroites. Restreindre, c'est borner, limiter. Voy. Rakoursi. Raptiti. Risseré.

Abresseg, s. Embrassadï, action de deux personnes qui s'em- brassent.

embrassade , embrassement , étreinte :

Embrassade est un t. fam. qui se dit de deux personnes qui s'embrassent. V embrassement est l'action d'embrasser ou de s'em- brasser. Etreinte est l'action d'em- brasser très-étroitement. Les bonnes gens se font des grandes et

des grosses embrassades. Plus d'un honnête homme doit le jour à des embrassements illégitimes. Deux amants se prodiguent des bien douces étreintes.

Abressî,v. Embrasser, se serrer avec les deux bras. Fott la! abressan no: Te voilà! embras- sons-nous.— Lip'ii kôporâl abres- sîfli terein d'ô ko d'oûie : Le petit caporal (Napoléon) embrassait le champ de bataille d'un seul coup- d'œil.

Embrasser, étreindre :

On s'embrasse plus ou moins étroitement : on s'étreint avec plus ou moins de force. Deux amis s'embrassent de tout cœur, après une longue séparation: le premier jour de l'an , deux enne- mis s'étreignent à s'étouffer. Voy. Bahi. Baheg. Abressi.

Abri, s. à sens extrême. Abri, lieu l'on peut s'abriter, se ga- rantir de la pluie, de lagrèle.etc. Les abris sont naturels ou artifi- ciels: lesmontagnes, lesforèts, etc., sont des abris naturels ; ceux qui sont construits de mains d'hommes sont artificiels. G'ea stu peindan deu-zeur disuitt a l^abri del tenir, delplaîo et de vain : J'ai été exposé pendant deux heures consécuti- ves, à la foudre, à la grêle et au vent. Li sèr di m'iouh d'à louh ni va rein ,• et g^so à l'abri d'to le kalein : La serrure de ma porte d'entrée est mauvaise; et je suis à la merci des fripons de toutes les espèces. Voy. Koviér.

ÂBRiko, s. Abricot, sorte de fruit à noyau dont la chair et la peau sont jaunâtres. L'abricot-pèche est très-estimé.

Abrikotî, s. Abricotier, arbre de la famille des rosacées qui porte 8

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ABT

les abricots. Rosacées se dit de la famille des plantes, dont les co- rolles se composent des pétales disposés comme ceux de la rose. La corolle est la partie d'une fleur complèle, qui enveloppe ordinai- rement les organes de la féconda- tion : chacune des pièces qui com- posent la corolle d'une fleur se nomme pétale.

Abrokeg , s. Perceme?(t , ne se dit que d'un liquide. Droit sei- gneurial qui se payait sur la Tente des vins. Voy. ci-dessous.

Abrokî, y. Percer, mettre en perce; ne se dit que des liquides.

Avahrokt voss hîrl Âvez-vous mis votre bière eu perce? avez- vous percé votre tonneau de bière? sous-entendu pour en tirer la bière ([ue le tonneau contient.

Abrokî, v. Fondre, s'élancer sur...

Fondre, s'élancer, assaillir:

Fondre suppose l'impétuosité,

la violence ; s'é/aHcer comprend la

vélocité, l'exallalion. assaillir se

dit d'une attaque brusque et vive.

L'infanterie /onrf sur l'ennemi et la cavalerie s'y élance au galop ; il est assailli de tous les côtés.

Absain, adj., m. franc, wall. Absent, éloigné de sa demeure, de son domicile, de sa résidence ordinaire. Voy. Evôie.

AESEiKTT,adj. Absente, sortie, etc.

Abseinss, s. Absence, éloigne- ment d'une personne qui n'est pas dans sa résidence habituelle. Absence d'une personne dont on est sans nouvelle; et dont la rési- dence est inconnue. L'absence qui n'est pas déclarée par un juge- ment, n'estque présumée : jurisp.

Abset, s. Abcès. Voy. y4posté.

Absolou, adj. Absolu, indépen- dant, sans contrôle; souverain,

Boie absolou: Souverain absoln, dont la volonté fait loi. u4hso- loïc, absolue. Voy. Arvolou , jirvoloio.

Absolcmain , adv. Absolument, sans restriction, sans borne, sans partage. En t. de gram., abso- lument, se dit d'un mot qu'on emploie sans complément, ou par ellipse; exemple: Donner, c'est jouir : demi-tour ; droite : on com- prend donner de l'argent, etc.; faire un demi-tour ; droite, ache- ver le tour.

Absolussion, s. Absolution, re- mission des péchés par un prêtre. Je ne dirai \io\ni absolution à\x jugement qui renvoie de l'accusa- tion , un accusé présumé coupa- ble; et je ne l'emploîrai jamais dans le sens d'' acquittement.

Absolution , rémission , pardon :

Le ])rètre donne Vabsolution à un pénitent, eufesant la rémission de ses péchés. Un coupable ne me paraît pas absout par la décharge de la punition qu'il a mérité. En pardonnant le prince exerce un acte de clémence, accorde une faveur, ou commet une injustice.

Absur, adj. Absirde, contre le sens commun , le bon sens. On dit absurdement; et subst. absur- dité. Le m. wal. ne se dit guère.

Abtim. (s') S'abstenir, s'empè- chcr de faire quelque chose ; se priver de l'usage de... Ne point opiner , j uger : t. de j urisp. On dit abstention d'un acte par lequel un juge s'abstient ou se récuse lui-même. Acte d'un héritier qui n'accepte pas un héritage; ou de celui qui refuse un legs.— Bénéfice que donnait un préteur romain à l'enfant qui renonçait au bien de son père. Défense ju-

ABU

diciaire de s'approcher d'un lieu en deçà d'un rayon déterminé. abstention , renonciation : Vahstention suppose le rejet d'une faveur; la renonciation ce- lui d'un droit.

Abu, s. Abcs, usage mauvais, excessif ou injuste de quelque chose. Désordre, usage perni- cieux.— Erreur.

Abtjzé , V. Abuser , tromper. Avec le pronom pers,, s'abuser, se tromper.

Abuser, circonvenir : On abuse les esprits faibles , les pauvres d'esprit, et les pauvres peuples. On circonvient en em- ployant des moyens artificieux, frauduleux, fallacieux. Voy. Eingeuss.

Abuser, séduire, suborner, cor- rompre :

On abîise par des promesses , en affichant unevertu d'emprunt. On séduit par un extérieur agréable, des manières aisées, des discours flatteurs; par une apparence de bonne foi. On suborne en infec- tant des mauvais principes, des maximes dangereuses. Oa cor- rompt par des mauvais exemples. . L'amant abuse de son amante en lui promettant le mariage. Le séducteur séduit l'innocence, un roué séduit une coquette; uu sti- borneur ne respecte rien ; un cor- rupteur vicie jusqu'à l'air qu'il respire.

Acharné , v. Acharner , s'atta- cher avec fureur, avec opiniâtre- té.— Ti fachârnaie kontt lu sHnn sèss pokôi: Tu t'acharnes contre lui sans savoir pourquoi ; Sans raison , sans motif. Yov. lier.

AcHÀRjitji.MN, S. Acharnement ac-

ACH

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lion d'un animal qui s'attache opiniâtrement à sa proie. Fu- reur tenace avec laquelle les hommes et les animaux s'achar- nent les uns contre les autres. Animosité déréglée qu'on a contre une personne. sa achârnu- main ! Quel aveugle acharnementl Voy. Jieymm.

AcHET, s. Achat, acquisition, emplette, faite à prix d'argent.

Achat , acquisition , emplette :

Achat se dit d'une forte em— -^Xeiie, acquisition d'un immeuble, emplette d'une chose de peu de valeur. Voy. jikoiri. Egté. Ein- plett.

AcnoPMAiN, s. franc, wall. Achop- pement , obstacle imprévu. Voy. Pîr. Trébouhi.

Adai , interj., adv. conj. Ah! comment , certainement, donc, oui- , volontiers , etc. Adai tel sa- teu, et tinn mel di ncin : Ah! tu le savais, et tu ne m'en dis rien; tu me le caches; lu m'en fais lui mystère. Adai vol savil Com- ment, vous le saviez ! vous en étiez instruit. Adai gel freuko : Cer- tainement je le ferais encore. ^0 viagni adai : Vous mangez donc; vous mangez enfin. Adai ii hoult , siss feie : Tu écoutes finalement. Adai s'emploie d'une manière arbitraire par le peuple et les personnes qui ont l'habitude des interjections (*).

Adan, s. Adam, nom du pre- mier homme. Parla laison qu'il fut pétri d'une terre rouge, on a dit qu'Adam avait la peau de

(*) Je fais remarquer ici plusieurs de nos contractions elliptiques : 7 e/ xat-^u : Tu le savais. Tinn mcl di ncin : Tu ne liie le dis point... f^ol savi : Vous lu saviez.

20 ADA

celte couleur : c'est une belle dé- couverte. On dit d'un homme extrêmement tertuettx, qu'il n'a pas péché en Adam. Mais quand on ne sait pécher comme lui ! Mais celui qui pèche mentalement!

Adâré V. S'élancer, tombera l'im- proviste: peu us. à Liège. Voy. ^broki.

Adawi , V. Allécher. Voy. Ado{ilé.

ADAWIA.Pr. AMADOUAST. Voy.

'Adonlé.

Adeigîvi, V. BoNNETER, rendre des respects intéressés. Faire de nombreuses saluades; des hum- bles révérences; saluer bassement; ramper. Se dit aussi dans le sens d'amadouer. Voy. AdoûJé. Adeiri, V. DiRciR, rendre dur. Se candir , se dit du sucre , lorsque après l'avoir rendu liqui- de, on le foit cristaliser.~Se dit nussi des confitures, quand le si- lop qu'elles contiennent, au lieu d'être beau et clair, s'épaissit et forme une espèce de croûte. Voy. Radetiri.

Âu-Foû , locut. adv. En dehors; son opposé est en dedans. Ex- trinsèque, qui vient de dehors. C'est-inn mnladeie ki vein d'âd-fon : C'est une maladie due à des causes extrinsèques. Extrinsèque se di t en t. de monn., pour la valeur que la loi ou le souverain attri- bue aux monnaies; abstractiou du poids : s'oppose à intrinsèque. Adgeoi'té , V. Ajoi TER , mettre avec... joindre une chose à une autre; amplifier. Explétif.

yïjouter, augmenter, amplifier ^ joindre :

On ajoute j)0\vc joindre, ou faire joindre une chose à une autre. On augmente en longueur , eu lar-

ADG

geur ; on atigmente le volume ; on amplifie le discours en l'étendant.

Adgeoitt , s. Ajoutage , chose ajoutée à une autre : ajoute est un gros barl^ar. Amplification, discours par lequel on étend le sujet qu'on traite. Discours que les écoliers font sur un sujet en l'étendant. Aniplialion , le dou- ble, la copie d'un acte, que l'on garde pour s'en servir au besoin ; pour le produire s'il y a lieu. Extension d'un arrêté ministériel, etc., sous le régime du roi Guil- laume.— Paraqoge, addition d'une lettre, ou d'une syllabe à la fin d'un mot. On dit adject.par«- gogique. Voy. Keuss.

Adgeigî , s. Adjuger , déclarer en jugement qu'une chose con- testée entre deux parties, appar- tient à l'une d'elles. Adjuger au demandeur ses conclusions; rendre un jugement conforme à ses prétentions. Déclarer judi- ciairement qu'une personne de- vient propriétaire d'un bien meu- ble ou immeuble, mis à l'enchère. Se dit par anal, des fournitures, des travaux proposés au rabais; et parexlens. de certaines choses qui sont accordées à l'un des con- currents, des prétendants. Se dit passivement des meubles, etc., vendus publiquement à l'encan : mais il ne se dit point en parlant d'immeubles. Adgeugé, adjugez: se dit par ironie, d'un hâbleur, d'un menteur.

Adierseg, s. Réussite, bon suc- cès; ne se dit que des choses (*)•

(*) Pour éviter des pcriplirases nous fesoiis ou nous forgeons des subs. : tels sont adierseg, kozeg, etc., etc. La plupart de <;es noms sont arbitraires; mais ils sont compris des Wallons.

ADD

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Réussite y succès, issue, dénoû- ment :

Le succès conduit à la réussite; l'issue en est \e dénoûment. Les succès de circonstance, sont pas- sagers; les sticcès d'estime sont du- rables; mais ne constituent point une complète réussite. Une tra- gédie sifFlée au dénoûment, est une i)ien malheureuse catastrophe(**).

Adiersi, V. Réussir , avoir un succès heureux. Le pétrâd ni son nein adierseie siss t'anaie : Les tetteraves ne sont pas réussies cette année. Si ti lûgnn hein, t'a- diesret: Si tu vises juste, tu réus- siras; lu toucheras.

Adiess , s. Adresse , réussite , dextérité ; bon succès. Yoy. ^gett.

Adiet, s. Adiec, t. de civilité, d'amitié et de politesse, dont ou use en prenant congé d'une per- sonne. — Cimni va dir adiet a me fré et a me sour : Je vais faire mes adieux à mes frères et à mes sœurs. Cinn ti di nein adiet, gi r'veinret al samainn; Je ne te fais pas mes adieux, je reviendrai la semaine prochaine; sans adieu; locut. ellipt. Adiet vi' bouss; voinni la fané: Adieu mon argent; jne voilà sans le sou ; mon gousset est à sec.

Dire adieu, faire ses adieux, prendre congé :

Je dirai adieu mes espérances; fldî'ew panier, vendange est faite. Dire adieu est du style fam.; faire ses adieux suppose plus d'affec- tion. On prend congé d'un su- périeur.

(**) La catastrophe est le dénoûment d'un poème dramatique. Voy. Fuin, FiniU.

ÂDioss, S. Obséquiosité j poli- tesses excessives. Cérémonial gênant; grandes cérémonies, etc. Faire des exclamations; se ré- crier.

Obséquiosité , politesse, civilité:

L'homme obséquieux est poli, complaisant; et respectueux jus- qu'à l'excès. L'homme civil est courtois et bien élevé. Voy. Fiké.

ADDissiorv, s. Addition; première règle d'arithmétique, qui ensei- gne et sert à trouver la somme to- tale, de plusieurs nombres ajoutés l'un à l'autre.

Addissionné , V. Additionner , faire

une ou plusieurs additions Voy.'

A voit.

Adjektif, s. Adjectif, t. de gram., nom qui qualifie ou qui modifie le subs. Les \Yal. , qui ne con- naissent la langue française que d'une manière orale, se trompent sur le genre de plusieurs subs., et conséquemment de plusieurs adj.; exenip.: Onbaiarmâ, ô gran skriftôr : Une belle écritoire. Une GRANDE armoire : jamais tm bel , un grand.

Adjectif, èpithète:

L'arfyec/j/'a})partient plutôt à la grammaire et à la logique. Vépi- thète appartient plutôt à l'élo- quence et à la poésie. Il ne faut jamais employer des adjectifs sur- abondants, ni des épithèles inju- rieuses.— Les classiques sont so- bres d'«c//ec/î/* ; les romantiques surchargent les discours d'épithè- tes. Généralement V adjectif est indispensable pour rendre sensi- ble la pensée; et souvent V èpithète donne du nerf au discours. Si un ac/yec^?/devient l'attribut d'un autre, il faut que l'esprit distingue

sans peine celui qui est pris sub- stantivement. Jamais une seconde épithète ne doit affaiblir le sens de la première.

Adlé , ad. prép. Auprès , qui n'est pas éloigné. Comparé à...

auprès j proche, prochain , près, auprès de,.., près de... contigu :

Auprès marque le voisinage; la proximitéd'un lieu à l'égard d'un autre moins rapproché; proche une proximité indéterminée ; prochain une grande proximité de temps ou de lieuj/j/ès est plus vague que proche ; près se battre est selon moi une locution tri- viale. — Auprès suppose l'assidui- té et la persévérance. On a un libre accès auprès de quelqu'un ; et protection auprès d'un grand. Un ouvrage est près de la perfec- tion: les édifices, les maisons, les terres qui se touchent, sont con- iiguës.

Admeie, adv. Passablement , d'une manière supportable ; de telle sorte qu'on peut, qu'on doit s'en contenter. IVe dites jamais dans ce sens à moitié , à demi. Eslév hein âh ? Admeie : Et es -vous content? Je le suis passable- ment.

Passablement, assez :

Passablement signifie qu'on pouvait espérer mieux , davan- tage, uissez signifie qu'on est à I)eu près satisfait.

Admetou, t. pass. Admis, reçu.

Admett, vi. m. franc, wall. Ad- mettre, recevoir, participer: on admet au nombre des convives, à sa table, au nombre de ses amis, à l'audience du prince, aux sa- crements^ aux ordres sacrés. On admet quelqu'un à faire preu- ve, à fournir de preuves : dans ce

sens,C(?we/fre s'oppose à récuser. On admet les raisons, les excuses, d'une personne; dans cette accep- tion , admettre s'oppose à refuser. Voy. Rissûr.

Administrâssion, s. Administration, m. franc, wall.; gouvernement, conduite des afi^aires publiques ou particulières. Corps d'admi- nistrateurs. — Conseil d'adminis- tration.— Administration centrale, corps départemental établi pour la répartition des impôts, etc. uddminislration municipale ; de la Justice. Gestion. Voy. Advigilé. Advi(}ileg.

Admimstré , V. Administrer , gé- rer. — Gouverner. Voy. Gou- vernumain.

Admirâb , adj. Admirable, qui mérite, qui conduitàl'admiration. Admirable , surprenant : Ce qui est rare fait naitre la surprise ; ce qui est très-beau ou très-bon excite l'admiration. L'exclamation est sur les lèvres de celui qui est surpris; elle échappe à celui qui admire. On dit adj. point admirattf, parti- cule admirative.

Admirâssion , s. Admiration , ex- clamation , surprise, élonnement. de grand et-zadmirâssion : Faire des grandes exclamations, des cris d'admiration; montrer sa suii^rise, son étonnement , par des interjections^ s'extasier. Voy. âdioss.

Admirâssion , s. Admiration , sen- timent de celui qui regarde une chose comme inerveil'eusc dans son genre. Ltrc saisi d'admira- tion. — Mouvement, transport d'admiration. Extase. Voy. ci- dessus.

Ait^uRÉ, v. Admirer , considérer,

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regarder avec surprise , étonne- nient. S'admirer lui-même. J'admire votre impertinence; votre audace, etc. :ironiq. Voy. s'extasier.

admirer , s'extasier :

Celui qui manque de goût , ce- lui quin'ajamaisrienvu, admire ce qui n'est guère admirable ; l'enthousiaste s'extasie pour peu de chose.

yidmirer y contempler , méditer :

Uadmiration nait de l'âme; la contemplation est quelquefois ex- tatique; l'homme qui médite abstrait pour approfondir Celui qui dit un jour à une dame, je vous regarde et je ne vous ad- mire pas , fit une sanglante épi- gramme. Voy. Admirâh.

Adon, adv. Alors, dans ce temps- là. Alors comme alors , en ce cas là, En poésie, dans le style élevé, soulenu : y^/ors que parut le grand homme, l'air retentit d'acclamations.

Alors j naguère , autrefois , an- ciennement, jadis :

yélors se dit du passé, du pré- sent, du futur; dans la première acception, il se dit delà manière, des usages. Naguère, signifie il y a peu de temps; et se dit d'une époque qui n'est pas encore écoulée. Autrefois désigne un temps loin de nous ; il se dit des mœurs, des coutumes. Ancien' nement s'oppose à présentement et à moderne ; il se dit des siècles passés , reculés. Jadis s'oppose à futur ; il se dit par distinction et par comparaison. On dira : tels étaient les préjugés d'o/ors...; cette cité naguère si florissante...; i! était d'usage autrefois...; an- ciennement les mœurs étaient

moins relâchées, quelle difiFérence avec jadis! aujourd'hui tout va de mal en pis.

Adoné (s'), V. S'adonner, s'appli- quer spécialement à quelque chose ; s'y livrer habituellement.

Kan il esteu geônn , i s' adoné f a limer; oûiei s^adonn â peketj Dans sa jeunesse , ou pendant sa jeunesse il s'adonnait ou s'aban- donnait aux femmes; aujour- d'hui il s'adonne, ou s'abandonne au genièvre. Voy. Peket.

Adopté, v. Adopter. Voy. Ghûzi.

Adori f v. Endurcir. Voy. Raduri.

Adorâssion, s. Adoration, action par laquelle on adore. Voy. Adoré.

Adoré, v. Adorer, rendre à la Divinité, à l'Eternel, le culte qui lui est dû. Adoré l'kreu: Adorer la croix ; se dit par extension et par relation à J.-C, d^une des cérémonies du culte catholique.

Lè-zidolâtt adorcin diss ka de hiess : Les idolâtres adoraient jus- qu'à des animaux.

Adorer , honorer , vénérer: Il faut adorer Dieu, honorer les saints , rérérer ses pères. Dans le jargon des amoureux, l'amant adore sa maîtresse. En terme de courtisan , honorer c'est adorer. L'avare ne révère que l'argent.

Adollé, v. Amadouer, etc. At- tirer, caresser, etc.

Amadouer , allécher , a/friander : Pour amadouer il faut être souple, complaisant, patelin et flatteur. Pour allécher il faut at- tirer vers soi , et à soi, par l'attrait du plaisir , de la bonne chère. Pour a/friander il faut faire de petits présents, des cadeaux.

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Certaines petites filles amadouent certains vieillards : quand on a besoin du peuple on l'amadoue. Les personnes âpres à la curée se laissent allécher par des promes- ses ^ comme les souris se laissent allécher avec du lard. Le gain affriande le joueur comme les vers a/friandent les poissons. Tous ces t. sont fara.

titrer , captiver , capter:

On attire par des promesses trompeuses et mensongères. On captive pour dominer et séduire. Pour ca/3^er on emploie des ma- nœuvres artificieuses ou crimi- nelles.

Caresser, cajoler ^ flatter, fla- gorner :

On caresse ceux qu'on aime , et quelquefois ceux qu'on déteste. On cajole ceux qui sont faciles à tromper, à séduire. On flatte pour faire du bien ou du mal. On flagorne ses maîtres , ses supé- rieurs.

Attirer, délicater, mignolcr :

De même que le miel o/^/re les mouches, une coquette attire un bomme sans expérience. La mère nuit à la santé de son fils en le délicatant ; et l'accoutume à la mollesse. Un enfant miynoté est insensible aux caresses et aux soins qu'on lui prodigue. Ce der- nier V. est fam.

AnoLLEU, s. Flatteur, qui loue, flatte avec exagération.

Flatteur , cajoleur ^ flagorneur, captateur :

Le flatteur est souple et insi- nuant ; le cajoleur faux et per- fide ; le flagorneur vil est mépri- sable ; le captateur un odieux scélérat. Les hommes blâment

la flatterie et se laissent flatter. Les femmes se plaignent des cajo- leurs et se laissent cajoler. Le su- perbe prend la cajolerie comme un juste hommage. Le captateur a un front d'airain et une cons- cience de bronze.

Adoûssi.v. Adoucir, rendre doux .

Polir. Adoucir les formes, les diminuer , les rendre plus douces , plus moelleuses , plus suaves : Peint, et sculpt.

Jdoucir , mitiger , tempérer , lénifier :

Onadoucit avec ce qui est doux, en rendant moins acidulé ; moins acide ; on adoucit le bois avec la prèle (*) , les glaces avecl'cmeri, on adoucit les traits du visage , l'humeur, le caractère; un refus, une critique ; on adoucit, par beaucoup de douceur, d'aménité, et par des paroles conciliantes. On mitigé en rendant plus facile à faire, à pratiquer, à supporter, à subir; on mitigé une loi, un jugement , une pénalité , une peine. On mitigé une assertion , une proposition, en la modifiant, en la rendant moins absolue. On tempère en diminuant , en affai- blissant l'excès; ontempère l'aigre par le doux; on tempère sa bile, sa colère , en la combattant ; on tempère la douleur : l'âge tem^ père les passions. On lénifie en adoucissant les humeurs en cal- mant les douleur» par un lénitif.

Lénifier est un t. de méd. Voy. Akeuhi. Poli. Radoussi.

ADocssmAN, s. et adj. Adolcissaxt, pectoral.

(*) Prèle , plante dont les tiges striées et rudes autouclier, servent à polir plu- sieurs ouvrages.

ADR

'.Adoucissant , pectoral^ anodin ^ calmant, sédatif, correctif, lénitif : Adoucissant se dit de ce qui a la -vertu d'adoucir , de toutes les substances alimentaires et nicdi- cameiiteuses qui ont la vertu de diminuer la douleur et l'irri- tation. T'ec/ora/ se dit des remèdes propres aux maladies de la poi- trine, du poumon 3 et de ce qui leur est salutaire. Anodin se olit des remèdes qui ont pour princi- pales propriétés celles de calmer les douleurs, et quelquefois celles de les faire cesser complètement. Calmant se dit de ce qui calme , qui apaise, qui conduit à l'assou- pissement. Sédatif se dit des re- mèdes qui calment et qui j)euvent emporter les douleurs. Correctif se dit de ce qui a la vertu de cor- riger^ de tempérer : La crudité de l'eau se corrige avec un peu de vin , du vinaigre , ou avec un fer rougi au feu. Léniiif se dit de ce qui adoucit les humeurs, qui calme les douleurs, ou qui purge doucement , t. de méd.

ÂnoissiHMAi?) , s. Adoucissement, action par laquelle une chose est adoucie; état d'une chose adoucie. Se dit surtout au fig. : l'adoucis- sement de l'humeur, du caractère. Critique tempérée par quelque adoucissement ; par quelques hrihes de commisération. Ac- commodement , tempérament , restriction , expédient propre à concilier. Voy. Areingnmain. Adoucissement , soulagement : L^ adoucissement n'est souvent qu'un palliatif; le souhujcment , est plus absolu et a plus de durée. On adoucit le mal et l'ennui, par la distraction ; on .se soulage en se plaignant j et l'on ressent

du soulagement quand on est plaint. On porte des adoucis- sements au. sort d'un malheureux par quelques bienfaits, de secours passagers ; on le soulage par dcj secours plus suivis et plusefRcaces. Adoucissement j correclif, eu- phémismes :

11 faut employer des adoucis- sements pour annoncer une triste, une mauvaise nouvelle ; des cor~ rectifs pour déguiser ce qui peut déplaire ou mécontenter ; et /'ew- phémisme\\o\\v déguiser des idées désagréables ou des termes mal sonnants. Votre disgrâce sera de courte durée , est un adoucisse- ment. Voiis avez eu tort..,, mais j'en aurais agi comme vous; est un correctif. Econome potir avare est un euphémisme.

Adraieté, V. AccoruiR , venir promptement; diligcnler. Le m. wal. n'est point usité à Liège.

Adrehim, adv. Co:vve-s-\ele5ient, d'une manière convcnahie ; à pro- pos. — Meit adreiiiiiii : Ajuster ; mettre en état de faire son effet ; mettre en train , en mouvement : vi. m. wal.

Adress, s. Adresse, dextérité, se dit des exercices du corps, et des actes de l'intelligence. Avu baikô cVadress: Avoir beaucoup d'adresse; être adroit. Tourd'a- dress .-Tour d'adresse , de subtilité de main. Tour de passe-passe ; tour que font les charlatans ; les joueurs de gobelets. . Méchant , mauvais tour : Faire des tours de passe-passe , tromper , fourber , adroitement , artificieuscmenl.

Adresse, dextérité ^ habileté:

Adresse se dit de la facilité des mouvements du corps ; et d'uu esprit exercé. Dexlérilé se dit des

9

!>fi

mains et de la flexibilité de l'es- prit. Habile se dit du coup-d'œil et du discernement.

Adresse, finesse, souplesse, ruse, artifice :

V adresse trouve et emploie les moyens, la finesse les saisit et les abstrait j la so?//>/e.$se évite les obs- tacles et arrive à ses fins; la ruse circonvient ; Vurtifice séduit.

Adress, s. Bésignatiox de la per- sonne , à qui l'on doit s'adresser, et du lieu l'on doit aller ou envoyer.

u4drcssc , suscriptioH :

On donne une adresse de vive voix ou sur un morceau de papier; on met la snscriplion sur l'exté- rieur d'une lettre.

Ai)R£ssi, V. Adressek , envoyer directement à une personne, en (jiielque lieu.

Adresser , envoyer :

On adresse directement; on en- voie par la jtosle , i)ar la dili- gence ; etc. On adresse des com- pliments à quelqu'un; on les en- voie faire par une personne. On dit aussi, dans le dernier sens : Un tel «l'a charcjé de vous faire ses compliments ; de vous offrir ses respectueux hommages?

Ai>r.r,Tii\i\, adv. Adroitement, avec adresse , avec dextérité.

Adrett , adj. Adroit, adroite, qui a de l'adresse, de la dextérité.

Adroit j habile, entendu, indus- trieux , ingénieux :

Réussissez, et vous serez adroit ; sachez vaincre 'es difficultés, et vous serez habile ; joignez la pra- tique à la théorie, et vous serez entendu ; ayez le talent d'imiter, et vous serez industrieux ; inven- iez , et vous seiez itigénieux. Voy. Agett.

Adreu, adj. Sage, qui a de la sagesse. Honnête, qui est probe, vertueux. Geain d'adreu, per- sonnes respectées; de bonne race ; de haute lignée. Vini d^geain d'adreu : Descendre de bonne fa- mille, d'honnêtes gens.

Adreuti, V. Dresser , rendre droit ce qui est ployé, courbé. On dit plus souvent radreuti. Voy. ce mot.

AonRÉjV. Endurer, souffrir, per- mettre, autoriser, supporter, to- lérer, donner, pouvoir; accorder par souffrance, Voy. Permctt.

Adiri, V, Endurcir, rendre dur:

Accoutumera ce qui est dur, pénible, fâcheux. Rendre im- pitoyable, insensible. S'accou- tumer à ce qui est dur, fiicheux.

S'endurcir dans le vice, dans le crime; vivre sans honte, sans remords. Il et staduri a Vorreg et al gealaie: Il est endurci au travail et à la gelée. Voy. Sofri:

Aduzé, v. Toi'cuer, mettre la main sur quel([ue chose ; et par extension à quelque chose. Toucher à... se joindre. Etre susceptible. Ki set friss ! ônn tcoiss Vadnzc d'sognn kônn vcuie H pless : Que c'est frais! ou ([ucMe fraicheur ! on n'ose y toucher dans la crainte d^ laisser quelque era[u-einfc. Si tiess aduz â plan- chî : Sa tête touche au ])laneher.

Nos mohonn s'aduzet : Nos maisons se touchent. Gitt di- fain d'iaduzé: Je te défends de le toucher ; de faire un geste pour le frapper. Ess vitt aduzé: Etre d'une gi-ande susceptibilité, facile à blesser, à offenser.

Toucher , tâler , palper, frôler, effleurer. Adouber :

Toucher, c'est mettre légère-

ABU

ADV

inent la main sur quelque chose. Tâter, c'est chercher, par une douce pression, à reconnaître ce qui est dur, mou, froid, sec, hu- mide. Palper, c'est tàter douce- ment^ h. plusieurs reprises; pour distinguer la qualité. Frôler, c'est loucher à peine la surface , la su- perficie. Effleurer, c'est atteindre très -légèrement. Adouber est un terme de jeu de trictrac et d'é- chec j on dàif adoube, quand on touche une pièce pour l'arranger, et non pour la jouer :

Toucher , émouvoir , agiter.'— Effleurer :

Le cœur est touché, l'àme est émue ; les passions agitent V esprit, le cœur , l'àme et le sang. L'homme superficiel , efp.eure une matière, un sujet (*) ; il ne sait l'approfondir.

Susceptible, irritable:

L'infortuné, l'homme chatouil- leux, sur le point d'honneur, est susceptible j l'homme colère , l'homme présomptueux est irri- table. — Voy. la phrase wallonne : Ess vitt aduzé.

AiirzEG , s. TorcKER , celui des cinq sens par lequel on reeonnait les qualités palpables, comme le dur, le sec; etc.

Toucher , attotichement , tact , taction :

Le tact est le sens qui reçoit la première impression ; le toucher conduit aux distinctions de l'at- touchement : taction se dit sim- plement de l'aciion du toucher.

AnczEiR , s. ToucKER , 06 qu'on touche, la place qu'on désigne.

(*) Je ne rapporte cette accep'ion d'o- duzc que par analogie : je ne revicuùrui plus sur CCS sortes d'expUcatious.

ne se dit guère à Liège; mais ce mot est employé dans beaucoup d'autres endroits ; on d i t pi us sou- vent oc^î^sa/- On dit en désignant une place sur le corps de quel- qu'un : // areu Vmâ la , Ml bon Diu tcâd raduzâr: Le mal, la plaie, était , que Dieu préserve cette place d'un nouveau malheur ;

d'un nouvel accident Beaucoup

de wal. disent en parlant d'un vêtement : / n'a nol aduzâr , il est sans défaut ; sans froissure. La phrase wal. est ])eu us. à Liège.

Froissure, frôlement:

Le frôlement est l'action de frô- ler , Teffet de cette action. La froissure est l'impression^ l'em- preinte de ce qui est froissé.

ÀD-VAi?i , E^ DEDANS, N'ess ni â-dvain ni âd-fou : Etre indécis. On dit sciographie de l'intérieur de la coupe d'un bâtiment. Archit.

Advertanss , S. AnvERTANCE , aver— tissement, action d'avertir, etc.

Adverlance, avertissement, avis:

Adver tance c?<ï un vi. m. tiré du wal. ; il signifie se mettre sur .ses gardes, faire attention à... L'arer- tisscmcnt est ]>ur et simple ; il éveille l'allenlion. Vavis est })lns direct; et souvent motivé. L'o- lertisscment vient du Ciel, il s'an- nonce par des signes visibles : Vacis est l'opinion des hommes, il est souvent hasardé ou intéressé.

Adverti, V. Advertjîi, donner avis, un avis.

Avertir, informer, instruire:

On avertit verbalement ou par écrit, directement ou indirecte- ment. On î'n/bnHe quelqu'un de ce que l'on sait, de ce que l'on a appris. Une personne instruit une autre de ce que ccilc-ci igiu.ie. —L'homme prudent , avcrii d'un

28

ADV

danger, se dit qu'un bon averti en vaut deux; et se lient pour averti. Un juge informe avant d'/«- struire le procès, la cause.

ASVERTIHJIAIN, s. AVERTISSE5IE>T,

avis donnéà une personne.— Voy. ci-dessus,

AmiGiLAN , adj. Vigilant, qui a de la vigilance, de l'attention.

yigilaîit, prévoyant, actif:

Celui qui est vigilant est atten- tif, soigneux^ appliqué. Celui qui est prévoyant prend de justes me- sures j il embrasse le passé , le présent et le futur. Celui qui est actif ^e trouve partout j on dirait qu'il se multiplie.

Advicué, V. très-vi. m. wall. Adiunistrer, gouverner , régir les .'îfTaires. Diriger, conduire, ré- gler. — Surveiller, exercer la sur- veillance.—/«specfer, avoir l'in- spection sur... Conduire, avoir la cor. d ai le de...

V administrateur réf^il; il exerce le pouvoir suprême. Le directeur dirige sous l'autorité d'un chef; il le représente. Le surveillant est commis pour surveiller; il a l'reil à tout. Vinspectetir a Vinspcction de l'ensemble; il est l'homme de confiance. Le conducteur a la con- duite des affaires, des travaux ', il conduit ses subordonnés.

AnviNA , s. Enigme , exposition abstraite d'un mot à trouver : so- lution de ce mot.

Énigme, logogriphe , charade :

Vénigme est l'exposition , la description d'une chose naturelle déguisée en termes ambigus. Le logogriphe est une sorte d'énigme qui consiste à prendre en diffé- rents sens les lettres d'un mot, di- versement combinées; etqu'il fîmt égalcmcul deviner. Lixcharade, est

une espèce de logogriphe, qui consiste à décomposer un mot de plusieurs syllabes en parties, dont chacune peut faire un mot. On dit rébus d'un jeu d'esprit par lequel on exprime des mots par des fi- gures d'objets, dont les noms of- frent à l'oreille une ressemblance ou un air de famille, avec les mots ou les phrases qu'on veut exprimer. On dit OEdipe par allu- sion à un roi de Thèbcs qui por- tait ce nom : on le dit encore par connexion des personnes qui trou- vent facilement les énigmes elles logogriphes. Avec la négation on le dit par ironie.

AoviNANT ( À i,' ) Comparativement, par comparaison à quelque chose.

AnviNÉ, V. Beviner, prédire ce qui doit arriver.

Deviner, prédire, prophétiser, préjuger:

Les fripons t/epz«e«<leschoses ca- chées ou enfouies : les inspirés jaré- discnt la fin du monde : les vieilles gens ne sont pas avares de prophé- ties : nous préjugeons par prévi- sions ou conjectures.— Les anciens devinaient yar l'inspection des en- trailles des victimes: nos pythies prédisent à l'aide de la cartoman- cie : nos prop/ir/es sont des pauvres prophètes. Voy. Sôrsi.

Ai)vi\Eii, s.I)EviNEiR,celui quia la prétention de deviner; celui qui juge conjccturalement. C^ess iinn advincu d'boiid': C'est un men- teur; un débiteur de mensonges; un conteur de bourdes; un im- posteur.— Voy. /Joûd'. Sôrsi (*).

Abvîtamm-Eternamm, locut. cal-

(*) Je pense que c'est La Fonl.iine qui a créé te mot dcvincur. Si ma mémoire ne me- trompe pas , c'est aux Wallons que le prétendu bonhomme doit son néologisme.

AFA

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qnée sur le latin. Sans fin, éternel, durable.

Advizé, y. Aviser^ donner avis,

faire savoir Faire réflexion ;

attention à quelque chose. Ra- viser esl du vi.lang,

Advizé, t. pass.,adj. vi.m.wal. Avisé , prévoyant. Spirituel. Avisé , prudent , circonspect : Avisé se dit de celui qui trouve des expédients , des moyens pour surmonter quelque oLstacle , pour résoudre, lever quelque dif- ficulté. Prudent se dit de celui qui calcule froidement le pour et le contre. Circonspect se dit de celui qui va silencieusement à son but. Advizion, s. Advision, avertisse- ment. — Adrizion, ne se dit plus , même par nos campagnards^ il ap- partient encore au vi. lang. franc. â-d'ze€R, s. prép adj. Supplé- ment.— Surérogalion. Adj. su- rérogatoire. Par-dessus, etc.

Sîipplétnent , supplétif , surcro- (jation :

Le supplément est ce qu'on donne pour suppléer ; pour ajou- ter ce qui manque , et cfuelque- fois ce qu'on donne en sus, La surérogation cal ce qu'on fait de bien au-delà d'une stricte obli- gation j se dit du cuïle catholique; et par supplément quand on fait plus qu'on a promis. On dit adj. supplétif ôe ce qui coiuplèlc, ([ui sert de supplément; cl sttrvioga- toire de ce qui outre-passe la pro- messe, l'obligation.

Par-dessus , au-dessus, en sus : Par-dessus signifie mettre sur., au-delà , par-delà. Au-dessus si- gnifie plus haut. On porte un spencer, une redingotte , un man- teau , par-dessus son habit ; on re- garde par -dessus l'épaule ; etc. La

Chartreuse est iàu-dèssus âe Liège ; tel faquin se croit au-dessus d'un homme estimable. En stts se dit dans le sens de gratification , d'ad- dition : un employé touche cer- taine somme en sus de ses appoin- tements, un laquais sus de ses jjages : on dit la moitié, le tiers, le quart en sus. Par-dessus s'op- pose à par-dessous ; être au-dessus , s'oppose à être au-dessous. En sus s'oppose à moins,

Aecré, V. qui tient lieu d'une phrase , Prendre chaque repas a HEURE FIXE. Lt pôv fioir vH et neiu aeuré : Le pauvre malheureux ne prend aucun repas à heure réglée.

Afàb, adj . Affable, qui a de l'af- fabilité, qui reçoit honnêtement; qui écoute avec douceur , etc.

Affable , civ il , poli :

L'homme affable est accessible et presque toujours aimable: son ton, son air, ses manières, inspi- rent la confiance, on est à l'aise avec lui. L'homme c/rî7a au moins le vernis de l'instruction , d'une bonne éducation , et toujours beaucoup d'usage. L'homme po- licé est nalurellcraent poli ; et même quelquefois trop poli. L'affabilité est plus expansive, la cirililc \Aus cérémonieuse, la po- litesse plus grimacière. Affable s'o])pose à bourru, à récalcitrant; civil à incivil , à malhonnête ; poli à grossier, à manant.

Afàcmain , adv. Polimext, Iion- nêlcmcut, amiablement , avec améuilé. A/fablement est suranné. Rissurafâbmain: Recevoir po- liment; honnêtement; cordiale- ment, montrerde l'aménité, c'est- à-dire, de la douceur, delà poli- tesse; de la grâce dans la conver- salion qi:c l'on a avec qîiclqu'uii;

30 AFA

dans la réception qu'on fait à une personne.

Afai, adv. AU ruR et à mesure, ou À FiR ET MEsrREjà luesure quc... à mesure de... à mesure. Kll haie trCepoitt, sifinn magnn le selîh afai: Que je meure, si tu ne manges les cerises à fur et mesure que tu les cueilles. Pay a fai: Payer à fur et mesure qu'on reçoit la bois- son ; payer en recevant la boisson : t. de cabaretier. chtniss! le piou Vmagnet; se-zefan ii'on ni pan ni pess ; son to nou, to d'hâ, el kalein Vheu afai ki la: Quel être vil et méprisable .' il est rongé par la Termine; ses enfants sont sans pain, sans Têtement, marchent pieds nus; et le misérable boit son argent au fur et à mesure qu'il le reçoit (*).

Paye?- au ftcr et à mesure, payer comptant :

Au fur et à mesure se dit des petits paîments: j'rtj/c?- comptant , d'une plus forte somme. On paie à fur et à mesure un ouvagc quotidien : on paie comptant l'œu- Tre d'un artiste. Celui qui paie au fur et à mesure peut se dispenser de toute écriture ; celui qui paie comptant n'a besoin que d'une quittance. Ne dites jamais /àîV à fait ; non-seulement dans le sens de furàmesurc; mais encore dans aucune acceplion.

Affaîr,s. Affaire, ce qui est le su- jet de quelque occupation. Ki- melaie affair: Affaire embrouillée; épineuse; délicate; dangereuse.

(*) J'ai fait cette longue phrase pour faire reconnaître la force et la brièveté de notre idiome ; cependant ni pcss est un pléonasme , mais il fortifie l'idée de privation, do dénûmcnt; traduisez lit- léralcnicnt , la phrase u'offi ira qu'un im- broglio.

AFA.

j4voir affaire à... avoir affaire avec... avoir affaire chez...

Jvoir affaire à. . . se dit souvent de l'inférieur au supérieur. Avoir fl^aiVeaiec... suppose luie certaine égalité. Avoir affaire chez... ne précise rien. Un chef de division a louslesjours«^'a//eau ministre. Un banquier a oy^fiiVe avec un agent de change. Un capitaliste a affaire chez son notaire; il a besoin de lui parler.

Affair, s. Règles, purgation menstruelles des femmes.

Affaires, règles, menstrues , mé- norragie ; nténorrhée :

Affaires, est un terme familier, il se dit plutôt du présent. Ecçjles comprend plutôt l'action men- suelle. Menstrues se dit de la pur- gation actuelle. Ménorragie se dit d'un écoulement excessif des rè- gles , des menstrues. Ménorrhée est une hémorragie uLérine. Yoy. Fleur-blank,

Afaiti, V. AccoiTUMER , mettre au fait, au courant, clc. Iiss afaiti d'balt lipavaie: Etre accou- tumé à battre le pavé; à l'oisi- veté ; à la paresse. T'ess ta faileie di hourdé: Tues habituée à mentir.

Accoutumer , habituer j endoc- triner , stylcr :

Accoutumer , c'est faire prendre de bonne heure une coutume, faire adopter un usage : il fau- drait accoutumer les enfants au froid, au chaud, à rinc'.cmence des saisons; et surtout à l'obéis- sance. Habituer, c'est faire con- tracter riiabitude. Par des exer- cices gymnastiques , les Grecs s^habituaicnt à des jeux propres à développer, à fortifier le corps; à l'assouplir. Endcclrincr , c'est eu-

AFA AFE 31

seigner quelque point de doctrine, affamons. Afamél : Affaraez-le. de science; et plaisamment caté- Voy. Hatt. chiscr, f;ùre la leçon. ÀS/j/Zer, c'est Afé, s. Affaire, malheur, etc. rompre, former pour les affaires. Je m'étonne de ce que le mot —On Jinit par s' accoutumer î\ tout, afé n'est guère usité à Liège j car Un laquais enrichi s'habituera h il est un de nos termes le plus élas- commander, plus facilement que tique. C'ess-tinn afé: C'est dé- son maître ne pourrait s'habituer sagréable, malheureux; revol- à lui obéir. Un sot fera une dépo- tant; inconcevable ; déplo- sitionlucidc:ilaéléendocfri»é.Un rable ; incompréhensible; fourbe s'entremet adroitement: un chaos; un Irbyrinthe inex- il est stylé. Voy. Ahoustumanss. tricable; une chose sans exem- Akouslumé. pie ; un mal sans remède ;

Afamaiemain , adv. Avidement , un fléau ; - une calamité.

Gi,ocTOi\>EMEM. Voy. A famé. Afé se dit souvent avec avoir: Il

Afamé, adj. Avide, qui désire on-t-afé essônn: Ils ont à traiter

vivement de manger et de boire, ensemble.- Jnn nein avu afé

Affamé , avide, glouton: arou l feumm d'innôtt: II ne faut

L'homme ay^a»ié voudrait man- point avoir des relations trop di-

ger et manger encore, sa faim est recfes avec la femme d'autrui;

son état normal. L'homme avide il ne fiiut pas souiller la couche

raange autant par les yeux que nuptiale. Kcl afé avou si feu la!

par la bouche; il dévore plutôt Kinnnetva pay let galett?Qae\(^é-

qu'il ne mange. Le glouton mange plorable incendie, qui en paira le

avidement et beaucoup ; il ne fait sinistre ? Kel afé! Bon-IJitl , kel

que torder et avaler. afé! geinn n'et rveinnein.... Quel

Afamé, famélique ; cruel fléau ! quelle épouvantable

Le ^)auvic auteur est affamé; calamité! je n'en reviens point...

l'auteur pauvre est famélique. Le j'en suis hors de moi ; j'en

premier écrit sous l'influence de perds la tète; le sommeil j

la faiiîi; le second sous celle de la raison. \oY.IUâleur,

la benne clîère. Ventre affamé Afé, conj. Afin, sert à manjucr

n'a point d'oreille (*); voilà tout lafinpourlaquelleonfaitquelquc

l'auteur a/famé. Vil et rampant ; chose. Afé ki vol savéh : Afin que

voilà tout l'auteur famélique. vous le sachiez ; que vous ne

Afa:i!é, s. Affamer, ôter, retran- puissiez prétexter cause d'igno-

cher les vivres. Fig, ê're affamé rance. Nous disons/jo Vafé, dans

de gloire, d'honneur; et par ex- le sens de cette élégante locution:

tens. , être affamé d'argent. On A celle fin. Diles pour que , afin de.

dit affamer une ville, lui couper Afebli,v, Affaiblir.— Voy.^/7aïf;/.

les vivres; et fly^amer son écriture, Afektaie, t. pass. Affectée, qui

la rendre trop maigre. G'ea- est affectée de la poitrine. Qui

/à>/i>«jVo--fl/'a;»a?t; J'affame.Nous manque de naturel.

- , Afekté, v. Affecter, marquer

C) L'Académie pluralise oreilles: on ""^ espèce de prédilection pour

jieut en avoir une; surtout au fi-uré. certaines personnes, pour certai-

32

A.FE

AFF

iiies choses.— Destiner , appliquer, une chose à quelque usage. l'aiie une impression fâcheuse ; rendre malade : Méd.

affecter , se piquer , afficher , s'afficher :

Un affecte plus à l'intérieur , on se pique plus en soi: une personne affectée est prétentieuse , manié- rée; quelque peu grimacière. Dans ce sens s'affecter n'est pas correct. Se piquer , c'est tirer vanité de ce que l'on sait, de ce que l'on ne sait guère, afficher, c'est dessiner à grands traits ses prétentions ; s'afficher^ c'est se montrer à nu. On affecte d'avoir des connais- sances variées, de l'usage. On *e pique d'être érudit, profond. On affiche le bel esprit , l'esprit fort. On s'affiche en bravant les conve- nances, les idées reçues. Je ne dirai point, avec les dict. affecter toujours la même place, certains rôles ; mais je dirai: affecter d'oc- cuper la même place ; de jouer certains rôles.

Ajekteg, s. ArFECTATios, manière d'être, et d'agir qui manque de naturel , etc.

affectation , mignardise :

\,' affectation approche de l'afFc- lerie : il y a dans la femme affectée, beaucoup d'aniour-propre et un peu de coquetterie. La mignardise est tant soit peu niinaudiêre ; c'est une afFeclafion de gentillesse qui peice dans la conversation, l'ex- pression et le faire.

affectation ^ sensiblerie, senti- mentalisme :

Jffccter une sensibilité factice, c'est faire de la sensiblerie. Alara- biquer le sentiment , c'est faire du sentimentalisme.— hi^ coquette

singe la sensiblerie ; la précieuse le sentimentalisme.

Afermi , V. Affermir , rendre ferme ; plus stable. Rendre dur ce qui est mou ; donner de la consistance à ce qui est liquide. Rendre plus assuré; plus dif- ficile à ébranler. Ranimer le courage.

yîffermir, assurer ^ cimenter:

On affermit par des solides fon- dements , on assure par des acces- soires ; on cimente avec un enduit tenace. L'aveugle pouvoir croit S'affermir par la leri cur. L'homme faible cherche vainement à affer-- mir sa volonté chancelante. Le lâche, le peureux , se débat pour assurer son maintien, qui n'en est pas plus asstiié. En croyant cî- «iCM/cr la paix par des alliances, les rois ne bàlissciit pas toujours à chaux et à ciment.

Afichî, v. ArncHER, coller , at- tacher, une affiche; un placard.

Afig, s. Affiche, feuille impri- mée ou manuscrite que l'on ap- plique aux coins des rues ; et dans les endroits exposés aux regards du public. Lire les petites af- fiches.— On dit homme -affiches 4e celui qui ])orle deux alHchcs collées sur deux planches; dont l'une est placée sur la poitrine et l'autre sur le dos.

affiche , placard :

L'affiche n'a pas la dimension du placard. On affiche les lois, les ordonnances ; onp/«car(/e les écrits séditieux, injurieux. Quand un acteur .se dit malade, on affiche qu'on jouera relâche : style de ca- botin.— A Rome on p/nr«rc?c, sur une vieille statue mutilée, de ca- lomnies et de vérités au grand complet.

Afidé , s. atlj. Affidé, celui à qui l'on se coufie. Chez les Wal. : partisan, complice.

jiffïdé, partisan, complice : Uaffidé possède le secret, le par- tisan épouse les intérêts, le com- plice prend part au crime, Voy. Boti-afidé.

Afii (s') se Fier , mettre sa con- fiance en quelqu'un , en quelque chose ; compter, faire fond , sur la probité , la discrétion d'une personne, etc. Les Français nous ont emprunté s'afii, se fier.

Afilan. Afila!vtt. Effilé, effilée. Voy. Bechou. Bechoiv. Peindou. Peindow.

Afilé , V. Affiler , aiguiser un tranchant émoussé ou ébréché. . Voy. ïîissémi. Hachi.

Afiloltk, V. Troîiper , décevoir pour induire en erreur.

Tromper, décevoir, escamoter, dérober, filouter, fourhcr, escroquer : T'rowijoer, c'est user de fraude j Re- cevoir, c'est tromper en employant des formes...; escamoter, c'est tromper subtilement; dérober, c'est faire un larcin à la dérobée; fi- louter, c'esl tromper avec adresse ; fourber, c'est exécuter une odieuse tromperie; escroquer, c'est voler astucieusement. Voy. Hapé.

Afilouteu, Trompeur, celui qui trompe.

Trompeur , filou , escamoteur , fourbe , escroc :

Le trovipeur est fallacieux. Le filou escamote la bourse ; le fourbe Ja confiance : et V escroc fourbe tout le monde. Voy. Fraw. Frawtiné. Afiloitreie, s. Filoiterie , action de filou, etc. Parmi les nuances industrielles que je viens d'esquis- ser, la fourberie est la plus vile et îa plus lâche : mais les escrocs !

AFL 33

Afiné, V. ÉBotiLiiR, diminuer à force de bouillir.

E bouillir , réduire , consommer :

Si VOUS laissez ébouillir le pot ou le pot au feu, il Lie réduira à. rien, et fera un mauvais consommé. Ébouilli ne se dit guère : réduire est ici du langage fam. : faire coti- sommer la viande c'est la faire bouillir long-temps, pour rendre le bouillon plus succulent.

Aflàwi, V. Affaiblir, rendre faible. Diminuer par le rabot, etc. On di k' si ki beu baîkô d'vein ,s'aflâicih H servai, le-zoûie et le nier ; k'il boie m'abatt si soula et vraie : On dit que celui qui boit trop devin , s'affaiblit le cerveau, les yeux et les nerfs; que le diable m'emporte si j'en crois rien. Voy. Flâw.

Aflâwihax, adj. Affaiblissaivt, qui affaiblit, qui débilite. Li makaie ess-taflâtoihanlt : Le fro- mage blanc ou le fromage mou, affaiblit. Voy Makaie.

Aflàwihmaiis, a. Affaiblissement, diminution de force, débilitation : se dit aussi de l'esprit. ^o-^.Abatt.

Aflk;, s. Bardane ou Glolteron, plante qui croît le long des che- mins ; il y en a de deux sortes: la grande et la petite: on en fait usage en méd.

Aflig, s. vi. m. wal. Affliction, chagrin , état de tristesse avec abattement d'esprit. Grande, ex- trême affliction.— £"55 rig ditonai d' aflig, et d' traivé hu/let (*) : Avoir

{*) La traduction littérale de ce vieux proverbe serait absurde. Nous le croyons trivial au premier aperçu; la réflexion nous en fait remarquer toute la force: il comprend une position peu prospère, niais sentie , de celui qui en subit les conséquences. Nous l'avons travesti de plusieurs manières.

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34

plus de dettes que d'argent, que d'iinmeiiLlesj et ne posséder que des choses futiles et de peu de Taleur,

affliction, chagrin, peine ;

Il y a de la douleur daus l'afflic- tion, de l'amertume dans le cha- grin,de l'inquiétude dans la peine.

Afugean, adj. Affligeant, qui afflige.

ÂFLiftî, adj. Bossu, qui a une ou deux I«"osses, bancroche, etc Li pàv âmm , ess-lel nfligeie ! La pauvre infortunée, dnnsquel état la voilà ! ellenepcutsc mouvoir. l eûss li houle chein , i kouyonn 6 pôv afligî ; c'et l'krama ki lomm li chodron neiir kou: Vois-tu ce ban- croche, il se rit d'un pauvre af- fligé- c'est la pelle qui se mo([ue du fourgon.

Bossu , rachitique , bancroche , cul-de-gatte ; noué:

Les bosses proviennent de la dé- viation de l'épine dorsale (*) ou du sternum (**). Le rachitisme con- siste principalement dans la caur- bure de l'épine du dos, et de la plupart des os longs, avec gonfle- ment des articulations. Le ban- croche ajoute, à ses jambes tortue?, une affection rachitique. Les en- fants sont notiés dans certaines ar- ticulations; et les goutteux dans les jointures de leurs membres.

Afugî , V. Affugé, causer do l'affliction. Mortiher son corps. Je faire souffrir, etc.

jdffligé, narré, attristé, conlristé, contrit , mortifié , fâché:

On est offligé d'une mort ré-

(*) Qiiiappartientaudos : épine dorsale; Ips muscles dorsaux. Suhs. Xc^raml dorsal.

(**) Partie osciise et aplatie qui .s'étend lin liaiiten basdela poitrine, avec laquelle les côtes et les claviciilcs sont articulées.

cente ; natrè de douleur, attristé par des tristes souvenirs, co«</îs/é par des malheureux événements , contrit d'avoir offensé Dieu, mor- tifié dans son amour-propre, /acAé par un contre-temps.

Afliksio>, s. Afflictio. Voy. Jflig.

.affliction, adversité, tribulation : V affliction est la suite d'un évé- nement malheureux et inattendu; Vadversité arrive comme un du sort; les tribulations na; des grandes secousses niorxiles. Dieu nous envoie des afflictions pour nous éprouver, et des ad- rcrsités pour nous punir. Voy. Mâleur.

Afolé, adj. Tmpoteîvt, qui est privé de l'usage d'un bras, etc. Impotent , perclus , estropié : Vimpotent est privé d'un mem- bre, soit par vice de nature, soit I)ar accident. On est estropié à la suite d'un coup, d'une blessure, ou d'une maladie. On est perclus de tout le corps ou d'une grande partie de ses membres. Beau- coup de vieillards sont impotents ; plus de militaires sont estropiés; tous les paralytiques sont plus ou moins perclus. Y.Estroupî. ApoLEtR , s. F()ii.rRE, blessure d'une partie foulée; contusion, ou ses effets: impotence, état de celui qui est impotent. A'owf m // biss , bâssel! ô veu bein k'ti n'a nol afoleur a kou: Comme tu vas, la belle! on voit de reste que tu n'as pas de foulure au derrière.— De noire afoleur les Français ont fait affoleurc , et son dimitif affulu- rette: faire une petite blessure, une légère blessure au cœur. On employait ces t. au X 11"'= siècle, ils étaient oubliés au XVl""'.

endu; I

coup I issent '

AFO

AFR

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Apo)Vdré.,Crexjser yoy.Jfunscr.

Afonsé, V. Enfoncer, raellre au fond , pousser vers le fond ; faire pénétrer fort avant. Afonsé s'c/iapaiso se-zoûie: Enfoncer son chaj)eau presque sur ses yeux.

Enfoncer , enlizer , etiyraver ; creuser :

On enfonce dans l'eau ; on s'en- fonce dans la boue j on s^enzile dans certaines grèves mobiles (*) ; un bateau s'engrave dans le sable 3 dans un bas-fond j et les futailles s'enfoncent dans le lest (**). Creuser j c'est faire un creux, rendre creux; creuser un puits, une fosse. Voy. Foré. Sitàchi.

Afosmain, V. Enfoncement, action d'enfoncer, de rompre, de briser.

Partie d'une façade qui forme un arrière-corps. Ce qu'il y a de plus enfoncé, de plus reculé.

Creux. // a chôki s' holik (livain n'afonsmain: Il a établi sa boutique dans un enfoncement.

Aforan, s. Survenant, qui sur- vient, qui arrive inopinément. Passe-volant ,ce\M.i qui s'introduit dans xine partie do plaisir sans y être invité; sans payer sa part de la dépense. Celui qui n'est dans une société que passagèrement. Se dit quel([uefois pour étourdi.

Aforeg, s. Afflei'rage, prix des denrées ; droit seigneurial.

Afranki , v. Affranchir, rendre ,

(*) Sur les côtes de TOcéaii ces [grèves présentent à l'œil un corps solide ; du mo- ment qu'on y a mis les pieds on est perdu; et les efforts que l'on fait pour sortir de Yuhime , ne survent qu'à enlizer de plus en plus.

(**) Lesl pierre, sable, ou matières pesantes, dont on charge le fond d'un bâtiment de guerre , pour lui faire prendre l'eau qui doit établir sa stabilité.

déclarer, libre: affranchir un es- clave. — Décharger, exempter. En Angleterre , accorder la natu- ralisation. — Voy. Dilivré,

Afrankihmain , s. Affranchisse- ment, action d'affranchir.

Afrei , adj. Affreux. Voy. le mot qui suit.

Afreusmain, adv. Affreusement, efFro)ablement , épouvantable- ment. Chez les Wal., mot à sens extrême. Vola ô geônai afreus- main bai! Voilà un garçon affreu- sement, horriblement , beau! c'est- à-dire très-beau. Kel afrenss bel krapôlt! Quelle affreuse belle demoiselle!

Jffreusement, hideusement , é- pouvantablement , effroyablement :

Ce qui est aff'reux est dégoûtant à voir : ce qui est hideux est nau- séabond : ce qui est épouvantable inspire l'épouvante et la terreur : ce qui est effroyable inspii e la torjîeur et l'effroi. Vcy. /lisdcu. Hiss. Venett.

Afroï, V. Prêter, et mieux , faire PRÊTER, prendre la forme; se dit parti, des souliers, etc. Dans ce sens, (juelques-uns disent rompre: lues souliers me gênent ; ils ne sont pas encore ?owijj«s,* c'est-à- dire, ils n'ont pas encore pris la forme du pied. Les dict. ne men- tionnent point cette acception; leur silence ne prouve rien. Voy. Sitrimé.

Afroï, v. Frayer, pratiquer, ouvrir une route, un chemin; avec le pron. pers. il signifie s'ouvrir un passage, et comprend vaincre les obstacles : se frayer un passage parmi les ronces.

Afron, s. Affront, insulte soit de parole, soit de fait. Ti m'a fai n'afron : ti met ripâret : Tu

m

AG

rn'as fait un affront : tu me le j)aî ras cher; ^je saurais le venger.

^ ffront , avanie , camouflet^ in- sulte , outrage :

Faire un reproche amer ou Immiliant en public, est un af- front. Vilipender, honnir publi- quement , est une avanie. Une sanglante luorlilîcalion est un ca- mouflet Un mauvais traitement est une insulte. Une grave insulte est un outrage. L'homme raison- nable méprise nnaffront, l'insensé le venge, le poltron le boit. Les personnes insolentes et grossières font des avanies : la populace les échange. Les personnes charita- ble?, qui n'épargnent pas les traits piquants, ne sont pas avares des camoufl.ets. Le fat insulte une hon- nête femme parles privautés qu'il se permet. Le faquin outrage une jeune vierge par son langage im- pudent et ses attouchements im- pudiques — V'oy. uégoni.

Afroivté , Effuo>tk. V, Iran. Frankih. Hardiess. Hardcieniain.

AFIJI.É, V. Affubler, envelopper, un objet, une chose, pour la con- server, la soustraire à l'intempérie des saisons , etc.

/affubler, accoutrer, couvrir :

Eu parlant des personnes, affu- bler se dit en plaisantant eu par- lant des choses, c'est un t. fam. yiccoutrer se dit par ironie d'une parure ridicule,d'un costume ex- travagant.— Couvrir, c'est mettre une couverture pour cacher ou conserver.— Ce qui est outré affu- ble, ce qui est ridicule accoutre, ce qui est précieux se couvre. On s'affublelix tète d'un capuchonj on a V accoutrement d'un Bazile ; on se courre des a{q)arei:ccs de la \orlu. Yoy. lîafn/r.

ÀG, s. Arche, partie cintrée sous laquelle passe l'eau. Sorte de vaisseau que Noé fit construire , par le commandement de Dieu, pour se soustraire aux effets du déluge ; et pour sauver les ani- maux que contenait Tarche. Arche d'alliance, ou arche sainte. L'arche du Seigneur, sorte de coffre fait par le commandement de Dieu , et dans lequel les Tables de la Loi étaient conservées. Prov. : c^est r arche du Seigneur, Varche sainte : se dit d'une chose qu'il faut taire. arcade, ouver- ture en arc : Les arcades du Palais- Royal. arceau, courbure d'une voûte en berceau; petite voûte surbaissée d'un ponleau, de cer- taines portes et de certaines fenê- tres: leurs parties cintrées. yirc, courbure d'une voûle formée d'une ou de plusieurs poitions de cercle : ^rc surbaissé, ogive ram- pant. — j4rc de triomphe ou triom- phal ; monument qui consiste en une grande poj-te faite en arc ; et qui est quelquefois accomj)agnéc de deux petites, ornées de figures de bas reliefs, et d'inscriptions. Arc-boutant , j)ilier ou construc- tion de maçonnerie, qui finit en demi— arc , et qui sert de soutien par dehors. Arc douleau , espèce d'arcade formant une saillie ou plate bande, sur la courbure in- térieure d'une voûle. Voy. Arkâd. Pou.

Ag, s. â(;e, la durée ordinaire de la vie. Tous les degrés de la vie de l'homme. Le belâgc,Và^c des plaisirs, de la jeunesse. La raison vient arec l'âge : pas tou- jours. On dit souvent d'un vieil- lard qu'il est arrivé ù un bel âge ; il faut dire âge avancé. L'âge de

la Lune , le temps qui s'est écoulé depuis son renouvellement. On distingue l'âge d'un arbre par les cercles excentriques (*) que présente sa tige coupée transver- salement.— Un certain nombre de siècles: la durée du monde est divisée en plusieurs âges: L^âge d'or, raye d'argent, ïâge de fer, rage d'airain. Ces quatre âges ex- priment relativement les mœurs des hommes. Dans l'âge d'or, les vieillards étaient cuirassés de sa- gesse ; les époux de chasteté ; les garçons étaient plus timides que nos Agnès; et les filles plus chastes que des anges. L'âge d'argent était couci-couci. Le siècle de fer était dur comme l'airain. Moyen âge, temps qui s'est écoulé depuis la chute de l'empire romain (473) jusqu'à la prise de Constantinojjle par Mahomet II (1453). Mig'vâ et fou d'ay : Mon cheval est hors d'âge ; on ne saurait plus distin- guer son âge par aucune mar- que. — Kel ag mi d'oriv? Quel âge me croyez-vous? Quel âge me supposez-vous?

Jeune âge, âge viril, entre deux âges, d'un certain âge :

ha jeune âge est le printemps de l'âge, celui du plaisir, du bon- heur, de la folie, et des premières passions. L'âge viril est celui de l'homme fait, il décide du boQ- heur ou du mallieur de l'individu. L'homme entre deux âjes n^est pas jeune et n'est pas vieux ; il se dis- simule ses années. L'homme d'un certain âge a cessé d'être jeune ; il voit la vieillesse s'approcher.

Agâ, s. Schiste, pierre tendre et

(*) Excentrique se dit de deux ou plu- sieurs cercles engagés les uns dans les au- tres j qui ont des centres difl'ércnts: Gvoin.

AGE 37

facile à diviser; l'ardoise est une espèce de schiste. Vônn d'agâ: veine, banc de schiste. Ter d'agâ, terrain schisteux. Bâti so l'agâ; Bâtir sur le schiste; se dit par plaisanterie.

Agadlé, V. Habiller, s'habiller, s'accoutrer. Voit la droldumain agadlé : Te voilà singulièrement accoutré, fagoté. Ne se dit pas à Liège.

Agadleg, s. Accoutrement, habil- lement.

Agasreie, s. Agacerie, se dit des faits et gestes d'une femme ; el des ])etites manières qu'elle emploie pour captiver; et pour s'attirer rattention de quelqu'un , qui est loin de lui déplaire. Voy. Dein.

Agassé, V. fianç. wall. Agacer , provoquer, attirer l'aticnlion do quelqu'un par certain manège. Animer, excitera prendre part à la conversation; à y mettre une certaine vivacité. Stimuler une personne ai>athique.

Agacer , coquetter :

On agace en cherchant â plaire par des manières attrayantes, par des demi mots. On coquetteen em- ployant tous les moyens de cap- tiver, de se faire remarquer. La femme qui agace en veut au cœur; la femme c[ui coquette s'adresse aux sens. Celle-là veut amour pour amour; celle-ci veut satis- foire sa vanité. Avec celle c[ui agace , nous voyons ce que l'aune en vaut; avec la coquette , nous ne savons sur quel pied danser.

ÂGATT, s. Agate, pierre calcaire fort dure, qui prend un beau poli. Les agates orientales sont lai- teuses, nuagées, et moins diapha- nes que celles d'Allemagne; ce- pendant elles sont beaucoup plus

38

AGE

estimées. La calcédoine est une A-gein, adv. En bloc , l'un por- très-belle agate, presque opaque tant l'autre ; le gros et le menu; à l'œil , on dit agate, calcédoine ^ le maigre et le gras.

herborisée, quand elle représente des arbrisseaux , etc. : ces herbo- risations figurées se nomment ac- cidenls. L'agate-onyx a deux ou plusieurscouches parallèles, rous- seâtres, brunes et laiteuses- quand

AgenI (s'), y. S'agenouiller, se mettre à genoux. Les cha- meaux s'agenouillent.

S'agenouiller, se prosterner : On s'agenouille pour faire sa prière ; on se prosterne pour ado-

elle est mise en œuvre, on dit rer Dieu. Regardez ce ministre

absolument onyx. Le caillou d'E~ superbe , il laisse un misérable à

gypte est aussi une espèce d'agate, ses genoux : il vient de se pros-

Voy. Kaiewai. terner devant son maitre. Ageansné , V. Agencer, ajuster, Agér, v. Affaisser ; diminuer de

accomoder, etc. Parer, orner. hauteur. Tasser , se tasser.

Arranger, combiner , les groupes, Yoy. Ragér.

les figures d'un même groupe; Agetmao, adv. Agilement, avec

ou les parties d'une même figure, agilité; adroitement, d'une ma-

Ajuster les draperies, disposer nière adroite; prestement, avec les accessoires , les objets qui en- prestesse, vitesse. Souplement tient dans la composition. Se dit ne se dit guère. I raagetmain quelquefois des ornements d'ar- àg'vâ. lai-tidekarahol! 11 voltige chitectures empruntés aux plan- agilement. Comme il caracole! les, etc. : Peint. Sculp. / Via liapc s'chapai agetmain:

Agencer , coordonner : 11 lui a enlevé, volé son chapeau

Agencer supposer l'arrange- ment distributif. Coordonner sn])- pose la symétrie et la liaison. On ajfcwce selon les convenances; on coordonne j>ar connexion (*). L'homme agence ; Dieu a tout coordonné.

Ageansneg, s. Agencement, action d'agencer ; état de ce qui est agencé; coordonné. Je ne dirai point V agencement des groupes, eu parlant d'un tableau , etc. ; ce

adroitement. l'ola n'hoiif al gueie agetmain klapaie. Voilà un soufl^lct lancé prcstcnicn; ; donné promptcmcnl. La phrase Aval, est popul. Voy. lemolciui suit. AGETT,adj.AGiLE,qui a del'agilité. Agile ^ adroit, souple , preste , subtil, dispos :

V agilité consiste dans les mou- ments, l'flf/rc5se dans leur exécu- tion, la souplesse dans leur dex-

termenemcpaiaitpasasseznoblc, térité,la/;;c5/esse dans la promp- quand on parle du plus noble des litude, la subtilité dans les mains

arts: il est préférable selon de dire : ^arrangement , la distri- bution des groupes.

(*) Conucrion iVil plus (\ueCojinc.viié. Ls premier signifie liaison intime dans le rapport ; le second exprime l'idée de rapprochement, Voy. Rnpotr.

et l'esprit ; on est dispos quand on est léger et habile. L'enfant est dispos et agile; le batlclcur est souple ; l'oiseau est preste , l'écu- reil csl subtil. L'homme adroit a de la finesse; l'homme souple est rusé; la réplique ci>\ preste : rien

AGÎN

AGO

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<ïe plus subtil que les yeux de l'aigle , le flair du chien , l'ouïe de la laupe.— Voy. Agret.

Agecsté , V. Ajuster , rendre un poids ou une mesure juste, con- forme à l'étalon ; ajuster sur l'é- talon (*). Arranger une chose de manière qu'elle s'adapte à une autre ;— engrenner parfaitement deux roues. ^ Yiser juste. -—Em- bellir pardes ajustements.— Voy. Lûgnî.

Agei sTUMAi?! , s. Ajustement , ac- tion d'ajuster. Accommode- ment, arrangement. Parties des habillements qui servent à parer, à orner.

Ajustement, parure :

Rajustement est à peu près de rigueur ; son luxe est la parure.

Ageyan, s. Géa^t, homme d'une taille gigantesque; qui excède de beaucoup la stature ordinaire des autres hommes. Par plai- santerie , animal colossal. La fable nous apprend que le fils de Jupiler et de Clymène, c'est-à- dire , Atlas, a soutenu le ciel sur ses épaules. Saint Christophe n'est guère resté au - dessous de ce géant, Les enfants de Tilan osè- rent escalader le ciel à l'aide de monta,<>nes entassées les unes sur les autres; mais Jupiter leur im- posa la loi du plus fort : ils furent foudroyés.

Agi, V. Agir, faire quelque chose, se donner du mouvement. Âgih , sain tan bargouyni : A^is , sans tant baraguiner : fam. Si ronn mi pay nein g'engirait :

(*) Etalon modèle de poids et des me- siiies qui sert dérègle aux marchands j et auquel ils doivent se conformer. ~ Vpy. Modela

Si vous ne me soldez pas, je vous poursuivrai judiciairement^ j'agirai par justice. Il a stu. d'vein n'mâl mohonn ; et il a agi: Il a été dans une mauvais lieu ; et il s'est fourvoyé. Voy. y^cachi.

Agihan , adj. Agissant, qui agit, qui se donne beaucoup de mou- vement. — On dit médecine agis- sante par opposition à médecine expectaiite: la première emploie des remèdes énergiques, la se- conde laisse beaucoup à faire à la nature.

agissant, actif :

L'homme agissant n'a pas tou- jours un but déterminé; l'homme actif mesure le but.

ÂG\EU,s. Arde.nnais, qui est de l'Ardenne, des Ardennes.

ÂGNEU, s. AMER , qui couduit un âne. Ledeinraie seront chir, les zâgneu son v^nou. Les denrées se- ront hors de prix, les âniers sont arrivés.

Agnn , .s. ÂNE , bêle de somme à longues oreilles: sa femelle se nomme «nesse,- les petits de celle- ci anon*. Chestou ou vireukomm inn âgnn : Têtu , entêté , opiniâ- tre comme un âne. EbriJé s^iâgnn -pal kow : Prendre, brider son âne ]iar la queue, faire une chose à rebours ; prendre de faus- ses mesures. Tess tinn âgnn, et gitt prouvret ki t'iâgnn n'et kinn biess : Tu es un âne , et je te prou- verai que ton âne n'est qu'une bête. Kan on-zevôie des âgnn , â marchi, on ra de zâgnn : Quand on envoie un âne au marché, on est certain qu'il ne fera rien qui vaille. Commandez quelque chose â un âne , il fera une ânerie.

40 AGR

Ane, baudet, bourrique , bourri- quet , grison , pecata, bêteascine:

Ane est le terme générique ; baudet se dit pour âne à la cam- pagne, comme bourrique pour nnesse : \e bourriquet est un ânon, ou un âne de la petite espèce : le grison est le palefroi des âaes : pecata se dit populairement pour âne, etc. : on dit quelquefois bète ascine dans ce sens. Cethomme jase comme une pie borgne, c'est un âne. Cette femme parle et agit comme une imbécile, c'est une bourrique.Ce nigaud vous regarde stupidement , c'est un baudet. Pecata est \epekin d'une vieille mouslaclie. Ces t. sont fam.

Ar.o>EiE, s. Aco?fiE, en parlant de l'homme, dernière lutte de la na- ture contre la mort. Fig. , ex- trême angoisse. L'agonie de Notre - Seigneur au jardin des Olives ; son état douloureux dans ce jardin.

Agoivt, V. Agomr, accabler quel- qu'un d'injures. Le mot wal. n'est guère us. à Liège.

Agonir, outrager, vilipender, in- jurier ^ invectiver, honnir, débla- térer, déprimer, dépriser, baffouer:

Agonir , c'est vomir des injures populacières : outrager , c'est of- fenser cruellement : vilipender, c'est rendre vil , méprisable : in- jurier , c'est insulter grossière- ment : honnir, c'est couvrir de confusion : déblatérer , c'est parler longtemps et violemment contre une personne : déprimer , c'est s'attaquer au mérite ])ersonncl : dé/)mer, c'est ravaler lespcrsonnes ou les choses : ba/fouer , c'est rail- ler quelqu'un sans pitié, Les poissardes s'agonissent ; les cy-

AGR

niques outragent la morale ; les hommes décriés vilipendent les honnêtes gens; les insolents inju- rient, et se prodiguent desinjures; les gens irascibles ont Vinvective sur les bouts des lèvres; les rigo- ristes honnissent pour peu de chose; les emportés loquaces ai- ment à déblatérer ; les méchants dépriment les gens vertueux ; les marchands déprisent les marchan- dises des leurs confrères ; le rica- neur mérite d'être baffoué. Yi. lang. franc.: Villanier, villaigner, ou villener : Injurier , faire des villainies, synonymes absolus. Ahonir , ou ahonier , couvrir de l.onlc. Tous ces termes nous sont empruntés. Voyez Vôini , Kouyonné .—y o'^ . Afron.

Agomiia^ , adj. Agomss.wt , qui est à l'agonie. Agonihantt: ago- nissante.— Dîr le priir de zagoni- han: Dire, réciter les prières des agonissants.

AguaFjS.Agraffe. Voy. Agrap.

Agrandi, v. AcRAJiniR, rendre plus grand, plus étendu; aug- menter la surface.

Agrandir, augmenter:

Agrandir, c'est rendre plus grand en étendue; ajouter à la dignité à la fortune. Augmenter, c'est rendre plus considérable en nombre, en élévation, en pou- A'oir et en puissance. Ou agran- dit ce qui est trop petit; on aug- mente une surface. Agrandir ses prétentions , c'est augmenter les difficultés. L'ambitieux qui s'agrandit, atigmente son train, ses dépenses. Voy. Ragrandi.

AgRAIVDIUMAI?!, s. Ar.RA?iDlSSEME>T,

acroissement, augmentation.

Agrap, s. Agrafe , sorte de cro- chet qui passe dans un annelct,

et qui sert à assujettir, attacher une robe, etc. Crampon de fer qui sert à retenir des pierres, des briques, etc. : Arcliil. Maçon.

Agrapté, V. Agrafer, assujettir, attacher, avec une ?grafe. Gi ni'agrapiaie.Nonozagraptan : J'at- tache mes agrafes. Nous attachons nos agrafes . Janiais^'e n{ agrafe, etc. Voy. A ha f té.

AGRAVÉ,vi. franc. •wall.A'GRAVER, rendre plus grave , plus grief. Devenir plus grave ; plus dan- gereux.— Voy. Evilmé.

Agrawi, v. Gripper, obtenir, prendre subtilement. Capter, em- ployer adroitement, près de quel- qu'un, tous les moyens de parve- nir à son but. Leurrer, attirer par artifice pour tromper. Prendre en cachette ; subtile- ment.— Voy. Adouléy A filouté , Ragratvi.

Agremain, s. Agrément , qualité par laquelle on plaît. Au plur. certains ornements qu'on met aux vêtements et aux meubles : sorte de boutonnières ornées , que les gardes françaises et les gardes suisses, avaient sur Jeurs habits. Consentement.

Agrément, adhésion, approba- tion, consentement, ratification :

h'agrémetit est un acte de com- plaisance : un subordonné ne fait aucune démarche sans Vagrément de son chef. Vadhésion est un acte de sympathie : on adhère à certaine opinion , à une doctrine, à une maxime. Vapprobation est un acte de l'autorité, ou un sim- ple acquiescement : les censeurs royaux donnaient ou l'efnsaient leur approbation à un livre , etc. Une bonne action est toujours approuvée par les honnêtes gens.

AGR 41

te consentement est la suite d'une demande simple ou formulée : on consent purement ou condi- tinnnellement. La ratification ap- prouve et confirme ce qui a été promis ou fait.

Agret , s. Adresse. Habileté, etc. GHn se sou kon fret d'si valet laj ka i n'a nol agret a rein : Je ne sais o?* j'ignore ce que l'on fera de ce garçon là; car il est maladroit , manque d'intelli- gence , et d'aptitude en tout. Cess tinn geôtin feie ka baîko d' agret ; el fui to sou k'el vou diss tiess, di set pi et d'set main : C'est une fille qui a beaucoup d'adresse, d'habileté;-- d'intelligence : elle réussit dans tout ce qu'elle en- treprend.

Adresse , habileté , intelligence :

Adresse se dit de l'action du corps et des actesde l'intelligence, - /mZ»i7e, de l'adresse jointe à la capa- cité ; intelligence d'une puissance judiciaire. S'il a beaucoup d'm- telligence, l'homme adroit devien- dra halilc.

AGRÉYÂi!,aclj. Agréable, qui agrée, qui pi ait

Agréable, délectable, délicieux:

Ce qui est agréable produit une douce impression; ce qui est e?é- leclable une suave sensation; ce qui est délicieux est agréable et délectable, Voyez ce gastrono- me, agréable est pour lui un mot vide de sens. Placez-le devant une poularde truffée , sa figure inerte prend vie ; il promène les morceaux dans sa bouche ; les palpent par tous les sens ; il se délecte... La poularde est déli- cieuse.

Agréyàbmain, adv. Agréablement, d'une manière agréable.

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Agre^-é, V. Agréer, recevoir, fa- Torablement. Trouver bon, ap- prouver; ratifier. Un roi daigne agréer la démissiou qu'il a cora- niandée.

À l'iiupéralif il vaut mieux em- ployer un autre tour; et je dirai : Fermeltez-moi que je vous dise.

Recevez mes compliments ; au lieu de dire agrées, etc. Dans le sens d'acceptation je dirai: 7?ai- gnez agréer ou daignez accepter ce léger cadeau. Je conviens qu'on accepte souvent; surtout quand léger a une certaine signification.

Agrifé^v. Saisir, prendre vio- lemment , vilement. Komm fimm Vngrif fou de main ! ndlreu nein kig' vo/i tel magnî : Comme tu me le saisis des mains! il sem- Lleraitqueje voulusse le manger;

le garder.

Saisir, arracher, ravir: Saisir signifie toujours la vi- guearct la promplitudc: arracher suppose l'emploi de la violence et de la force : rarir comprend quelquefois l'idée de corruption et de ruse. On saisit au collet; on arrache des mains; on ravit un baiser. Un jeune homme saisit le moment favorable; arrache un tendre aveu ; ravit ce qu'il ne de- vait pas ravir.

Agrifé, (s') s'Agriffer, s'attacher avec les griffes, avec les serres.

Le chet s'agrifet loiss M polet : Les chats s'agriffcnt ils le peu- vent : se dit au propre et au fi- guré, chez les wal. Griffer, prendre avec la giiffe. Voy. Vihavé. Greté.

Agrifé, (s') v. S'empoigner , se prendre, se serrer; se prendre aux cheveux ; se tignonner, se

AGU

saisir par le tignon : pop, VoV' Kiherchî.

Agrtgî, (s') S'exciter, s'animer réciproquement; s'encourager. En mauvaise part : s'ébaudir , se réjouir avec excès; prendre ses ébats : se livrer à des amou- reux ébats....

Agté. Acheter. Voy. Egté.

Agueri , V. ActERRiR, habitucr, accoutumera la guerre. Rendre une personne plus hardie ; plus entreprenante; l'habituer à la peine, etc. Vovla don aguereie, VQ k'inn woizeto louki fou d'vo zouie : Vous voilà enfin aguerrie, vous qui n'osait regarder que le bout de vos pieds. Se dit en par- lant à une Agnès apprivoisée.

AgcesSjS. Pie, oiseau à longue queue, à plumage blanc et noir; de la famille des corbeaux. Pie 5fne<je, oiseau qui a le bec recourbé à sa pointe et armé de chaque côté d'une petite dent. Gcâzé komm inn agicess: Bavarder comme une pie, parlera tort et à travers; avoir une grande intempérance de langue ; déraisonner. Voy. Slakaie.

Aguess,s. Cor, durillon qui vient aux doigts des pieds : il ne faut pas confimdre le cor avec le du- rillon proprement dit. On .se trompe quand on pense que le cor croit : on coupe le durillon; il renaît par la pression ou le frot- tement. Couper un cor, c'est en- lever les chairs dures ; l'extirper, c'est enlever le princiiie qui l'a fait naîlre; l'arracher entière- ment. — Kôpeu d'aguess : Chirur- gien pédicure ; ou absol. pédicure. Voy. Durion.

Agcess, s. Chevai,-Pie, cheval dont la robe est blanche etnoiic.

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Par extension, cheval blanc et alezan : par licence ; de deux cou- leurs dont l'une est blanche.

An, s. Aise, contentement, sen- timent de joie, de plaisir ; douce émotion, satisfaction intérieure : commodité. Satisfaction. Ess a s'iâh : Vivre dans l'aisance ; jouir d'un certain bien-être. Etre placé commodément. S'mett a s'iâh : Prendre ses^ aises; se goberger, s'étaler dans un fauteuil, sur deux chaises. Metl a l'âh : Mettre à l'aise , agir sans façon.

Être satisfait , être content: II y a de la douceur, du natu- rel , dans le contentement. Il y a quelque chose de passionné dans la satisfaction: supposons un sage, il sera content de peu, supposons un amant fidèle, il sera satisfait d'être aimé.

.Aises , covimodités : Dans le mot aises nous aperce- vons l'indolence, la mollesse et la recherche. Dans commodités, nous voyons de la raison, de la pru- dence et de la prévoyance. Ai- ses pourrait se personnifier dans un chanoine les pieds sur l'cdre- don. Un fauteuil est l'emblème de commodités. Une personne ef- féminée, aime ses aises; et un homme raisonnable ses commo- dités.

ÂH, l') adv. A l'aise, com- modément.

Commodément , facilement : Commodément signifie qu'on n'est pas ^èné; facilement ce que l'on fait sans gène.

Ahà! Oiiaû! interj. Ah! Eh! Ha! He! Ahâ! c'ess-iainsi , ta, g' sa hein âh : Ah! c'est ainsi, va, j'en suis bien aise. Jhâ! ti r'toûnn

fiabi: Ha! tu apostasies. A7iâ! kl Ceûh kreyou : Eh ! qui l'eut cru, Voy. â! interj.

Ahafté, V. Accrocher, suspendre à un clou, à un crochet, etc. Ahafté, qui est un très-vi. m. vs^al., se dit le plus souvent avec le pron. pers. El s'a ahafté s* rantiein ann sipeinn , et sa fai ô bai seink : Elle s'est accroché son tablier à une épine; et elle y a fait un grand accroc, une grande décliirure, Voy. Seink.

Ahafteg, s. Accroc, déchirure. L'arcroc est accidenlelj il a lieu quand on s'accroc/ie à un corps très-dur, recourbé, etc. Ladéchi- rure se fiiit par dessein ou invo- lontairement : on déchire le drap, son habit, etc. Voy. Kihii.Scink. Aha>, s. très-vi. m. wal. Légime) ne se dit qu'en parlant des herbes potagères^ encore en terre. Li bih ni va reinpo let p'ti-zahan : La bise est contraire aux petits légu- mes. — Le vent du Nord dessèche les jeunes légumes.

A-HAP , adv. A PEINE , presque , à peu près, peu s'en faut. Se toucher ù peine par les extrémités. Ahat , V. Agréer, être agréable , causer à quelqu'un une douce sensation, une émotion, un sen- timent agréable. Fola de honn et chanpeinn ; einn n'ahayv intt dozaiun ? Voilà des excellentes grives; en agréez-vous une dou- zaine? Mieux : Ces grives sont excellentes, faites-moi l'honneur d'en accepter une douzaine. Tol'iahâie , et rein n'I'iahâie: A peine est-il possesseur de ce qu'il convoite, qu'il eu est dégoûté; la satiété suit de près la possession. Agréer , plaire : Agréer comprend un seu liment

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produit par un objet agréable. P/aîVe suppose une touchante per- ception. — Une jolie femme a mille agréments. Une femme ix\- Taa\)\e plaît àe mille manières. Ce qui nous agrée se décompose ce qui nous plaît échappe à l'a- nalyse. — Voy. Agrerjé.

Ahavan , adj . Attrayant , atti- rant, qui plaît, qui attire. Attrayant, attirant: Ce qui est attirant parle plutôt aux yeux ; ce qui est attrayant parle plutôt au cœur. Le flâ- neur regarde les boutiques atti- rantes; l'amateur admire les mar- chandes attrayantes :

Aheie, adj. Aisé, aisée, facile. Fémm inn sakoi d'âheie; g'inn roti rein di streu : Faites-moi quelque chose d'aisé; je ne veux pas être gêné. Cet pwzâheie a dir ka-fè : 11 est plus aisé de parler que d'exé- cuter; — il existe une grande dif- férence entre la théorie et la pra- tique.— La critique est aisée, et l'art est difficile. Kiv-zesté âheie , ponn geûnn krapôtt ! si ti'et wait- choi d\o: Que \ous êtes traitablc, pour une jeune fille! tous n'êtes ni une vestale , ni une Lucrèce. Aisé , facile:

Une chose qui ne présente au- cune difficulté, est aisée à fajre; celle qui ne rencontre que peu d'ostacle, est /àc?7e à exécuter. Il est aisé de ne point se tromper quand on connaît le chemin: il est facile de le trouver quand il est indiqué par des poteaux.

ÂHEIE, adj. Accommodant, qui est

complaisant, d'un commerce aisé.

Accommodant , traitable:

On s'accommode aisément avec

une personne accommodante- clic

est ronde eu affaires. On traite h-

cilement avec un homme traita- ble; il est doux et raisonnable.

ÂHEIEJIAIN, adA'. Aisément, facile- ment.^— Vonnn' et geâzéaheiemain ; el friv kômm roi dihé ? Vous en parlez à votre aise; pourriez-vous l'exécuter avec la même facilité ?

Voy. ci-dessus. Ahené, \. Herser, passer la herse

dans un champ, pour en rompre les motes après qu'il a été la- bouré; ou pour recouvrir le grain qu'on y a semé. En vi. franc., c'est-à-dire en Aval., on disait aliéner , ahetner, pour labourer.

Voy. Chericé. Rahené. Erèr. AuÉRÉ, V. Poisser. Voy. Ahouté.

Heré,

A HESS, s. Commodité; chose qui est commode, utile. Avu tott se- zaliess : Avoir toutes les commo- dités désirables.— y^//es« (///«««?(/ ; Ustensiles de cuisine, etc.

Ahessâv , adj. Serviable , obli- geant, etc.

Serviable , accommodant , obli- geant, officieux, complaisant:

On est serviable quand on s'em- presse de rendre service; accom- modant quand on s'arrange de tout; obligeant quand on aime à obliger; officieux t|uand on est pré- venant ; complaisant quand on cède aux autres, Un malheu- reux sera trop serviable, un mari trop flccowjwjo^a w/,une femme trop obligeante , une fille-de-charabre trop officieuse et trop complaisante. AiiEssi, V. Obliger, rendre ser- vice , etc. J' 0 nCahesri bein sein v' zekostegî: Vous pourriez m'o- bliger, sans qu'il vous en coûtât rien; Sans délier votre bourse. Poiriv ni'ahessi d'inn dimaie koronn? Pourriez-vous me prêter un petit écu? Giv ahesrct d' vain

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to : Je vous offre mon assistance en tout. / niahess di to sou k'gea mezûh : 11 me donne tout ce qui peut me servir; il m'accorde toutes les faveurs que je sollicite.

Voy. Jhess, Ahessâv. ÂHMEiivss, s. Aisances, lieu pra- tiqué dans une maison pour y satisfaire les besoins naturels. Dans ce sens le m. vval. est su- ranné.— Yaine pâture, terre tous les habitants d'une commune peuvent conduire leurs bestiaux.

aisance pour vaine pâture rCesi point français.

Ahontî, V. HcMuiER, donner de la confusion. Couvrir de honte.

Mortifier, faire essuyer une mortification. De notre ahontî , les Français ont fait ahonier , ahonter, ahontage, ces t. se disaient dans le sens de déshonorer. Voy. Konfilzioné.

AnopÉ, Kehausser. Voy. Ra- hopé.

Ahoré, adj. Hâve, pâle , maigre ; qui a les joues creuses. V\zeg aho- ré : Figure de trépassé.

Hâte y hléme, blafard, livide, défait, pâle :

Ces termes ne sont ici considérés que par rapport à la figure de l'homme. Celui qui est hâve a les joues creuses et décharnées. Celui qui est blême est d'une ex- trême pâleur. Une figure blafarde a une teinte jaunâtre. Un visage livide est plombé. L'iiomme défait est très -maigre. Une personne pâle est décolorée. Le jeûne , et Jes macérations rendent hâre.Vne mauvaise santé, et surtout l'usage immodéré des liqueurs alcooli- ques rendent blême. Certains cos- métiques font paraître la peau blafarde. En se cicatrisant, les

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blessures faites avec tm instru- ment contondant laissent des ta- ches livides. L'intempérance et les débauches rendent un visage dé- fait. La pâleur, qui n'est pas na- turelle, est la suite d'une maladie.

Ahoré, v. Massacrer, tuer les personnes qui ne se défendent point. Levieuxm. wal.a/to/éest à peu près inus. à Liège: il est ce- pendant d'une effrayante énergie.

Massacrer, assassiner, égorger j poignarder :

Le féroce conquérant com- mande le massacre; il est altéré de sang. Le brigand assassine sans pitié; il emploie souvent la ruse et la perfidie. Deux ïon&s^ égorgent à propos de boites; ils sont plus vains que cruels. Un lâche poi- gnarde son ennemi; la vengeance est son Dieu. Dans le délire des passions politiques , les assassins ont massacré des très-honnètes gens; et dans leurs réactions ils ont égorgé beaucoup d'innocents. César ordonna le sac de notre pays; ii (ni poignardé en plein sénat; et, par exception, son ennemi n'était point un lâche. L'enragé chas- seur massacre le gibier. L'argent a fait commettre plus d'un assas- sinat judiciaire. Le prêteur sur gage é^o?v/c les malheureux. L'ava- rice ^o/^/Jorf/e l'homme cupide.^ Voy. Moudreu. Moutt, Boug-reie.

Ahôreu , s. Meurtrier. Le m. wal. est suranné. Voy. Moudreii.

Aid, s. CiMETiîiRE, lieu pour en- terrer les morts. Balâviâ et l'aid de zelrangir: Batavia est le cime- tière des étrangers; l'air y est mortel pour eux. Ni geâss nein iandi fpless, il Vess-te Paid : Cesse de me rompre la tête avec ta place, elle est dans le cimetière.

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Cimetière f charnier, catacombes .'

Le cimetière est le lieu l'on enterre les morts : il est bénit, dé- couvert, et ordinairement clos de murs. Lecharnier est un lieucou- Tcrt, se déposent par rangée les ossements des morts. Les cata- combes sont des cavités souter- raines et dans lesquelles on enter- rait les morts pendant les grandes calamités.

AiDAN, s. monnaie de cuivre ou de billon au pays de Liège. Liard. Uaidan Talait 24 soz; et fait ac- tuellement un centime, 52, 100", en monnaie de compte. Il ne faut point confondre notre liardaxec celui de France, qui ne valait (jue S deniers ou la 12""^ partie d'un sol tournois. S'il est vrai que nous avons eu un stier de grain pour un aidan ou aidant, celle monnaie était à coup sûr aidante. Au XVl'"e siècle les Français di- saient encore aidance , dans l'ac- ception d^aide, secours, assistance: notre aidant les auraient-ils aidé à créer ce mol? Si «n peu d'aide fait GRAND bien, cela n'est pas impos- sible.— Louki bein sikrok-patâr la, avou s'iabi d'klikoté, il a de-zaidan : Regardez bien ce pince-maille, avec son habit en loques, il a de l'argent. hopai d' aidan ! quel tas de menuaille.

Argent j monnaie ^ mo7inaie de compte , menuaille :

On dit argent de toute sorte de monnaies, soit d'or, soit de billon, etc. Monnaie se dit de toute pièce de mêlai frappée par aulorilc souveraine et marquée au coin (*)

(*) Morceau d'acier, gravé en cici pour frapper les monnaies, ctc .

du prince : monnaie de compte de celle qui est fictive ou tradion- nelle; et menuaille de beaucoup de petites monnaies. Voy. âr- gein. Manôie, Dosso. Patâr.

AiDEC , s. Aide, personne qui prêle à une autre; celle qui intervient. On dit plus communé- ment aid: aide. Voy. Ceremoneie. Manovri. Mageôr,

AiDÎ, V. Aider, donner plus ou moins de secours, prêter plus ou moins d'assistance. Aider un vaisseau dans son mouvement , ajouter la manœuvre de la voi- lure à celle du gouvernail. Pôk aid et rein n'aid:\]n léger secours vaut mieux qu'un entier aban- don. — Kil Bon Diu vzaid : Que Dieu vous assiste; Que le Ciel vous soit en aide : les Français disent j^e n^ai rien à dcnner.

Aider, assister, secourir , sou- lager, seconder, servir, s'aider, a'entraider :

On aide celui qui est dans la peine, dans l'embarras ; on assiste celui qui est dans la misère , dans le besoin ; on secourt dans un pressant danger, dans une situa- tion déacspéranlc ; on sondage celui qui succombe sous le poids d'un lourd fardeau; et un mal- heuieux dans l'infortune; on s'aide en rendant moins pesant, en secondant la nature; on s'e«- tr'aide par un sentiment de j usticc et d'humanité. Yoy. Soulagi.

Aider , contribuer , coopérer:

Un pauvre fonctionnaire C9,ïaidè par un commis pauvre. Un frelu- quet achèle sa coopération à une pièce de théâtre ; et les claqueurs contribuent à la faire réussir.

AiDREss,s. Aide, femme qui